Seine-et-Marne : le crash mortel de l’ULM laisse beaucoup de questions en suspens


Après le choc, les interrogations. Le crash soudain de l’ULM survenu samedi à 12h48 sur l’aérodrome de Meaux-Esbly alors qu’il venait de décoller et se trouvait à 60 m du sol pose questions. Le décès du pilote âgé de 33 ans et de son client âgé de 50 ans endeuille lourdement les proches des deux victimes et la société France ULM, prestataire du baptême de l’air que devait vivre le passager originaire de Torcy hier.Président du groupement des usagers de l’aérodrome de Meaux-Esbly qui regroupe l’ensemble des aéroclubs, Patrick Monbrun ne cache pas sa stupeur. « Je n’étais pas présent, mais je suis venu dès que j’ai su. Enrico, le pilote, était très expérimenté. Il avait sa licence de pilote professionnel et allait intégrer prochainement une compagnie aérienne. Il faisait régulièrement des baptêmes de l’air pour des clients. C’était un homme avenant, très sympathique. Je l’ai encore vu la semaine dernière. »Selon Patrick Monbrun, également président du Meaux Air Show, les conditions météo samedi étaient « idéales pour voler ». Le pilote a décollé sur une des pistes, face à l’ouest. Il est monté à 60 m et est redescendu brutalement pour s’écraser sur le sol. « Le principe de pilotage d’un ULM, c’est qu’il monte très vite le plus haut possible pour pouvoir ensuite planer en cas de panne de moteur. On ne comprend pas pourquoi il n’a pas plané ».

Une caméra GoPro filmait le vol

Un oiseau aurait-il pu se prendre dans l’engin ? « C’était un ULM pendulaire. Il plane. Si un oiseau se prend dedans, il continue de planer. D’ailleurs on a vu que l’aile est intègre… », répond Patrick Monbrun.L’enquête est menée conjointement par la brigade de recherches de Meaux, la brigade d’Esbly, la section de recherches et la brigade de gendarmerie du transport aérien de Roissy-Charles-de-Gaulle ainsi que par le bureau d’enquêtes et d’analyses (BEA) de la direction générale de l’aviation civile (DGAC).« Il n’y a pas 36 000 explications. Soit c’est un problème de structure, une barre quelconque qui se serait cassée. Il suffit qu’une pièce ait eu une fêlure durant un vol, deux vols, et on ne peut pas la voir… Soit c’est un problème humain et le pilote a fait un malaise. Personne ne peut croire à une erreur de pilotage car Enrico était beaucoup trop expérimenté pour cela », estime Patrick Monbrun.Il est confiant sur le résultat de l’enquête. « Une caméra GoPro filmait le vol et les échanges entre le pilote et la tour de contrôle sont enregistrés. On saura exactement ce qui s’est passé. »