La révolution du packaging écologique pour les vins de Champagne


i jadis, à l’approche des fêtes, c’était plutôt la course à celui ou celle qui aurait le packaging le plus extraordinaire (le plus kitsch aussi, souvent), l’exemplarité et la sobriété semblent avoir gagné la partie.

Outre le contenant, qui s’est allégé passant de 900 à 835 grammes par bouteille (soit une réduction de 20 % de l’empreinte carbone), le packaging, les étuis subissent aussi une remise en question de la part des acteurs champenois, générateurs aussi de l’augmentation de l’empreinte carbone à l’échelle de la production champenoise.

Packaging…or not ?

Sur ce terrain, les maisons, suivies par les vignerons et les coopératives, font preuve d’initiatives. En tête, la maison Ruinart et son étui « seconde peau », nom donné pour sa capacité à épouser parfaitement les courbes de la bouteille, 100 % papier, 100 % recyclable, durable, neuf fois plus léger que les précédents coffrets, permettant selon la plus ancienne maison de champagne de réduire de 60 % l’empreinte carbone. Lancé en 2020, grâce à une équipe R&D conséquente et une enveloppe rondelette (environ 1 million d’euros), la généralisation de cette innovation multi-primée a été appliquée à l’ensemble de la gamme de la maison Ruinart.

cependant la conscience écologique gagne du terrain, sûrement. C’est le cas pour la coopérative Palmer, à Reims, dont la cuvée « Amazone », bouteille prestige de la maison est désormais habillée d’un étui « FibreForm », un papier malléable moins gourmand que le plastique à produire, recyclable et compostable de manière industrielle, mais qui permet surtout de réduire le poids de l’emballage de de 27% (bouteille incluse).

D’autres, comme la maison Telmont, du groupe Rémy Cointreau, (champagne préféré de Leonardo DiCaprio dont il est actionnaire), ont décidé de faire une croix sur l’emballage, habillant désormais les bouteilles d’un simple papier de soie. Dans les standards du luxe, plus un produit est beau … plus son écrin doit être luxueux …Mais ces gift boxes sont des non-sens environnementaux ! Au sein de la Maison Telmont, « les équipes élaborent des vins, pas des boites… », affirme celle que l’on surnomme volontiers la start-up du bio, en Champagne. Radical mais qui permet à Telmont de réduire de 8% les émissions de gaz à effet de serre pour chaque bouteille produite.

Enfin la maison Veuve Clicquot, plus connue pour son accessoirisation à outrance, semble avoir cédé face à la carte de la sobriété énergétique, en lançant début d’année 2023 un nouveau pack institutionnel composé de 50% de chanvre et de 50% de papier recyclé. En terres champenoises, c’est sûr, et de plus en plus, l’habit fera le moine.