"On est persuadés qu’avec les écoutes on va réussir à me sortir de cette affaire" L'interview intégrale d'Aminata...


EXCLU RMC SPORT – Pour la première fois depuis sa mise en examen dans l’affaire de l’agression de Kheira Hamraoui, Aminata Diallo a pris la parole.Apolline de Malherbe : Bonjour Aminata Diallo, merci d’accord votre toute première réaction à RMC. Vous répondez à nos questions avec Anthony Rech.

Bonjour AnthonyAnthony Rech: Bonjour Apolline, bonjour Aminata DialloAminata Diallo : Bonjour, bonjour à vous. Merci encore de me permettre de m’exprimer aujourd’hui.Apolline de Malherbe : Je voudrais rappeler le contexte parce que vous vous exprimez aujourd’hui dans ce contexte où vous êtes mise en examen depuis le 16 septembre dernier dans l’affaire de l’agression de votre ex-coéquipière au Paris Saint-Germain Kheira Hamraoui, agressée le 4 novembre 2021.

. Vous aviez été incarcérée pendant cinq jours. Vous êtes poursuivie pour les chefs d’accusation de violence aggravée et associations de malfaiteurs.

Aminata Diallo, notre première question est toute simple. Vous êtes dans quel état d’esprit aujourd’hui?Aminata Diallo : Aujourd’hui cela va beaucoup mieux. un choc.

Un choc, le fait d’être incarcérée c’est un choc carcéral. C’est une blessure que je vais garder pour moi aujourd’hui. Mais c’est sûr que ce n’est pas facile.

Aujourd’hui je suis en train d’avancer petit à petit et je vais mieux. Beaucoup mieux.Anthony Rech: Aminata Diallo, comment avez-vous justement vécu ces cinq jours d’incarcération suite à votre mise en examen il y a quelques semaines?Aminata Diallo : Pour être honnête, les deux premiers jours c’est comme si je n’étais plus là.

Je n’ai pas bougé de mon lit. J’ai été beaucoup en pleurs.

Mais je savais que les avocats étaient en train de faire le nécessaire pour préparer ma défense. Et j’étais persuadée, je ne voyais pas les choses autrement, que le mercredi j’allais quitter la prison. Après j’ai eu du soutien là-bas.

Le service pénitencier, même les détenues, ont essayé à leur manière de m’apporter leur soutien. Et ça aussi c’est un épisode de ma vie que je n’oublierai pas.Apolline de Malherbe : Aminata Diallo, je voudrais que l’on parte du point de départ, cette fameuse soirée du 4 novembre dernier.

Vous revenez d’un dîner de cohésion, vous êtes à bord de votre véhicule avec vos coéquipières. Il y a Sakina Karchaoui et il y a Kheira Hamraoui. Je voudrais que vous nous racontiez cette soirée de votre point de vue.

Et d’abord comment vous l’avez vécue et qu’est-ce qu’il s’est passé, le déroulement…Aminata Diallo : Alors effectivement on avait un dîner de cohésion puisqu’il allait y avoir une période importante de la saison avec des matchs très importants pour différentes compétitions que le PSG avait pour objectif de gagner. Le club avait organisé ce repas-là pour souder un peu le groupe. Même si avant cela, bien sûr, le groupe vivait plutôt bien et avait plutôt des bons rapports.

La soirée s’est passée assez normalement. Et puis après le repas je retourne du côté du 78 pour déposer mes coéquipières. Elles habitent toutes les deux à Chatou.

Et au moment où on arrive à Chatou, je dépose en premier lieu Sakina Karchaoui. J’ai vu qu’on avait dit que j’avais insisté pour la déposer en première et c’est sous-entendre du coup pour pouvoir me retrouver toute seule avec Madame Hamraoui. Ce qui est faux puisque Sakina Karchaoui elle-même lors de son audition auprès des enquêteurs indique que c’est elle qui m’a demandé de la déposer en première pour pouvoir regarder la seconde mi-temps du match OM-Lazio en Ligue Europa.

Donc je n’ai pas insisté pour déposer Sakina Karchaoui. Je l’ai fait tout naturellement à sa demande. Et puis parce que dans Waze j’avais mis l’adresse de Sakina Karchaoui.

C’était l’adresse que j’avais mise à l’aller donc c’était la première adresse. Voilà pourquoi je l’ai mise au retour.Anthony Rech: Dans le rapport de enquêteurs que l’on a pu se procurer, il y a un autre aspect soulevé par Kheira Hamraoui c’est votre attitude au volant lors de ce trajet retour après ce dîner de cohésion où vous êtes très souvent au téléphone.

Sous-entendu que vous envoyiez des messages. Est-ce que vous confirmez cette attitude-là et est-ce que cela peut aussi induire des messages envoyés par exemple aux agresseurs de Kheira Hamraoui ce soir-là?Aminata Diallo : Sur ce fait, de mes souvenirs et c’est ce que j’avais indiqué au mois de novembre, non je n’étais pas spécialement sur mon téléphone. Après, c’est vrai qu’habituellement je suis souvent sur mon téléphone au volant.

Ce n’est pas une bonne chose mais je pense que lors de toute les sonorisations de mon véhicule les enquêteurs ont pu le constater. Il y a aussi énormément de personnes de mon entourage qui en témoignent. Sakina Karchaoui aussi, je crois l’a dit aussi aux enquêteurs.

Après, j’ai précisé que je n’étais forcément beaucoup sur mon téléphone lors de cette soirée-là alors que la plupart du temps il m’arrive d’être sur mon téléphone. Je crois aussi qu’au niveau des agresseurs, ils n’ont en aucun cas dit que j’avais envoyé des messages pour essayer de leur indiquer notre position ou autre. Ca, c’est encore un élément que l’on essaye d’ajouter essayer d’induire la piste vers moi.

