ce qu’il faut savoir des référendums dans les zones occupées par la Russie


ALEXANDER ERMOCHENKO /, les habitants de plusieurs régions ukrainiennes sont invités à se prononcer pour ou contre l’annexion par la Russie. Un scrutin vide au niveau juridique.ALEXANDER ERMOCHENKO /, les habitants de plusieurs régions ukrainiennes sont invités à se prononcer pour ou contre l’annexion par la Russie. Un scrutin vide au niveau juridique.GUERRE EN UKRAINE – Mascarade et escalade. Depuis ce vendredi 23 septembre et jusqu’à mardi, les habitants de plusieurs zones d’Ukraine occupées par les troupes russes sont invités à se prononcer par référendum sur l’annexion par Moscou. Des scrutins sans aucune valeur aux yeux de la communauté internationale et qui sont organisés en dehors de tout fonctionnement démocratique, mais qui risquent d’avoir une influence sur l’évolution du conflit.En effet, c’est déjà de cette manière et déjà sans l’approbation du reste des dirigeants mondiaux que le Kremlin avait formalisé l’annexion de la Crimée en 2014. Signe qu’en dépit de leur vacuité juridique, ces votes ont un impact réel sur la vie de ceux à qui ils sont présentés, et sur l’intégrité du territoire ukrainien.

Un moyen de répondre à la contre-offensive ukrainienne

Depuis ce vendredi, certains habitants de quatre « oblasts » ukrainiens sont donc concernés par ces votes  : ceux qui vivent dans le Donbass dans les « Républiques » séparatistes de Donetsk et Lougansk (qui ont toutes deux proclamé leur indépendance avant le début de l’invasion, sans que celles-ci ne soient reconnues), et ceux des zones occupées dans les régions de Kherson et Zaporijjia, au sud du pays.Les premiers se verront poser la question de « l’intégration de la République à la Fédération de Russie » quand les seconds, eux, auront droit à une question plus complète  : « Êtes-vous en faveur de la sécession vis-à-vis de l’Ukraine, de la formation d’un État indépendant et de son intégration à la Fédération de Russie en tant que ’sujet’ de la Fédération ?/ Wikimedia Commons & Le HuffPost À partir de ce vendredi 23 septembre, des référendums d’annexion par la Russie sont organisés dans quatre zone d’Ukraine occupées par les troupes russes : dans les régions séparatistes de Lougansk et Donetsk à l’Est, et dans des secteurs des oblasts de Zaporijjia et Kherson sous domination des forces du Kremlin.Carte Sven Teschke / Wikimedia Commons & Le HuffPostÀ partir de ce vendredi 23 septembre, des référendums d’annexion par la Russie sont organisés dans quatre zone d’Ukraine occupées par les troupes russes  : dans les régions séparatistes de Lougansk et Donetsk à l’Est, et dans des secteurs des oblasts de Zaporijjia et Kherson sous domination des forces du Kremlin.Sauf que si le processus du référendum est en branle depuis de longs mois, les délais ont été considérablement accélérés face à l’avancée de la contre-offensive ukrainienne de la fin de l’été. En effet. Et donc pouvoir y répondre militairement. Vous ne pouvez visionner ce contenu car vous avez refusé les cookies associés aux contenus issus de tiers. Si vous souhaitez visionner ce contenu, vous pouvez modifier vos choix. C’est en ce sens que dans sa dernière allocution télévisée, Vladimir Poutine a laissé entendre qu’il n’hésiterait pas à avoir recours à l’arme nucléaire si la Russie était attaquée. Une menace répétée par Dmitri Medvedev, ancien président russe et représentant de Moscou à l’ONU.« Si toutes ces régions sont déclarées russes, alors Moscou pourra dire que chaque incursion est une attaque directe contre son intégrité territoriale et y répondre militairement sans aucune réserve », a prévenu à la télévision ukrainienne le gouverneur ukrainien de la région de Lougansk, Serhyi Haidai. Car au lieu de « l’opération spéciale » évoquée par Moscou depuis le début de l’invasion, le Kremlin parlerait alors de « guerre ».

Porte-à-porte et vote des « réfugiés »

C’est donc pour cela que les scrutins sont organisés par Moscou à partir de ce vendredi (7 heures du matin à Paris, 8 heures sur place) et jusqu’au mardi 27 septembre. Un vote qui ne se déroulera pas franchement comme une élection classique, ni démocratique. À Donetsk, l’instance électorale des séparatistes pro-russes a fait savoir que le scrutin se passerait essentiellement en porte-à-porte « par souci de sécurité », que les bureaux de vote n’ouvriraient que le mardi et qu’il n’y aurait que des bulletins en papier et aucun vote électronique. Et aucun observateur indépendant.De même, les autorités russes ont fait savoir, par le biais des agences de presse nationales, que des bureaux de vote seraient ouverts en Russie pour permettre aux « réfugiés » ayant fui l’Ukraine de pouvoir se prononcer. Une manière aussi de contrôler le résultat du scrutin qui promet d’être largement en faveur de l’annexion.En 2014, en Crimée. Et ce vendredi, les responsables pro-russes ne s’en cachent pas  : le vote accouchera d’un « oui » à l’annexion. « C’est un jour historique  : nous rentrons à la maison », a par exemple déclaré dans une vidéo partagée sur Telegram, Denis Pushilin, le dirigeant de la République autoproclamée de Donetsk.

Condamnation internationale

Une issue que n’envisage pas Volodymyr Zelensky, qui a profité de son allocution quotidienne, jeudi 22 septembre au soir, pour mettre en garde les habitants des quatre régions et les supplétifs de Moscou. En russe, il a déclaré  : « Des dizaines de milliers de blessés et d’estropiés. Vous en voulez plus ? Non ? Eh bien révoltez-vous. Ou battez-vous (contre Moscou, ndlr). Ou fuyez. Ou rendez-vous aux troupes ukrainiennes. Ce sont vos quatre seules options pour survivre. » Vous ne pouvez visionner ce contenu car vous avez refusé les cookies associés aux contenus issus de tiers. Si vous souhaitez visionner ce contenu, vous pouvez modifier vos choix. Ce bulletin de vote en ukrainien et en russe a été diffusé sur Telegram par Vladimir Rogov, qui fait partie des dirigeants séparatistes de la région de Zaporijjia. Il propose l’annexion de l’ensemble de l’oblast, alors même que Moscou n’en contrôle qu’une partie.Une manière aussi de répéter, comme l’ont déjà fait les Nations unies, le président américain Joe Biden ou le chef de l’État français Emmanuel Macron, que ces référendums sont illégaux, vides de sens juridique, tant au niveau ukrainien que pour le droit international. Au demeurant, même si la Chine a émis des réserves sur ces scrutins, cela ne devrait pas suffire à éviter la proclamation d’annexion russe dans les jours à venir.À voir également sur le HuffPost  : Vous ne pouvez visionner ce contenu car vous avez refusé les cookies associés aux contenus issus de tiers. Si vous souhaitez visionner ce contenu, vous pouvez modifier vos choix. Zelensky appelle les Russes à « protester » contre Poutine Guerre en Ukraine  : Sergueï Lavrov quitte la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU