Toulouse. Pourquoi la ministre Agnès Pannier-Runacher était en visite dans la Ville rose  ?


Par Mélina Le Corre
Publié le

29 Avr 24 à 19:44
 

Toulouse. Pourquoi la ministre Agnès Pannier-Runacher était en visite dans la Ville rose  ?

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La ministre déléguée auprès du ministre de l’Agriculture, Agnès Pannier-Runacher, était présente à Toulouse, lundi 29 avril 2024, pour rencontrer les producteurs locaux et visiter l’usine Yéo. En plein contexte de crise, la ministre a dû répondre à de nombreuses questions, notamment sur la Loi Egalim (revenus des agriculteurs, marges de l’industrie, etc.), qui fait grincer les dents de certains agriculteurs.

Une association de producteurs

« On n’arrive pas être sur les marchés de la loi Egalim », lance un des producteurs présent, lors d’une visite du MIN (Marché d’intérêt national) à Toulouse, présentant une association de producteurs « produits sur son 31 ».« Ils ont créé cette association, car les coopératives ne le faisaient pas », glisse Mathieu, céréalier en Haute-Garonne et syndiqué aux Jeunes Agriculteurs 31. C’est en 2011 que les producteurs de Haute-Garonne ont décidé de créer cette association, aidés par la Chambre d’Agriculture, pour favoriser les circuits courts dans le département. « On cherche à valoriser notre production, aller jusqu’au bout de la transformation du produit et garantir sa traçabilité », expliquent les producteurs à la ministre déléguée. Leurs produits sont à destination de la restauration collective et des magasins fermiers. 

« Produits sur son 31 » est une association de producteurs en Haute-Garonne. (©MLC / Actu Toulouse)

« Il reste du travail »

La ministre, entourée d’élus, du président de la Chambre d’Agriculture, du préfet, mais aussi de producteurs, a donc découvert cette association après la visite de l’usine toulousaine. Mais elle était particulièrement attendue sur d’autres sujets, notamment sur la loi Egalim III.« La notion de local doit être inscrite dans la loi Egalim III », lance un producteur. La ministre déléguée l’assure, « il reste du travail », mais veut rappeler que « chacun doit balayer devant sa porte ». « Certains producteurs de fruits et légumes n’ont pas souhaité être intégrés à la loi Egalim », argue la ministre.Vidéos : en ce moment sur Actu

« On tourne en rond »

Mais pour Mathieu, des Jeunes Agriculteurs 31, le débat « tourne en rond ». « Il y a un mal-être profond, il faudrait que tout cela change plus rapidement », glisse le céréalier, qui regarde de loin le débat entre producteurs et élus. « Certains arrêtés ont changé quelques trucs, mais nous n’avons clairement pas eu assez de réunions et de retours ». Et le céréalier ne mâche pas ses mots. « La fluctuation des cours est gigantesque depuis le Covid et nos charges ne font qu’augmenter. Ça devient de plus en plus compliqué depuis un an et demi, on subit. » Avec les retards de paiements, le céréalier ne cache pas que les actions se poursuivront si besoin, notamment pendant les JO de Paris 2024.

Plus de contrôles 

Face aux réclamations des agriculteurs, la ministre veut souligner un des axes d’amélioration : les contrôles. Début 2024, en Occitanie, 403 établissements ont été contrôlés pour vérifier l’origine des produits. En Haute-Garonne, 52 établissements du département ont été contrôlés (marché, supérette, grandes et moyennes surfaces, commerces de détail).Ces contrôles ont donné lieu à neuf avertissements, quatre mesures administratives et sept procès-verbaux-pénaux. 23 établissements concernant les fruits et légumes ont également été contrôlés, « globalement, le taux de non-conformité est de 40% », assure la préfecture. Sur la question de la francisation de certains produits, « le président de la République veut une force douanière commune », répond la ministre déléguée au ministère de l’Agriculture. 

La ministre Agnès Pannier-Runacher était présente à Toulouse pour rencontrer les producteurs locaux. (©MLC / Actu Toulouse)

« Nous avons pleinement conscience de cette crise »

Et sur le mal-être des agriculteurs, la ministre assure avoir « pleinement conscience de cette crise ». « Deux éléments profonds la nourrissent : le dérèglement climatique et l’impact violent sur le rendement et le revenu, qui ne va pas changer la semaine prochaine. Mais aussi, l’impact de la guerre en Ukraine et Poutine qui a fait de l’agriculture et de l’énergie des armes de guerre ».« Il ne faut pas se tromper de combat, lance la ministre. Ces deux éléments, on ne les règle pas aussi vite. Mais de nouvelles mesures ont été annoncées par le Premier ministre, notamment sur la trésorerie ». Et dans les prochains jours, le plan eco-phytosanitaire devrait être annoncé, mais pour la ministre, ces points de sorties ne veulent pas dire que « la crise s’arrête ».Suivez toute l’actualité de vos villes et médias favoris en vous inscrivant à Mon Actu.