Prunelli di Fium'Orbu : la chapelle San Ghjuvanni retrouve son âme chrétienne


 

Prunelli di Fium'Orbu : la chapelle San Ghjuvanni retrouve son âme chrétienne

Il faut gravir quelques centaines de mètres de dénivelé sur un chemin rendu carrossable pour accéder aux ruines de la chapelle San Ghjuvanni Evangelista.

Au milieu du maquis, ses murs de pierres vieillies qui ont su résister au temps apparaissent déjà entre de vieux chênes séculaires. Le lieu est propice à l’introspection et à la prière. En ce jour de juin, à l’heure où la chaleur se fait déjà accablante, c’est le précurseur, celui qui baptise avec de l’eau, que l’on s’apprête à fêter. Celui qui, sans relâche, dans le désert et dans les eaux du Jourdain annonce la venue du Christ.

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La nef de la vieille chapelle se rappelle sûrement il y a plusieurs centaines d’années les célébrations festives qui annonçaient le solstice d’été et le déclin de la lumière, ces feux gigantesques qui fêtaient les récoltes et qui préparaient hommes et femmes à affronter les rigueurs de jours qui déclinent en route vers d’autres saisons plus exigeantes encore.

Grâce à l’implication d’i Chjassi Fiumurbacci

Grâce à l’implication sans faille d’un homme, Jules-François Paoli, président de l’association I Chjassi Fiumorbacci, un bénévole au grand cœur que rien n’arrête, un de ces Corses avec lesquels on se replonge bien vite dans les us et coutumes qui forgèrent jadis notre âme insulaire, la chapelle San Ghjuvanni Evangelista reprend vie. Tout un symbole pour ces vieilles ruines trop longtemps abandonnées, livrées aux atteintes insidieuses de Dame nature ou encore au courroux du ciel. C’est l’abbé Renucci qui célèbre l’office à l’ombre d’une tente installée par l’association.

L’homme de foi est manifestement ému, notamment à l’occasion de l’Eucharistie lorsque le Christ investit les lieux et se fait chair et sang. Voilà la chapelle tirée de sa torpeur centenaire, accomplissant de nouveau la mission pour laquelle des hommes et des femmes corses avaient alors décidé de l’ériger. Aux côtés du prêtre, la pureté, la candeur, Vanina, une petite fille qui ne perd pas une miette de la célébration en cours et qui accompagne dans le chant et la prière l’homme d’Église.

Il faudra que nous remontions chaque année dans cette chapelle pour rendre hommage à l’enfant des hommes, à celui qui relie et protège parents et enfants », a déclaré dans son homélie le prêtre.

Dans le ciel, le soleil brille avec plus d’éclat, chauffant les vieilles pierres et réchauffant les âmes. Jean le Baptiste semble ne pas avoir crié que dans le désert. Le prophète, éminent ambassadeur du christianisme primitif, n’était pas très loin des fidèles en cette matinée estivale, une manière de porter en ces temps troublés un message inaltérable d’humilité et sa volonté toujours vivace de transmettre.