Anthony Rech: Vous déposez alors Sakina Karchaoui dans cette rue à Chatou, commune des Yvelines. Et à nouveau dans ce rapport et dans le témoignage de Kheira Hamraoui, elle évoque une très faible allure au moment où vous déposez Sakina Karchaoui, votre autre coéquipière. Ce qui pourrait provoquer ce début d’agression et du coup la venue des agresseurs.

Que répondez-vous à cela?Aminata Diallo : Encore une fois c’est un élément que l’on essaye de mettre à ma charge qui n’est pas prouvé aujourd’hui. Je roulais, comme je l’ai indiqué, à une allure normale pour cette rue-là. C’était une rue un peu étroite, pas grandement étroite mais étroite quand même, où il y avait des voitures garées à droite et à gauche en zigzag.

Je roulais dans une allure normale pour cette rue-là en fait. Je ne pouvais pas rouler très vite mais je ne roulais pas très doucement.Apolline de Malherbe : Est-ce que vous pouvez, Aminata Diallo, nous raconter le moment de l’agression? Comment cela se passe? Etes-vous surprise?Aminata Diallo : Oui, très surprise.

En fait on est en pleine nuit à ce moment-là. C’est une rue qui n’est pas éclairée. Et euh… si mes souvenirs sont bons, on arrive à hauteur d’un camion, d’un camion blanc où les agresseurs semblaient être cachés derrière et ils apparaissent d’un coup au niveau de mon capot.

Ils ont commencé à taper sur mon capot. Cela est allé très très vite. A tout casser, 30 ou 40 secondes.

L’un est venu de mon côté, l’autre est allé du côté de Kheira Hamraoui. Ils ont ouvert les portières. Je ne sais plus s’ils nous ont demandé de les ouvrir ou quoi mais ils ont ouvert les portières.

Celui qui a été de mon côté m’a molesté. Euh… on oublie aussi de le dire. Il m’a insulté et essayé de me dire qu’il fallait que je lui donne de l’argent.

De l’autre côté Kheira est sortie de la voiture. Je pense que c’est l’agresseur qui l’a tirée et lui a effectivement adressé des coups de barre. Je l’entendais crier et je crois qu’ils ont vu une lumière.

Quelque chose, une lumière ou une voiture qui les a fait fuir. Ils sont partis en courant, cela a été très rapide. A ce moment-là Kheira s’est relevée très rapidement et est rentrée dans ma voiture.

Elle avait la main en sang et elle criait de douleur.Apolline de Malherbe : La voiture était-elle ouverte?Aminata Diallo : On a constaté le lendemain. et puis aussi avec le témoignage quand on a raconté l’histoire à Kadidiatou Diani qui nous a effectivement confirmé qu’elle venait de remarquer peut-être une semaine avant que la voiture ne verrouillait pas toute seule. Ce qui nous a étonné parce que les voitures récentes, normalement, sont verrouillées.

En fait, effectivement, on a constaté que la voiture si tu ne la verrouillais pas manuellement, elle ne se verrouillait pas toute seule. Mais à ce moment-là je n’étais pas au courant et on n’était pas informé de cela, que la voiture pouvait s’ouvrir de l’extérieur.Anthony Rech: Cette agression est très courte mais avez-vous eu le temps de voir quelqu’un qui observe, un guetteur par exemple?Aminata Diallo : Non, il faisait vraiment noir.

Et puis sur le coup on est très choqué. On ne sait pas comment réagir. C’est allé très très vite.

Le fait de voir deux hommes arriver cagoulés, sur le coup cela fait vraiment peur.Anthony Rech: Les autres suspects mis en examen dans cette affaire vous présentent comme la commanditaire de l’agression de Kheira Hamaroui. Qu’avez-vous à répondre à cela?Aminata Diallo : Oui c’est ce que j’ai appris au moment de ma reprise de garde-à-vue.

J’ai été très étonnée. Au moment où je vois dans les médias, quelques jours avant, que l’on a attrapé les agresseurs, j’étais plutôt soulagée. Avec mon entourage on en a discuté et je me disais qu’enfin j’allais sortir de cette histoire.

Et puis il s’avère finalement qu’ils m’ont désignée comme étant la commanditaire. Pourtant je ne les connais pas. Je ne les ai jamais vus.

Je n’ai jamais été en contact avec eux. Je n’ai jamais parlé avec eux. Aujourd’hui, ça c’est établi par les enquêteurs dans l’enquête.

Pareil, il n’y a personne de mon entourage qui les connait. Je n’ai jamais été dans la ville dont ils sont originaires. Je n’ai pas d’attaches là-bas donc je ne peux pas expliquer pourquoi ils me désignent comme étant la commanditaire.

Je trouve cela assez étonnant. Déjà parce qu’ils l’ont fait très rapidement en arrivant, sans pression. Et puis surtout, parce qu’ils ne veulent pas dire la personne qui les a envoyés.

Apolline de Malherbe : Cela pourrait être qui cette personne si ce n’est pas vous?Aminata Diallo : Je ne sais pas. Honnêtement je n’ai pas réponse à cette question-là. Aujourd’hui, avec tout le flou qu’il y a autour de cette affaire, je n’ai pas réponse à cette question-là.

Mais cela m’étonne quand même que des agresseurs ne veuillent pas donner le nom de la personne qui les a envoyés mais qu’ils disent juste qu’en tout cas c’est pour Aminata. Voilà, je pense que c’est trop facile. Et puis, depuis dix mois on me désigne dans les médias comme étant commanditaire.

On a déjà raconté cette histoire et j’ai l’impression qu’ils ont juste repris ce qu’ils ont vu dans les médias. Derrière il y a beaucoup d’incohérences dans leurs déclarations à tous les agresseurs.Anthony Rech: Pourquoi aurait-on pu avoir envie d’agresser Kheira Hamraoui et de nuire à sa santé?Aminata Diallo : Je n’ai pas réponse à cette question-là.

