Pourquoi avoir peur du bulletin chiffré ?


Les bras me tombent chaque fois que des intervenants du monde scolaire réclament l’abandon des bulletins chiffrés à l’école. Les élèves et leurs parents doivent savoir où ils se situent dans leur acquisition de connaissances pour corriger les lacunes.

Le débat revient périodiquement depuis des années.

Pourquoi avoir peur du bulletin chiffré ?

En 2019, le Conseil supérieur de l’éducation plaidait pour la fin de la « logique de concurrence ».

La présidente, Maryse Lassonde, à l’époque, recommandait de ne plus faire de moyennes de groupe « parce que ça n’apprend strictement rien à l’élève ». 

Cette année, ce sont des associations de directions d’écoles qui sont revenues à la charge, claironnant que ce devrait être « la priorité de l’heure ».

Quoi ? La priorité, ce ne serait pas de donner les moyens aux enseignants de faire progresser les jeunes ? De créer les meilleures conditions pour inciter les élèves au dépassement ? 

Pourquoi avoir peur des bulletins avec une note précise ?

Ce chiffre décerné à l’élève est parfois le résultat d’un effort insuffisant ou d’un manque d’attention.

Il le forcera à faire mieux.

Les profs pourraient aussi signaler dans le bulletin un aspect à améliorer, en plus de la note.

L’un n’empêche pas l’autre, au contraire.

Ainsi, s’il ne l’a pas réalisé lui-même, le jeune saura ce sur quoi il doit travailler davantage.

Ses parents pourront également songer à des moyens de l’accompagner et de lui fournir de l’aide dans cette discipline.

Avec les notes, ils peuvent observer une progression ou un déclin qui commande des actions.

Saine concurrence

Puis il n’y a rien de mal à ce qu’un adolescent puisse se comparer à ses collègues de classe.

Chercher à le préserver de toute possible anxiété en milieu scolaire est la meilleure façon de le rendre plus vulnérable et fragile une fois lancé sur le marché du travail.

Parce que c’est la vie. Tout n’est pas facile. 

Il y a des obstacles. La concurrence est vive.

Pour forger le caractère des individus, il n’y a rien de mieux que se relever après un échec. Il faut pouvoir comprendre ses erreurs. Travailler fort. Les surmonter.

Dans certaines écoles secondaires, des professeurs ont choisi de ne plus imposer d’exposés oraux devant toute la classe. Ils préfèrent que les jeunes s’expriment en sous-groupes de quatre ou cinq élèves, pour que ce soit moins intimidant—. Est-ce qu’on leur rend vraiment service ?

Trop vieux jeu ?

Je me rappelle un prof de math, au secondaire, qui lisait les noms des jeunes avec leur note, après les examens, en ordre décroissant.

Cet enseignant serait sûrement cloué au pilori aujourd’hui. Pourtant, il n’y avait rien de méchant ou de hargneux dans sa démarche.

C’était une façon de donner une tape dans le dos à ceux qui avaient réussi, et de faire prendre conscience aux autres qu’il y avait moyen de mieux faire.

Est-ce qu’un jour, ce sera devenu trop vieux jeu de valoriser l’effort ? Le succès ? 

Heureusement, informé du nouvel assaut en faveur du retrait des bulletins chiffrés, le ministre de l’Éducation, Bernard— Drainville, tout comme Jean-François Roberge avant lui, n’a pas bronché.

« Les bulletins chiffrés et les moyennes de groupes sont là pour rester », a-t-il rapidement tranché mercredi.

Merci, monsieur le ministre. 

En vrac 

Mathieu et Céline

Capture d’écran Youtube

« Oh, mon Dieu, moi je préfère Céline Dion ! » a-t-il lancé avec un clin d’œil. Un petit vite !  

Geneviève se retient

Une chroniqueuse politique a avancé que le conservateur Pierre Poilievre avait courtisé Eric Girard et Geneviève Guilbault pour les inciter à faire le saut au fédéral. Est-ce que ça vous a flatté d’entendre ça ? a demandé une scribe lorsque la ministre s’est arrêtée pour répondre à quelques questions. « Ah, là, je pourrais faire des blagues que mon attaché de presse n’aimera pas, alors. », a-t-elle dit, sourire aux lèvres, avant de se remettre en marche.