Thierry Mariani  : « La région Paca est gagnable pour le RN »


Le feuilleton politique à rebondissements, qui se joue pour les élections régionales en région Paca, est loin d’avoir connu son épilogue. Annoncée il y a une semaine par Jean Castex lui-même, l’alliance entre Renaud Muselier, président sortant et candidat à sa réélection pour Les Républicains (LR), et le parti présidentiel (LREM) incarné localement par Sophie Cluzel, la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées, a vite volé en éclats et fait exploser la droite. « Il y aura une suite cette semaine, car Renaud Muselier et Christian Estrosi – qui a annoncé quitter le parti LR – sont prêts à tous les compromis.

Ils espèrent être sauvés par leur ralliement à En Marche », lâche Thierry Mariani.Invité dimanche du Grand Rendez-Vous. la tête de liste du RN en Provence-Alpes-Côte d’Azur assure qu’« en réalité, Renaud Muselier sera soutenu par La République en Marche. Pour les grands élus. mais les électeurs ont compris que voter Renaud Muselier, c’est voter pour En Marche.

Emmanuel Macron continue à faire exploser le parti de la droite que j’ai aimé. J’y suis resté 42 ans », rappelle l’ancien ministre des Transports sous la présidence de Nicolas Sarkozy.Interpellé sur l’entrée très remarquée en campagne, samedi, d’ Eric Dupond-Moretti à Lens, dans le Pas-de-Calais et ses propos tranchants sur Marine Le Pen, Thierry Mariani a répondu sans détour  : « Je préfèrerais que le ministre de la Justice croise le fer avec les voyous et ne soit pas à temps partiel pour nos concitoyens.

C’est une opération politique avec l’aval d’Emmanuel Macron ».

Priorité à la sécurité

Néanmoins confiant, le député européen estime que la région Paca « est gagnable » pour le RN. « Il y a une gauche qui a du mal à suivre et une droite qui n’a plus d’identité et se rallie à Macron.

J’ai toutes mes chances, je suis né et j’ai grandi dans cette région comme Renaud Muselier et nous avons le même âge, mais il a fait un autre choix politique que le mien. Il faut que les électeurs de droite veuillent faire un gros cadeau à Macron. »En 2015, Thierry Mariani affirmait pourtant que le vote Marine Le Pen était sans issue.

« Je pense qu’elle a changé et ne propose plus des phrases à l’emporte-pièce, mais de vraies solutions. Le RN veut montrer qu’il est devenu un parti de gouvernement », défend le candidat. « Nous sommes les plus en avance dans notre campagne et je ferai passer la sécurité avant ma communication personnelle.

Par exemple, chaque fois qu’une commune investira 1 euro pour sa sécurité, la région mettra 1 euro. »

« Un chaos sécuritaire »

En ligne avec la présidente du RN sur ce terrain, il soutient l’initiative des militaires qui s’apprêtent à publier une nouvelle tribune dans le magazine « Valeurs actuelles » après un premier texte polémique dénonçant le délitement de la France, paru fin avril. « Ne comptez pas sur moi pour dénigrer les militaires.

C’est le constat de la réalité. Certes, Emmanuel Macron est leur chef, mais ils commencent à douter de plus en plus de ses qualités. Les militaires ne sont pas les responsables de la politique qui nous amène à une sorte de chaos sécuritaire.

 » Thierry Mariani estime toutefois que les Français ont confiance en leur armée et que personne ne peut croire sérieusement à un coup d’Etat.