Avant l’agression, en tout cas, je ne l’avais pas forcément. Après l’agression mais là cela arrive souvent. Après l’agression, après ma garde-à-vue dans laquelle je suis sortie sans aucune charge, il y a beaucoup de personnes qui m’ont témoigné leur soutien.

Il y a aussi forcément des personnes qui se sont manifestées à mon égard ou autour via des personnes que je connaissais pour me dire qu’elle a pas mal d’ennemis. Donc c’est aussi facile. Je ne sais pas si elle avait des ennemis qui lui en voulaient au point d’en arriver-là.

Au point d’en arriver-là. Aujourd’hui, je n’ai pas la réponse à cette question.Anthony Rech: Avez-vous reçu des pressions ou des menaces dans les jours précédant l’agression?Aminata Diallo : Euh non.

Je n’ai reçu aucune pression, aucune menace, avant l’agression. Après il y avait eu une histoire d’appel où des choses avaient été dites. Où Kheira Hamraoui avait dénigré certaines de ses coéquipières ou qui a été dénigrée par l’individu qui se présente comme étant son ex.

Mais à part cela il n’y a pas eu d’éléments qui laissaient entendre qu’il allait y avoir une possible agression.Apolline de Malherbe : Et votre relation à toutes les deux, comment la qualifieriez? On a quand même l’impression que vous étiez copines, amies puis vous êtes devenues concurrentes voire peut-être ennemies?Aminata Diallo : Là aussi je pense que c’est un peu ce que l’on essaye de démontrer. Ce qui n’était pas totalement le cas.

Kheira Hamraoui cela a été une coéquipière depuis mon arrivée… enfin… depuis notre retour au mois de juillet. Avant cela, cela a été une amie avec qui je partais souvent en vacances ces dernières années. J’ai vu par exemple, pendant le passage de mon avocat à TPMP, des messages qu’on m’associait en fait.

On disait que j’avais dit que j’allais me rapprocher d’elle pour prendre sa place. Ce qui est totalement faux. Puisque cela veut dire que j’aurais imaginé il y a quatre ans déjà, me rapprocher d’elle pour lui prendre sa place en 2021.

Je savais déjà en 2021 qu’on allait être dans le même club? Ce qui est totalement faux. Il y a beaucoup de choses qui ont été dites et sorties dans la presse concernant des sonorisations où c’est vrai qu’il y a eu des messages véhéments envers Kheira. Mais c’était après l’agression surtout.

Donc forcément que je lui en voulais un peu. Je la prenais un peu pour la responsable de ma garde-à-vue que je trouvais injuste. Mais il y a aussi beaucoup de messages qui ont été bienveillants envers elle.

Que cela soit avant l’agression ou que cela soit après. Parce que c’est vrai que c’est quelqu’un qui n’était pas appréciée de tout le monde. Mon entourage était peut-être plus touché que moi, plus que moi de ce qui m’était arrivé.

Moi j’ai été par moments dans l’apaisement. Mais ça on ne va pas le mettre dans le rapport parce que ce sont des éléments à décharge.Apolline de Malherbe : Cela veut dire que vous imaginez que le rapport est plutôt à charge.

On va y revenir mais il y a quand même quelque chose que je ne comprends pas très bien. vous êtes amies et partez en vacances ensemble. Et après l’agression vous dites avoir des messages véhéments parce que vous lui en vouliez.

On a plutôt envie de dire quand on a une amie proche qui se fait agresser et qui perd quasiment la possibilité de jouer ou d’utiliser ses jambes alors qu’elle est footballeuse, on a plutôt envie de la plaindre que de lui en vouloir…Aminata Diallo : Déjà, moi qui a été présente pendant l’agression, bien sûr que j’ai été très touchée par cela. Après, perdre l’usage de ses jambes… le lendemain… enfin… elle pouvait marcher. Sans minimiser ce qui est arrivé hein.

Donc… Et encore une fois, pourquoi je lui en veux, pourquoi je lui en voulais… C’était parce que dans ses témoignages lors de ma garde-à-vue j’avais compris qu’elle avait orienté les enquêteurs vers ma piste. C’est pour cela que je lui en voulais. Et pas parce qu’elle s’est fait agresser.

Je pense que l’on mélange un peu tout. Bien sûr que c’est une victime. Elle a été victime d’agression, on ne va pas le nier.

Et bien sûr que cela m’avait touché. Mais c’est plus par la suite, par rapport à ses déclarations aux enquêteurs, qui pour ma part me semblent un peu faussées pour pouvoir orienter la piste vers moi. C’est là où je lui en ai voulu.

Anthony Rech: Aminata, vous parliez des messages véhéments. Mais quand on retrace le rapport de l’enquête, il y a des messages avant cette agression. Notamment au moment du rassemblent en équipe de France en octobre.

On y sent quand même une certaine injustice de votre part de moins jouer que Kheira Hamraoui ou de ne pas être sélectionnée en équipe de France au détriment de Kheira Hamraoui…Aminata Diallo : Ces messages qui datent d’avant l’agression, au moment de la sélection de Kheira Hamraoui, ce sont des messages avec mon cousin avec qui je suis très proche. Et qui, lui, peut-être a eu des messages un peu véhéments envers cette personne. Parce que c’est une personne qui depuis un moment, peut-être, pensait que ce n’était pas une personne de bonne fréquentation pour moi.

Moi, par rapport à ma sélection en équipe de France, je ne tiens pas Kheira Hamraoui pour responsable. Pendant trois ans on n’a pas été sélectionnées toutes les deux. Donc ce n’est pas Aminata ou Kheira.

Après on sort certains messages du contexte, mes avocats vont bien évidemment demander l’ensemble de l’analyse du téléphone. Et je sais ce que j’ai écrit ! Et je démontrerai qu’il y avait des messages bienveillants et que j’ai insisté pour dire qu’il y avait de la place pour deux.Anthony Rech: Donc, comme l’indiquent les enquêteurs, le mobile de la jalousie sportive ne tient pas?Aminata Diallo : Non.

En tout cas pas du tout à ce moment-là en plus. En plus, parce qu’à ce moment-là tout se passe bien pour moi sportivement. Au Paris Saint-Germain j’avais un temps de jeu conséquent à ce moment-là.

Je n’étais pas barrée par Kheira Hamraoui comme on essaye de le dire. Même deux semaines avant l’agression j’ai un message vocal de mon ancienne représentante, on avait la même à ce moment-là Madame Souid, qui m’annonce que le directeur sportif et le coach sont très contents et très satisfaits de mon travail et de mes performances. Et qu’ils voulaient me faire une prolongation de deux saisons.

Ca c’est le 22 octobre. Donc il n’y a aucun élément qui montre qu’à ce moment-là c’est dans mon intérêt de faire ça. Au contraire, tout se passait bien pour moi.

Anthony Rech: Ce qui est factuel tout de même, c’est que si on prend les chiffres en championnat avant l’agression, Kheira Hamraoui est titulaire à tous les matchs et vous êtes titulaire seulement trois fois alors que vous occupez le même poste de milieu défensif.Aminata Diallo : Il n’y a pas que des matchs du championnat qui ont eu lieu pendant les deux premiers mois avant cette agression. Il y a beaucoup de matchs de Ligue des champions donc ce n’est pas un fait.

C’est vrai que sur certains matchs de championnat elle a démarré les matchs. Il y a des matchs en Ligue des champions où j’ai démarré. Et puis j’ai démarré avec Kheira Hamraoui.

La moitié des matchs que j’ai joué c’était avec Kheira Hamraoui, d’autres à sa place. Et ce n’est pas totalement la réalité de dire que je suis seulement un poste de numéro 6 défensif. Je pouvais jouer 8, et c’est d’ailleurs mon poste plutôt préférentiel.

Donc j’ai été beaucoup utilisée à ce poste-là. Il n’y avait pas une concurrence directe seulement avec Kheira Hamraoui. Ca c’est faux.

Apolline de Malherbe : Aminata Diallo, dans les éléments recueillis par les enquêteurs il y a cette recherche qui les a beaucoup troublés. Une recherche internet avec les mots « casser la rotule ». C’est une recherche qui a été faite en octobre 2021 juste avant, quelques jours avant l’agression.

Il y a une autre recherche qui les interpelle, la recherche sur les mots « cocktail de médicaments dangereux ». Que répondez-vous à cela?Aminata Diallo : Déjà c’est bien que vous précisez que c’était le 30 octobre. Parce que je crois qu’on avait laissé sous-entendre que c’étaient des recherches où certains ont mis comme intitulé « Comment casser la rotule? » datées de la veille de l’agression.

Ce qui est totalement faux. Ce n’est pas le bon intitulé. Effectivement il y a une recherche qui a été faite autour de la rotule.

Mais qui ne concerne pas du tout l’agression. Cela concerne autre chose que j’avais vu passé avant. Je pense qu’avant de sortir cette recherche-là il fallait sortir l’historique de la recherche avant et après.

Apolline de Malherbe : Quel est cet historique?Aminata Diallo : Je n’ai pas l’historique en ma possession aujourd’hui.Apolline de Malherbe : Comment arrivez-vous à la recherche « casser la rotule » ou à « cocktail de médicaments dangereux »? Comment on en arrive-là? Dans quel contexte est-ce possible? Comment le justifier?Aminata Diallo : Je vais commencer par « casser la rotule ». Il y avait un joueur qui s’était cassé la rotule, à ce moment-là.

Je m’en souviens donc c’est à ce moment-là que j’ai fait cette recherche-là. Donc cela n’avait rien à voir avec l’agression de Kheira Hamraoui. L’agression de Kheira Hamraoui était quelques jours après, effectivement.

Mais à ce moment-là, moi je ne sais pas qu’elle va se faire agresser. La recherche n’avait aucun lien avec l’agression de Kheira Hamraoui. Concernant les médicaments, c’était une recherche parce ce que je voulais savoir, si on prenait plusieurs médicaments en même temps, ce qui pouvait être dangereux.

Cela n’a encore aucun lien avec l’agression. Que je sache elle ne s’est pas fait empoisonner. A aucun moment je n’ai voulu l’empoisonner.

Ce sont encore des éléments isolés, sortis de leur contexte, pour essayer d’expliquer que je suis la commanditaire de cette agression.Anthony Rech: Dans les premières semaines de l’enquête, Aminata Diallo, la première piste prise par les enquêteurs c’est celle de la vengeance amoureuse. Le nom d’Eric Abidal est cité dans le dossier.

Pour vous, cette piste-là peut-elle tenir? Vous dîtes qu’elle avait beaucoup d’ennemis…Aminata Diallo : Je ne dis pas qu’elle avait beaucoup d’ennemis mais je sais qu’après il y a beaucoup de personnes qui se sont manifestées. Cette piste de la vengeance amoureuse n’a pas vraiment été exploitée par les enquêteurs. A la lecture du dossier, la seule piste vraiment explorée depuis le départ c’est la mienne.

Anthony Rech: Ils ont quand même entendu le couple Abidal en fin d’année dernière…Aminata Diallo : Ils ont été auditionné, effectivement. Seulement, comme d’autres personnes. Mais la piste n’a pas été explorée.

La seule personne qui a été mise sur écoute, qui a eu des sonorisations, où on a convoqué à longueur de toute l’année mon entourage, c’est moi. A notre grand étonnement, aucune autre piste n’a été explorée. Je veux revenir là-dessus.

Parce que c’est pareil, j’ai entendu qu’on avait laissé sous-entendre que c’était moi qui avait orienté les enquêteurs vers cette piste-là. Ce qui est totalement faux parce qu’encore une fois, la première à évoquer le nom de Monsieur Abidal dans le dossier c’est Sakina Karchaoui lors de son audition du 10 novembre. Ce n’est pas moi.

