« Vous n’avez pas le monopole du bien-être à Hendaye », marque la première adjointe Chantal Kehrig


Il aura fallu attendre une heure et la première intervention de la première adjointe, Chantal Kehrig Cottençon, pour que la séance municipale hendayaise du 24 avril s’anime enfin. Cette charge a été assumée par la première élue du groupe Hendaia Biltzen, Laetitia Navarron. Laquelle avait quoi qu’il en soit décidé de porter l’offensive en fin de conseil, via une question écrite sur l’avenir des terrains de Moleres.Il aura fallu attendre une heure et la première intervention de la première adjointe, Chantal Kehrig Cottençon, pour que la séance municipale hendayaise du 24 avril s’anime enfin. Cette charge a été assumée par la première élue du groupe Hendaia Biltzen, Laetitia Navarron. Laquelle avait quoi qu’il en soit décidé de porter l’offensive en fin de conseil, via une question écrite sur l’avenir des terrains de Moleres.19 h 30. L’assemblée est appelée à acter le principe d’un versement d’une subvention d’équilibre de 300 000 euros à l’Office 64 de l’Habitat dans le cadre du projet de construction de la résidence Itsas Talaia, porté avec la Sagec sur l’orientation d’aménagement et de programmation (OAP) de Candite. Une soixantaine de logements y sont prévus, dont 31 logements locatifs sociaux, sur un peu plus de 10 000 mètres carrés. Précision est apportée que cette subvention sera par la suite déduite des pénalités SRU payées par la commune au titre de sa carence en logements sociaux.Laetitia Navarron rappelle que son groupe était dès 2021 aux côtés des riverains du terrain et qu’il avait demandé à plusieurs reprises à la Ville de se positionner pour l’acquisition de ces terrains, « afin de réaliser la maîtrise d’ouvrage publique d’un projet de logements 100 % abordables ». L’élue abertzale note que ce que la préemption réclamée, qui ne pouvait soi-disant pas se faire par la Ville car le terrain n’était pas en vente, a finalement été réalisée par l’Office 64.

« Une occasion manquée »

Elle déplore une fois encore « une occasion manquée », avec au final des logements qui seront commercialisés par la Sagec, « à prix libre ». « À plus de 5 000 euros le mètre carré, on est loin de répondre aux besoins du territoire », observe-t-elle sans avoir manqué de bien faire entendre que c’est « à l’initiative et suite à l’insistance d’Hendaia Biltzen » que le pourcentage minimum de logements sociaux dans des promotions immobilières a été relevé à 60 % à partir de huit logements. « Alors que vous préfériez 40 % à partir de cinq », marque-t-elle.« Décidément, l’autosatisfecit est un exercice que vous semblez parfaitement maîtriser. Mais au risque de vous décevoir, ce n’est pas vous qui avez permis que ce projet se concrétise mais bien tous les partenaires qui nous ont accompagnés. Et aujourd’hui, tout ce qu’on vous demande, c’est de voter cette délibération pour que ce projet se fasse », renvoie Chantal Kehrig.

« Vous n’avez pas le monopole du bien-être à Hendaye », marque la première adjointe Chantal Kehrig

« Décidément, l’autosatisfecit est un exercice que vous semblez parfaitement maîtriser »

La suite de ce duel municipal est donc intervenue en toute fin de conseil, relancé par la même Laetitia Navarron sur fond d’arbitrage entre urbanisation et conservation de terres agricoles sur les 40 000 mètres carrés de Moleres. La porte-parole d’Hendaia Biltzen laisse entendre qu’une vente pourrait intervenir. Un avertissement sous forme de coup de pression sur la majorité.Une majorité qui, si elle ne se décide pas à classer au plus vite ces terrains en agricole ou à les acquérir pour assurer une maîtrise d’ouvrage public, s’expose à voir sortir une promotion immobilière avec une part importante de nouveaux logements qui ne sera pas destinée à de la résidence principale, prévient-elle.

« Ce n’est pas raisonnable »

« Vous laissez entendre que les propriétaires sont vendeurs. Je ne sais pas comment vous avez eu ces informations. Peut-être connaissez-vous les propriétaires ? Ce que je peux vous dire c’est qu’ils n’ont pas pris contact avec la mairie », répond Chantal Kehrig. Préparée à faire feu, elle assume ce « choix » d’urbanisation sur 4 hectares en mettant dans la balance le parti pris, en parallèle, de sanctuariser 11 hectares pour l’agriculture via le projet Legarralde.

« Vous laissez entendre que les propriétaires sont vendeurs. Je ne sais pas comment vous avez eu ces informations »

« Faire croire aux Hendayais que la municipalité peut acquérir tous les terrains libres pour les mettre à disposition d’agriculteurs ou pour réaliser des logements abordables, ce n’est pas raisonnable, car ce n’est évidemment pas finançable », assène-t-elle. Chantal Kehrig ajoute, dans le cas de Moleres, que le déclassement du caractère constructible n’est pas possible sans passer par une révision de PLU. « Autrement dit le choix que vous privilégiez de passer par une modification simplifiée est impossible », oppose-t-elle.« Vous n’avez pas le monopole du bien-être à Hendaye », entendra-t-on avant que le maire Kotte Ecenarro lève la séance, peu après 20 heures. Amère de ne pas pouvoir reprendre la parole, risque auquel elle savait s’exposer en posant la question écrite, Laetitia Navarron produit dès la sortie du conseil la copie d’une modification simplifiée approuvée fin 2021 par la Ville d’Urrugne dans une situation qu’elle estime être comparable.« Notre proposition n’est pas de classer les terrains de Moleres en agricole mais de modifier le calendrier des OAP pour ensuite permettre un classement agricole (A) lors de l’élaboration du PLUI », écrit-elle en se défendant d’une soi-disant « ignorance » des règlements urbanistiques, tel qu’avancé par Chantal Kehrig.« Si c’est valable pour Urrugne, cela devrait l’être pour Hendaye », persiste et signe Laetitia Navarron.