Projet Atemax à Saint-Langis-Lès-Mortagne : l’Air du Perche prend un vent de la Préfecture


Par Vincent Guerrier
Publié le 11 Nov 21 à 19:32 

Le Perche

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Atemax va pouvoir engager la construction de son projet. (©Le Perche/Archives)C’est la fin d’un long chemin de procédures et de recours engagés par l’association l’Air du Perche. Après avoir porté un recours gracieux contre le projet de gazeificateur d’Atemax, usine d’équarrissage, la Préfecture n’a pas donné suite, le 8 juin dernier.L’association avait donc été plus loin, en portant un recours contentieux devant le tribunal administratif de Caen. L’administration avait alors nommé un médiateur, Antoine Berrivin, pour faire en sorte d’ouvrir le débat entre les trois parties : l’Air du Perche, Atemax et la Préfecture. Mais le débat n’aura finalement jamais lieu.Dans un courrier reçu le 11 octobre 2021, le tribunal administratif de Caen indique que « la Préfécture ne souhaite pas donner un avis favorable à la médiation faite par le tribunal. » Le Préfecture, dans son droit, rejette donc tout échange et permet par la même occasion à Atemax d’enclencher au plus vite la construction de son projet, qui doit durer de longs mois.

Argent public

« C’est encore une occasion manquée de se parler. On pensait vraiment qu’avec ce médiateur, nous aurions pu avoir des réponses sur des questions de fond, relevés par la Dréal ou par l’enquêteur public. Mais non », déplore Louis Vallin, vice-président de l’association. Il évoque par exemple une étude d’impact qui sera faite seulement « après la construction, ce qui est un non-sens », ou encore les rejets d’eau « quelque part dans les nappes phréatiques », ou bien un risque de zoonose, qu’Atemax rejette en expliquant « respecter des process stricts » (journal Le Perche du 3 mars 2021).« L’État a mis son cachet sur le dossier, c’est terminé. Donc nous n’avons pas d’autres choix que d’abandonner », avouent les membres de l’association. Ils regrettent toutefois le « manque de considération », à leur égard, concernant un projet « largement subventionné par le contribuable ».« Désormais l’État est face à ses responsabilités. En cas de soucis, ils seront tenus pour responsables pour ne pas avoir pris la mesure du risque », croit Louis Vallin.L’association aimerait que la CDC implante des petits capteurs de particules, notamment à Mortagne-au-Perche, pour mesurer l’impact des rejets sur la qualité de l’air. « On ne veut pas fermer Atemax, ce sont des emplois et nous le savons, mais on pense qu’il faut arrêter son développement sans limite », pointe Louis Vallin. Il le sait, les soutiens de l’Air du Perche sont rares, surtout du côté de la population, qui voit dans ces nuisances une sorte de fatalité. Les autres associations environnementales de la région sont assez peu nombreuses à remettre en question le projet de l’industriel.Contactée pour expliquer les raisons son refus dans la procédure de médiation engagée par le tribunal, la Préfecture n’a pas répondu à nos sollicitations.Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Le Perche dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.