A aucun moment je n’ai orienté les enquêteurs vers cette piste-là. Puisque de toute façon je n’étais pas au courant de la liaison de Kheira Hamraoui avec Monsieur Abidal. Ni que la puce était à son nom.

A partir du moment où ils ont découvert ces informations-là eux-mêmes, ils m’ont posé la question lors de ma garde-à-vue. Ils m’ont demandé si je savais quelque chose ayant un rapport avec cela. La seule chose que j’avais dit, c’est que le lendemain de l’agression Monsieur Abidal avait appelé Madame Hamraoui où elle lui avait demandé devant nous si sa femme était capable de faire cela.

Derrière, les enquêteurs m’ont posé la question si je pensais que cela pouvait être Madame Abidal. J’ai tout simplement répondu que je ne savais pas du tout et que je n’accusais personne. Ce n’est pas moi qui a orienté vers cette piste-là.

Apolline de Malherbe : Dans le rapport auquel nous avons eu accès, il est évoqué à votre endroit que l’un des pistes c’est un trouble du comportement voire un dédoublement de la personnalité. Comment avez-vous réagi en lisant cela?Aminata Diallo : J’ai été très affectée. Après je sais d’où cela vient.

Encore une fois c’est Monsieur Stéphane Sellami comme souvent qui sort ce genre d’articles à charge. Depuis le départ cela fonctionne de cette manière avec lui. Je sais que c’était encore une fois pour me salir, me diaboliser et me rendre encore une fois coupable.

Je vous rassure, je vais très bien psychologiquement. Ce qui m’a fait mal, c’est qu’encore une fois de personnes qui n’ont rien à voir avec cette agression ont été citées. Leurs familles ont été touchées par cela.

J’ai eu des discussions avec le fameux Bilal, avec qui j’ai fait une vidéo pour mes proches et ma famille afin de les rassurer par rapport à cette histoire qui est encore une fois une manière de me rabaisser, de diaboliser et de m’atteindre. Cela n’a pas fonctionné et je vais très bien, je vous rassure. Psychologiquement, je suis consciente de tous mes faits et gestes.

Anthony Rech: Les enquêteurs ont aussi pointé avec le dénommé Jaja, un homme incarcéré dans un établissement pénitentiaire du côté de Lyon. Quels sont vos liens avec cet homme qui semble être le corbeau auteur des appels téléphoniques?Aminata Diallo : C’est important aussi de préciser ma relation avec ce Jaja qui est cité dans l’affaire. Aujourd’hui on n’est pas sûr que c’est lui qui a passé les appels.

Effectivement les enquêteurs pensent fortement que c’est lui. Jaja c’est un ami que j’ai connu à travers Kheira Hamraoui. Je tiens à le préciser parce qu’on le présente souvent comme étant exclusivement mon ami.

C’est une personne avec qui j’avais des relations d’amitié, effectivement il suivait souvent nos matchs et nous encourageait à travers les réseaux sociaux. Que ce soit moi, que ce soit elle et que cela soit d’autres joueuses. Aujourd’hui ce n’est pas un secret, il est ami de pas mal de joueuses de football.

Donc là aussi, en essayant de le présenter comme étant mon ami à moi, c’est une manière d’essayer de mettre un élément pour montre que je suis liée complètement à cette affaire.Anthony Rech: Dans vos auditions vous dîtes dans un premier temps que vous recevez des appels anonymes et ensuite vous vous rétractez si je ne me trompe pas. Pourquoi?Aminata Diallo : Comme je l’ai expliqué lors de ma garde-à-vue, il y a eu une audition le lendemain de l’agression.

Effectivement je n’avais pas mentionné le fait que Jaja m’avait tenu au courant de ces appels-là, où lui dit qu’il connait l’ex en question de Kheira Hamraoui qui lui a rapporté les éléments qui avaient été dits, parce qu’il était incarcéré. Et donc en évoquant son nom, pour ma part c’est comme cela que je le voyais, cela allait lui rapporter des problèmes en plus sur le fait qu’il ait un téléphone en prison. Au moment où ils sont venus me chercher pour ma garde-à-vue du 10 novembre, là j’ai tout de suite expliqué que c’était Jaja qui m’avait appelé et qui m’avait expliqué un peu l’histoire qu’il se passait autour de l’ex de Kheira Hamraoui avec les appels et que je n’avais dit son nom dès le départ pour ne pas lui ramener des problèmes en plus concernant son incarcération.

J’ai tout de suite expliqué, les enquêteurs ont écouté ma version, et l’ont comprise. Derrière je n’ai fait aucune cachoterie.Anthony Rech: Une grande partie du rapport est consacré à vos conversations téléphoniques avec votre conseiller, le conseiller aussi de Kadidiatou Diani et Marie-Antoinette Katoto, César Mavacala.

Les enquêteurs comprennent une sorte de tentative de déstabilisation de la section féminine du Paris Saint-Germain. Avec pour objectif l’éviction du manager Ulrich Ramé et de certaines autres personnes comme l’entraîneur Didier Ollé-Nicol qui finira par être licencié. Etait-ce le cas? Etait-ce le projet initial?Aminata Diallo : C’est une fable.

C’est totalement inventé ça. Déjà je vais préciser qu’il y a une enquête qui a été ouverte, notamment pour tentative d’escroquerie en bande organisée. C’était en fait le moyen de pouvoir sonoriser mon appartement et ma voiture.

Parce que dans le cadre de l’enquête sur l’agression de Kheira, vu qu’il y avait très peu d’éléments contre moi, on ne pouvait pas le faire. Déjà je pense… mes avocats pensent que c’est une manière un peu déloyale pour pouvoir sonoriser mon appartement et ma voiture. Mais je pense qu’ils savent très bien que cette enquête-là va mener à rien.

