Si la question est de savoir pourquoi nous restons éveillés jusqu’à très tard le soir, la science répond : la procrastination du sommeil


News JVTech Si la question est de savoir pourquoi nous restons éveillés jusqu’à très tard le soir, la science répond : la procrastination du sommeil

Publié le 07/05/2024 à 16:35

Si la question est de savoir pourquoi nous restons éveillés jusqu’à très tard le soir, la science répond : la procrastination du sommeil

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Si vous manquez de sommeil la nuit, mais que vous ne pouvez pas vous empêcher de surfer sur les réseaux sociaux, c’est votre cerveau qui se venge.

Une mauvaise habitude que l’on a tous (ou presque)

Qui ne s’est jamais retrouvé à surfer sur les réseaux sociaux aux petites heures du matin, mort de fatigue, sachant qu’il doit se lever tôt le lendemain, mais résistant quand même au sommeil. Cela vous est-il arrivé une fois ? Vous n’êtes pas un cas isolé et la science a donné à ce phénomène un nom curieux : la procrastination du sommeil de revanche. Cette forme de procrastination est un phénomène psychologique qui a attiré l’attention de chercheurs aux Pays-Bas et qui a été décrit dans une publication dans Frontiers in Psychology en 2014. Ce phénomène consiste à repousser le moment d’aller se coucher sans raison logique apparente, en sacrifiant son temps de repos et en étant pleinement conscient qu’un tel comportement rendra son corps épuisé le lendemain.Son nom vient des similitudes avec la logique contre-productive de la procrastination des tâches, qui provoque souffrance mentale et stress en reportant une tâche que, oui ou non, vous allez devoir faire plus tard, mais avec moins de temps. Les chercheurs ont constaté que ce comportement est étroitement lié au manque de temps libre pendant la journée. Pendant la nuit, alors que les tâches ont déjà été accomplies, le cerveau tente de compenser en prenant sur le temps de sommeil pour avoir le sentiment de faire plus que travailler, étudier ou tenir la maison. D’où le terme de « revanche », car, d’une certaine manière, le cerveau se rebelle et exige de prendre le contrôle de votre temps de loisir, puisque les tâches ne lui ont laissé aucune marge de manœuvre pendant la journée. Il s’agit d’une sorte de vengeance inconsciente de votre moi intérieur.Crédit photo : MidjourneySelon une recherche menée par la Frances Payne Bolton School of Nursing de Cleveland, ne pas se reposer suffisamment en retardant l’heure du coucher a de graves conséquences sur la santé. Ceci est confirmé par plusieurs études qui suggèrent que le manque de sommeil pourrait entraîner une augmentation du niveau de stress, un manque de concentration, des pertes de mémoire, un risque accru de maladies cardiovasculaires et de la maladie d’Alzheimer, ainsi qu’une plus grande exposition aux maladies mentales.

Une punition que l’on s’inflige tout seul

Le phénomène psychologique de la procrastination est associé au fait de remettre à plus tard une tâche que l’on juge désagréable ou peu inspirante, et de la remplacer par d’autres qui nous apportent du bien-être. En d’autres termes, il s’agit de remplacer la perception de quelque chose de négatif par quelque chose de plaisant. En revanche, la procrastination du sommeil ne suit pas ce schéma, car dormir n’est pas perçu comme une activité désagréable. Nous aimons tous dormir et nous souffrons lorsque nous ne le faisons pas. C’est pourquoi la procrastination du sommeil fascine tant les psychologues.Crédit photo : MidjourneySe coucher tard parce qu’on est avec des amis, à un événement social, en train d’étudier, de finir un devoir ou de faire un autre travail n’est pas considéré comme de la procrastination, car il y a en fait une raison d’utiliser ce temps de repos pour une autre tâche. En revanche, regarder une autre vidéo, commencer un autre épisode de sa série, lire un autre chapitre de son livre ou finir une autre mission dans son jeu n’a pas de justification logique, et vous savez que la fatigue va faire des ravages le lendemain. Selon l’étude Gallup The State of Sleep in America 2022, 33 % des Américains déclarent ne pas dormir suffisamment et 70 % des jeunes adultes de moins de 30 ans disent avoir des problèmes de sommeil dus au stress.

Empêcher son propre cerveau de se venger

Les recherches dans ce domaine suggèrent que les personnes qui ont tendance à procrastiner dans d’autres domaines de leur vie, qui occupent des emplois exigeants ou qui ont tendance à réprimer leurs désirs tout au long de la journée en raison d’un emploi du temps chargé ou d’un trop grand nombre d’obligations, sont enclines à procrastiner à l’heure du coucher. Si vous pensez être un procrastinateur à l’heure du coucher, les experts suggèrent d’être attentif à votre repos, de vous fixer des objectifs réalistes à l’heure du coucher et d’adopter de nouvelles habitudes pour améliorer l’hygiène du sommeil.Il ne faut pas non plus hésiter à programmer des activités de loisir, à faire du sport ou simplement à se donner du temps pour ne rien faire, plutôt que d’organiser un emploi du temps frénétique rempli de choses à faire sans avoir de temps pour soi. L’enjeu est de savoir si votre cerveau se vengera de vous le soir pour ne pas lui avoir laissé le temps de se détendre et de jouer.