avant la première concertation lundi, les syndicats vent debout


« La première réunion se déroulera le 17 octobre et sera suivie par deux réunions d’ici la fin novembre », indique le ministre du Travail Olivier Dussopt dans un courrier adressé mercredi aux partenaires sociaux.

Cette concertation découle du projet de loi portant « mesures d’urgence » en vue du « plein-emploi », adopté mardi en première lecture à l’Assemblée nationale. Le gouvernement veut agir vite, y voyant une des manières de s’attaquer aux difficultés de recrutement dont se plaignent les entreprises en dépit d’un taux de chômage de 7,4 %.

« Modulation » problématique

Dans son courrier, le ministre précise « les questions générales auxquelles cette concertation vise à répondre »  : quel état des lieux du marché du travail et « quel diagnostic sur la hausse très sensible des difficultés de recrutement », « quel (s) paramètre (s) du régime d’assurance-chômage pourrai (en) t faire l’objet d’une modulation », comment définir « les critères et modalités de déclenchement du passage aux différentes règles ainsi que l’ampleur des variations à prévoir ? ».

En annexe du courrier, un « support de concertation » de 25 pages détaille les pistes de travail. Il indique notamment que le mécanisme de modulation « pourrait s’appliquer à différents paramètres du régime, qui peuvent être de deux natures ».L’ensemble de ces paramètres sont soumis à la réflexion des partenaires sociaux, « à l’exception de la modulation du montant de l’indemnisation que le gouvernement écarte d’emblée », souligne le document.

« Stigmatisation »

Sur les critères de conjoncture, l’exécutif mentionne notamment le taux de chômage, qui a l’avantage d’être « l’indicateur le plus lisible » mais qui comporte « une part d’aléa », ainsi que les « indicateurs de tension » (difficultés de recrutement et manque de personnel mesurés par les enquêtes de conjoncture ou les embauches de plus d’un mois rapportées au nombre de chômeurs).Reconnaissant qu’une règle ne rend jamais compte « avec une totale exactitude de la situation du marché du travail », il envisage la consultation d’un « comité d’experts consultatif » avant tout changement.La concertation risque cependant d’être peu fructueuse car si le patronat est favorable, les syndicats sont tous opposés au principe de modulation, y voyant une « stigmatisation des chômeurs ».Si « les employeurs peinent aujourd’hui à recruter c’est d’abord parce qu’ils ne trouvent pas les qualifications et les compétences qu’ils recherchent », et parce que « les conditions de travail ou d’emploi proposées posent problème  : salaires trop bas, horaires atypiques ou imprévisibles, mauvaises conditions de travail, contrats très courts, difficultés liées au mode de transport… », ont-ils déclaré dans un communiqué commun.