Pourquoi? Parce que, déjà, César n’est pas mon conseiller. On a dit que c’était mon conseiller, César n’a jamais été mon conseiller. Il m’a donné des conseils depuis des années de façon amicale puisque c’est le concubin d’une très bonne amie à moi.

Et comme à d’autres joueuses dont il est proche, il m’a donné des conseils. Il n’a jamais négocié pour moi avec le Paris Saint-Germain. Et donc cette soi-disant tentative d’escroquerie pour pouvoir obtenir ma prolongation et évincer Kheira Hamraoui, Ulrich Ramé et le coach est totalement fausse.

Effectivement dans le cadre de la prolongation de Marie-Antoinette Katoto, elle avait certaines exigences. Notamment surtout par rapport à l’aspect sportif où elle estimait comme d’autres personnes aussi que peut-être pour continuer à avancer… en tout cas pour elle, pour continuer à progresser dans son objectif d’être un jour Ballon d’or… le coach n’était pas un bon coach. Voilà.

Et puis par rapport à la gestion de cette affaire qui a été faite cette année-là, le clan de Marie-Antoinette Katoto, son entourage, a estimé qu’ils ne voulaient pas continuer au Paris Saint-Germain avec ces personnes-là. Ma prolongation a été évoquée avant cette affaire donc cela n’a pas été quelque chose que l’on a tenté d’exiger de la prolongation de Marie-Antoinette Katoto. C’est totalement faux.

Effectivement César en a discuté avec le club, en donnant son point de vue, en disant que c’était injuste par rapport à cette affaire et à ma garde-à-vue que je n’ai pas la prolongation que le club voulait m’offrir avant ma garde-à-vue. En aucun cas il n’y a eu des menaces ou des moyens illégaux pour pouvoir évincer ces personnes-là. On a aussi dit que l’on avait laissé fuiter certaines choses concernant le coach dans la presse.

Notamment l’affaire d’une agression sexuelle sur une joueuse du club. Ce qui est totalement faux. Mon appartement et ma voiture ont été écoutés.

Effectivement on a eu des conversations avec César mais à ce moment-là on s’étonne du fait que cela sorte dans les médias. Je crois que c’est Vanessa Le Moigne qui le sort et nous on se pose la question de qui l’aurait sorti et dans quel intérêt.

Ca, les écoutes le prouveront. C’est totalement faux. En tout cas on n’a rien à voir avec le fait que cette info soit sortie dans les médias.

Anthony Rech: Un autre nom du football français est sorti dans cette affaire, c’est celui de Kylian Mbappé ou plus précisément de sa maman Fayza Lamari. Les enquêteurs, à travers leurs écoutes, relèvent des conversations où Fayza Lamari lors de ses réunions avec la direction du Paris Saint-Germain aurait évoqué votre avenir au club. Etait-ce un appui pour vous? Comment avez-vous apprécié cet échange avec Fayza Lamari?Aminata Diallo : Avec Fayza Lamari on avait plusieurs projets en commun.

Notamment de documentaires et qui concernent aussi des actions envers les jeunes ou des personnes handicapées… C’est vrai qu’elle a effectivement évoqué mon cas auprès de la direction du Paris Saint-Germain dans le même objectif que César. C’est-à-dire d’exprimer son point de vue et de dire au club qu’Aminiata le club voulait la prolonger avant sa garde-à-vue et que cela serait injuste qu’elle ne prolonge pas. Mais en aucun cas il y avait la volonté de forcer le club à me prolonger.

C’est totalement faux, la preuve. Sinon j’aurais signé… j’aurais prolongé avant Kylian ou avant Marie-Antoinette Katoto. Cela n’a pas été le cas.

Cela a été un soutien par rapport à une situation qu’ils pensaient injuste vis-à-vis de moi.Anthony Rech: Cela a été évoqué par Fayza Lamari pendant les discussions pour la prolongation de son fils…Aminata Diallo : Non pas forcément. Ils parlaient peut-être d’autre chose.

Cela a pu arriver qu’elle les croise au stade. Mais ce n’est pas du tout un élément qui faisait partie de la prolongation de Kylian. Ah non, pas du tout.

Mais c’est vrai qu’avec mon cas, puisqu’elle leur a surtout fait part de notre projet de documentaire qu’on allait faire. Donc c’est dans ce sujet-là qu’elle a aussi donné son point de vue par rapport à ma prolongation où elle estimait qu’avec le temps, il fallait que toutes les deux avec Kheira on retrouve notre situation normale. Cela a été sa position dès le départ.

Là encore on essaye de diaboliser toutes les personnes autour de moi et qui m’ont apporté leur soutien. On a voulu montré que l’on avait essayé d’escroquer le Paris Saint-Germain. Ce qui est totalement faux et infondé.

Apolline de Malherbe : Et pour autant Aminata Diallo, le fait que la mère de Kylian Mbappé vous soutienne cela n’a pas marché. Il n’y a eu aucun engagement écrit, aucune promesse de prolongation de la part du club.Aminata Diallo : Aucun engagement écrit oui.

Mais mon entourage avait rencontré le club début juin. Le club avait donné sa parole et avait exprimé l’envie de me prolonger. Ils nous avaient demandé du temps parce qu’il y avait pas mal de choses à régler en interne comme la situation du directeur sportif, du coach…On a vu que même le coach a mis beaucoup de temps avant qu’il signe.

On m’a exprimé le fait que le club voulait me prolonger. Jusqu’au 18 juillet, j’étais persuadée que j’allais prolonger. En tout cas c’est ce que l’on m’a laissé croire.

de l’appartement après le 30 juin. Et puis finalement, autour du 20 juillet, on me dit que je ne vais pas être prolongée pour des raisons sportives. Moi évidement j’avais déjà des échos de ce que pensait l’entraîneur qui était arrivé.

Au niveau sportif il appréciait mon profil et était pour ma prolongation sur l’aspect sportif. Mais qu’après tout ce qui concernait l’extra-sportif il laissait cela à la direction. Et déjà là, j’avais des petits bruits qui laissaient sous-entendre qu’effectivement il avait une enquête en cours et que je pouvais être condamnée au mois d’octobre.

Et du coup je comprends que je n’ai pas été prolongée à cause de cette affaire.Anthony Rech: A la fin de l’été, il y a une nouvelle plainte de la part de Didier Ollé-Nicole votre ancien entraîneur au Paris Saint-Germain. Il porte plainte contre X pour dénonciation calomnieuse et estime avoir été instrumentalisé, jeté en pâture, ce qui a abouti à son licenciement.

Il vous accuse ainsi que César dans ses propos. Que répondez-vous à Didier Ollé-Nicole?Aminata Diallo : Je pense tout simplement qu’il a lu ce qu’il a vu dans les médias. Il pense que l’on est derrière cela.

Il va se rendre compte à travers sa plainte que l’on n’a strictement rien à voir dans la diffusion médiatique de cette rumeur. Ce qui s’est passé c’est qu’il y a eu l’information que le coach pouvait être suspecté d’agression sexuelle sur une joueuse. C’est sorti au mois de mai.

Nous on venait de l’apprendre il n’y avait pas très longtemps. On n’était pas sûr de savoir, cela nous avait un peu choqué. Moi-même j’avais pris sa défense.

Anthony Rech: Mais cela se savait dans le groupe dès l’été dernier…Aminata Diallo : Pas tout le monde. Pas tout le monde. Pour ma part je n’étais pas au courant par exemple.

Je n’étais pas au courant. Il y avait certaines joueuses qui étaient au courant, apparemment. C’est ce que j’ai découvert.

Mais moi je n’étais pas au courant. Quand l’information est sortie, on m’a posé la question et j’ai pris sa défense. J’estimais à ce moment-là que ce n’était pas juste qu’on le présente comme un prédateur sexuel et que peut-être, effectivement, il avait eu des gestes un peu déplacés mais parce que c’était la première fois qu’il entraînait un groupe de filles et que peut-être que c’était allé un peu trop loin.

Mais à la sortie de toutes ces informations dans les médias, des membres du club sont venus au centre et ont interrogé certaines joueuses. Et là il y a certaines joueuses qui ont aujourd’hui quitté le club qui ont dit qu’elles avaient aussi été victimes de son attitude déplacée. Il n’y en a pas qu’une mais plusieurs.

C’est ce qui a précipité sa mise à l’écart du groupe. Ce n’est pas nous.Anthony Rech: Il a quand même été blanchi ensuite par l’enquête interne…Aminata Diallo : C’est ce que j’ai lu dans les médias.

Mais dans tous les cas, à aucun moment on s’est servi de lui pour essayer d’obtenir ce que l’on veut. Par ailleurs je trouve aujourd’hui que c’est facile pour lui de mettre cela sur nous alors que dès le mois de novembre c’était le premier à vouloir se débarrasser de Kheira Hamraoui pendant la trêve car il ne pouvait pas garder les deux joueuses avec cette affaire. Il m’avait fait comprendre qu’il avait eu cette discussion avec moi mais pas avec l’autre joueuse concernée.

Cela laissait sous-entendre que c’était elle qui allait partir au mois de janvier. Il a passé toute la deuxième partie de saison en parlant à Marie-Antoinette Katoto et Kadidiatou Diani en disant qu’il avait besoin d’elles et qu’il savait que la situation était très compliquée et qu’il comptait sur elles. Et qu’à la fin de la saison il voulait dire au club que c’était lui ou Kheira Hamraoui.

Aujourd’hui, maintenant qu’il a été évincé du club, il va dans une direction contre nous. C’est un peu facile parce que j’ai été mise en examen dans cette affaire. Mais ce n’était pas sa position pendant toute l’année.

Anthony Rech: A la fin de l’été vous avez aussi annoncé porter plainte contre le Paris Saint-Germain après la fin des négociations.Aminata Diallo : Je n’ai pas annoncé que j’allais porter plainte contre le PSG. C’est vrai qu’il y avait une volonté de demander justice mais cela ne concerne pas ma non-prolongation ou le fait que le PSG n’a pas voulu me prolonger.

C’est parce qu’il y a eu des manquements par rapport au club. On a notamment dit que j’avais demandé à ce qu’on me laisse la voiture et l’appartement à disposition pour pouvoir me retourner après ma non-prolongation. C’est totalement faux.

Au moment où on m’a annoncé que je ne prolongerai pas, j’ai demandé au club de me fournir les quittances de loyer pour pouvoir payer l’appartement de moi-même d’une autre manière. On ne m’a jamais demandé ou exigé de date où je devais rendre la voiture. Effectivement ont m’a envoyé des messages pour me demander si les semaines suivantes j’étais disponible pour pouvoir rendre la voiture.

A chaque fois j’ai répondu positivement et j’ai dit qu’il n’y avait pas de problème. On ne m’a jamais indiqué de date et d’heure pour pouvoir déposer la voiture. Aujourd’hui il y a eu des manquements, c’est mon avocat qui poursuit les actions en cours en ce qui concerne ce volet-là.

C’est une question de droit civil et de droit sportif. Effectivement il y a des choses que l’on réclame et ce n’est pas le fait que soit mise en examen aujourd’hui qui va faire que je vais laisser cette affaire sur le côté.Apolline de Malherbe : Et comment voyez-vous la suite Aminata Diallo? Pour vous et pour l’enquête?Aminata Diallo : Aujourd’hui j’ai extrêmement confiance en mes avocats.

On a demandé d’avoir accès à toutes les écoutes, à toutes les sonorisations et d’avoir accès à toute la base de données de mon téléphone. On est persuadés qu’avec cela on va réussir à me sortir de cette affaire. On va démontrer effectivement qu’il n’y avait pas une haine, comme les enquêteurs la dépeignent, envers Kheira Hamraoui.

