pour retrouver la paix sociale, le bloc de droite doit proposer une politique de rupture


L’écologie a été au cœur des contestations sociales ces dernières années. Une des jacqueries les plus importantes en France depuis au moins 50 ans, le mouvement des Gilets jaunes, a été provoqué par la volonté du gouvernement de renforcer la taxe carbone. La révolte des agriculteurs a récemment mis en lumière le ras-le-bol généralisé induit par la multiplication des normes environnementales appliquées en France avec zèle.

En réalité, la question écologique est au cœur des bouleversements politiques que connaît notre pays car elle a attisé la colère au sein de la population et donc renforcé le vote contestataire, particulièrement dans la France périphérique. Pour cette raison, il est temps de proposer un programme de rupture pour réconcilier les Français avec la préservation de l’environnement. La suite après cette publicité

La question écologique est au cœur des bouleversements politiques

Le bloc de gauche s’est aligné depuis longtemps sur les positions du parti Les Écologistes : même si ses représentants s’en défendent, ils s’inscrivent clairement dans un projet de décroissance. Leur programme provoquera immanquablement une augmentation substantielle des prix de l’énergie, l’application de normes et d’interdictions drastiques et entraînera une baisse de la production industrielle et agricole. La suite après cette publicité

Le bloc central aurait pu choisir une voie différente, mais il s’est placé délibérément sous la tutelle du radicalisme écologique. S’il a su rectifier le tir sur la question du nucléaire, il a embrassé en réalité l’alarmisme écologique en soutenant le fameux Pacte Vert dont les objectifs de décarbonation sont totalement démesurés.Le Président de la République et le parti Renaissance se sont malheureusement alignés sur l’idéologie de Pascal Canfin, un politicien ayant fait ses classes au sein du parti vert. Le personnage qui fait preuve d’une énergie débordante pour renforcer toujours plus les contraintes écologiques a réussi à placer ses hommes au sein même de l’Élysée et c’est pourquoi, sur la question agricole notamment, l’action de l’État a été si controversée.

Seul le bloc de droite semble susceptible de rompre avec cette vision décroissante

Aujourd’hui, constatant la compromission du bloc centriste, seul le bloc de droite en cours de constitution semble susceptible de rompre avec cette vision écologique décroissante. D’un point de vue doctrinal, pour ne plus agir sous l’influence de l’idéologie verte, il devra se détacher pour de bon de l’alarmiste écologique. Le changement climatique actuel, contrairement à ce qui est répété sans cesse par les ONG environnementales, n’est pas forcément synonyme de catastrophe.Il est temps d’affirmer ce que tout le monde sait déjà : aucune action est susceptible d’influer significativement sur les évolutions climatiques des décennies et des siècles à venir et la seule politique rationnelle consiste à s’adapter aux nouvelles conditions de l’environnement. Il faut d’ailleurs rappeler que les mesures visant la neutralité carbone qui provoquent une augmentation importante des prix de l’énergie et conduisent à un contrôle de nos existences de plus en plus grand, n’ont aucune chance de produire des résultats.Les milliards déjà dépensés par l’Europe n’ont eu aucun effet sur les émissions mondiales de gaz à effet de serre et encore moins sur les concentrations de CO2 dans l’atmosphère. La suite après cette publicité

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Refuser de travailler sous la contrainte de l’alarmisme écologique est un préalable indispensable pour que l’État retrouve de la sérénité dans la conduite des affaires publiques. Ainsi, à l’échelle de l’Union européenne, la France devra remettre en cause le Pacte vert pour rétablir au plus vite le pacte social européen. Le projet de décarbonation ne doit pas forcément être abandonné, mais il est indispensable de reprogrammer sa réalisation pour qu’il se fasse à un rythme raisonnable.

Au niveau national, la volonté de sortir du récit de « l’urgence écologique » impliquera d’abord de supprimer le Conseil de Défense Écologique, le Haut Conseil pour le Climat et le Secrétaire Général de la Planification Écologique, trois instances “gadgets” qui n’ont jamais servi à rien et qui délivrent un message écologique si grandiloquent qu’il confine au ridicule. Ensuite, les responsables politiques devront « libérer » les politiques des transports, de l’énergie, de l’agriculture et du logement.

Dans ces différents domaines, les injonctions écologiques ont été si profondément intégrées que la performance économique est devenue totalement secondaire. La « raison écologique » a par exemple fait oublier que le but premier du secteur agricole est d’assurer la souveraineté alimentaire et de produire des denrées à des prix abordables et non d’être au service d’un projet irréaliste consistant à vouloir « sauver la planète ». Les domaines cités précédemment devront donc, d’une part, être libérés des normes européennes qui les enchâssent dans un cadre écologique étouffant et, le cas échéant, être exfiltrés du Ministère de l’Écologie.

Les secteurs des transports et du logement devront ainsi subir le même sort que celui de l’énergie. Pour s’assurer de la performance des actions entreprises dans ce domaine, le secteur de l’énergie a en effet été dans un premier temps émancipé de l’écologie avec la création d’un ministère de plein exercice et a ensuite été mis sous la tutelle du ministère de l’économie.

La transformation du ministère de l’écologie en un ministère de l’environnement

Enfin, la réorientation écologique doit conduire à la transformation du ministère de l’écologie en un ministère de l’environnement au périmètre réduit. Il s’agit de le faire revenir à son périmètre initial d’avant 2007.Depuis cette date, l’écologie a presque exclusivement été réduite à une lutte désespérée et inefficace contre le CO2. Tous les grands domaines des politiques de l’environnement, faute de moyens, ont malheureusement été négligés : lutte contre les déchets, le bruit, les pollutions de l’air et de l’eau, amélioration du cadre de vie, protection des paysages, etc.Cette administration resserrée et uniquement dévouée à ses domaines traditionnels retrouvera ainsi l’agilité qui lui permit, il y a quelques années, d’obtenir des résultats probants en matière de protection de l’environnement.

En refusant de se positionner dans le cadre dramatique de l’urgence, l’action de l’État retrouvera de la clarté, de l’efficacité et des marges de manœuvre budgétaires. Il s’agit sans équivoque d’un programme de rupture avec la politique menée depuis au moins 15 ans, mais celle-ci a malheureusement démontré son inefficacité et a favorisé des contestations sociales qui, par ailleurs, continueront d’enfler en cas de statu quo.Cette rupture dans laquelle doit s’inscrire le bloc de droite ne signifie pas un abandon de l’ambition environnementale. Elle constitue simplement un recentrage et une clarification de l’action publique. Elle permet aussi de renouer avec le réalisme politique et de répondre à la détresse économique et sociale de la France.