Question d’ado : qu’est-ce que l’« effet Matilda » ?


À l’occasion de la Fête de la science, Eyad, 11 ans, se demande ce qu’est l’« effet Matilda ». Camille Van Belle, lui répond.

Les filles sont peu incitées à s’orienter vers les sciences. À tort, selon Camille Van Belle.

Publié : 14 Octobre 2022 à 18h30

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Du 7 au 17 octobre a lieu la Fête de la science. À cette occasion, Eyad, en sixième au collège Paul-Langevin de Sallaumines, se questionne sur l’« effet Matilda ». Camille Van Belle. lui répond.

Qu’est-ce que l’« effet Matilda »?

« L’effet Matilda, c’est lorsque des femmes scientifiques voient leurs découvertes oubliées à la faveur d’hommes avec qui elles travaillent. En 1993, l’historienne Margaret Rossiter le théorise, en référence à la sociologue Matilda Gage. Lise Meitner. travaillait dans la cave de l’Institut de chimie, à Berlin, car les femmes ne pouvaient pas passer par la porte d’entrée. C’est son collègue qui a reçu le prix Nobel. Il y a plein d’exemples comme ça. »

Leur contribution à la science est donc moins reconnue ?

« Pour les prix Nobel de sciences, les femmes ne représentent que 3 à 4 % des lauréats. Cette année, il n’y a qu’une femme, en chimie. La médaille Fields, considérée comme le prix Nobel des mathématiques, n’a été attribuée que deux fois à une femme, sur une soixantaine de lauréats. Une iranienne en 2014, et une ukrainienne cette année. »

On ne connaît pas d’exemples de femmes scientifiques mise à part Marie Curie. »

Y a-t-il une évolution ?

« L’évolution est en cours, heureusement  ! Il y a des progrès pour faire connaître ces femmes. Comme avec le film Les Figures de l’ombre, qui raconte l’histoire de femmes noires « calculatrices », embauchées par la NASA, agence spatiale américaine. Il y a aussi des livres écrits pour sortir les femmes de l’oubli… Mais, il y a trop peu de femmes scientifiques. On pense qu’il ne faut pas forcer les femmes à faire de la science. Pourtant,!  »

Camille Van Belle vient de publier un roman graphique intitulé «Les Oubliés de la science».

Les adolescentes sont-elles réticentes à se lancer dans la science ?

« Beaucoup n’y pensent même pas  ! Les professeurs ne leur proposent pas. On ne connaît pas d’exemples de femmes scientifiques mise à part Marie Curie, la seule que l’on nous cite. Le cerveau perçoit cela comme une exception. Le collectif maths – sciences a montré que le nombre de filles en filière scientifique, au lycée, avait baissé de 28 %, à cause de la réforme du lycée, soit un retour vingt ans en arrière. Dès qu’il faut choisir, les filles ne vont pas s’orienter vers les mathématiques. En classe de terminale, elles représentent seulement 30 % des élèves en études de sciences. On voit que ce sont des choses qui peuvent vite bouger. »

« Les Oubliés de la science » de Camille Van Belle, Éd. Alisio sciences, 208 pages, 22,90 €.

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