Il y a énormément de messages qui sont bienveillants envers Kheira Hamraoui. Il y a plein d’autres choses où on a l’impression que les enquêteurs ont été partiaux dans cette enquête. A la connaissance déjà un peu du dossier et de différents procès-verbaux, qui ne sont pas mentionnés alors qu’ils sont à ma décharge et qui viennent contredire certaines versions des faits qui viennent m’incriminer.

Anthony Rech: Quels éléments ne sont pas mentionnés?Aminata Diallo : Un exemple, on a dit que j’avais insisté pour déposer Sakina Karchaoui en premier afin de potentiellement me retrouver seule avec Kheira Hamraoui. Alors qu’en fait c’est Sakina qui m’a demandé de la déposer en première pour assister à la deuxième mi-temps du match OM-Lazio. Ce sont des éléments à décharge.

Dans mon téléphone, il y a aussi tout ce qui concerne les échanges avec ma représentante au moment des faits, Sonia Souid, qui montrent que tout se passe bien pour moi au niveau sportif à ce moment-là et que la situation sportive me convient et que tous les feux sont au vert. La suite de la saison se passe bien pour moi. Il y a aussi des messages où j’indique à mon entourage que ma relation avec le coach est très bonne.

Et c’est vrai qu’elle était très bonne car il y avait une relation de confiance avec lui avant cette agression. Il m’avait fait part de la confiance qu’il avait en moi. Il m’avait montré en m’alignant plusieurs fois sur le terrain et en me donnant pas mal de temps de jeu.

On ne le met pas forcément dans le rapport d’enquête parce que ce sont des éléments à décharge qui pouvaient un peu atténuer le mobile de la rivalité sportive.Anthony Rech: Il y a quelques semaines avant votre interpellation et votre mise en examen, vous avez fait savoir que vous espériez trouver un nouveau challenge et qu’il y avait des contacts avec d’autres clubs. Est-ce qu’aujourd’hui vous espérer rejouer au football un jour?Aminata Diallo : C’est vrai que cette affaire tout au long de l’année m’a fait beaucoup de tort au niveau sportif.

Contrairement à ce que l’on pense, je savais qu’il y avait une enquête qui était beaucoup axée autour de moi. Encore une fois il y avait plusieurs personnes autour de moi qui ont été auditionnées et interrogées. Il y avait aussi beaucoup de bruits qui courraient dans le monde du football et qui laissaient sous-entendre que je pouvais être lié à cette agression-là.

Donc forcément c’est pour cela que je n’ai pas prolongé au Paris Saint-Germain. D’autres clubs ont peut-être aussi préféré être prudents par rapport à cela. Aujourd’hui je pense qu’en l’état actuel de l’enquête et de la situation, cela va être compliqué de trouver un club pour le moment.

Avant cela, mon premier combat c’est de prouver mon innocence et de sortir de cette affaire. Après on verra ce que l’avenir me réservera.Anthony Rech: Avez-vous réfléchi à arrêter votre carrière pendant l’été?Aminata Diallo : Ah oui ! Tout de suite au mois de juillet.

Bien sûr que cela a été une réflexion très poussée même. Parce que je trouvais, dans cette affaire, qu’il y avait beaucoup trop d’injustice à mon égard. Cela a été très dur pour moi de sentir que l’on m’a enlevé ce que je devais avoir avant cette agression.

C’est mon ressenti. Encore une fois je précise que pourquoi ma volonté de prolonger au PSG et pourquoi certaines personnes ont essayé d’œuvrer dans ce sens-là. C’est tout simplement parce que c’était la situation avant cette agression.

En tant qu’innocente, bien évidemment, c’était très dur pour moi d’avoir toutes ces conséquences après cette garde-à-vue. Bien sûr que j’ai, à un moment donné, pensé à arrêter. A un moment donné il y a d’autres projets de vie qui pour moi passaient devant le football.

Parce que pour moi, le football depuis un petit moment me donnait plus de choses négatives que positives. Mais voilà, aujourd’hui je suis dans un autre état d’esprit, dans une autre réflexion. Je vais me battre jusqu’au bout pur prouver mon innocence et continuer à élaborer des projets qui me tiennent à cœur.

Anthony Rech: Vous étiez en fin de contrat en juin dernier. A la vue de l’évolution de l’affaire et de la saison qui était de plus en plus compliquée avec beaucoup de tensions au sein de l’équipe, pourquoi ne pas vous être dit que vous alliez changer de club? Vous n’aviez pas de promesse écrite à ce moment-là mais seulement quelques satisfactions à l’automne. Vous auriez pu vous dire que vous alliez changer de club pour partir sur un nouveau cycle dans votre carrière…Aminata Diallo : Parce que dès le mois de mars j’avais plutôt un son de cloche, sur les discussions qu’il y avait, plutôt positif envers ma prolongation.

J’avais déjà un peu écho de tous les changements qui allaient arriver. Raison de plus aussi pour expliquer qu’on avait, moi au d’autres personnes que l’on a citées, aucun intérêt à saboter médiatiquement certaines personnes du club. Le fait était évoqué qu’elles allaient peut-être être remplacées par d’autres personnes.

Et ces autres personnes-là étaient plutôt pour ma prolongation en fait. Donc c’est ce qui a fait qu’au dernier moment je ne suis pas allé voir d’autres projets. Parce que ma prolongation au Paris Saint-Germain était vraiment envisagée par le club en fait.

Il y avait plutôt des signaux positifs par rapport à tout cela.Anthony Rech: Parfait, merci beaucoup Aminata Diallo de nous avoir accordé cette toute première réaction.Aminata Diallo : Merci à vous de m’avoir accordé le droit à la parole aujourd’hui.

Par Jean-Guy Lebreton, Apolline de Malherbe et Anthony Rech.