Sodexo : Denis Machuel quittera la direction fin septembre malgré son bilan


Publié le 27 juil. 2021 à 20 :50« La crise a montré que même une entreprise de taille mondiale comme Sodexo peut bouger vite », confiait aux « Echos », Sophie Bellon, présidente du conseil d’administration, il y a un an. Probablement pas suffisamment vite néanmoins, puisque le géant mondial des services aux entreprises change de gouvernance.

La violence de la crise sanitaire qui a affecté tous les acteurs de ce secteur, aura eu raison de son directeur général, Denis Machuel  : il quittera son poste le 30 septembre prochain, même si le conseil d’administration salue son action qui a permis à l’entreprise de « traverser la période avec résilience ». Un cabinet de recrutement est mandaté pour trouver son successeur et à partir de cette date, Sophie Bellon exercera également par intérim la fonction de directrice générale.

Sodexo : Denis Machuel quittera la direction fin septembre malgré son bilan

Séisme culturel

autre activité prometteuse.Autant dire qu’il avait toutes les cartes en main pour affronter les transformations en vue.

« Sa vision s’inscrit dans la continuité du projet du fondateur de Sodexo, Pierre Bellon, pour s’assurer que croissance, intrapreneuriat et humanisme continuent de guider le futur de l’entreprise et de fédérer les collaborateurs », déclarait alors le groupe.

Feuille de route d’actualité

La feuille de route que s’était fixée Denis Machuel pour renouer avec une croissance rentable et durable, n’a d’ailleurs rien perdu de son actualité, avec quatre priorités  : le culte des clients et du consommateur, l’efficacité opérationnelle, les talents et la responsabilité d’entreprise. Et de fait, l’exercice 2019 affichait la plus forte croissance de la multinationale depuis sept ans, grâce notamment à l’accélération du virage digital.

Début juillet encore, Denis Machuel surprenait agréablement le marché en relevant les objectifs annuels de Sodexo, après une activité plus dynamique que prévu au troisième trimestre de son exercice décalé 2020-2021, soit entre mars et mai.

Culture paternaliste

apparaissant essentiels, soient revalorisés par la crise. Il n’avait pas hésité à diviser par deux sa rémunération et à abandonner son bonus annuel pour alimenter un programme de soutien aux salariés les plus vulnérables du groupe, dans les pays où l’Etat était moins présent.

Peut-être cet adepte de la méditation au quotidien n’a-t-il pas bousculé suffisamment ses équipes, souvent issues de la promotion interne donc manquant d’autres expériences, et prisonnières de procédures trop codifiées en période de tempête ?Dans un contexte de probable restructuration face au tsunami qu’a été le Covid pour certaines activités durablement percutées comme les cantines, la tâche sera peut-être plus facile à mener pour un dirigeant pour la première fois non issu du sérail.Mais nul doute que la culture familiale et paternaliste encore très forte qui irrigue Sodexo, toujours détenue à 42 % par le clan Bellon, devra également être prise en compte par le futur directeur général, pour que la greffe prenne.