Tour de France 2021 : Tadej Pogacar, Primoz Roglic, Richard Carapaz et les autres : Les favoris passés au crible


Pays : SlovénieEquipe : UAE EmiratesAge :: VainqueurTour de FranceMadiot : « Pinot est très déçu, pour lui, pour l’équipe »06/07/2013 À 19 :19Le Tour et luiCoup d’essai, coup de maître. l’an dernier, Tadej Pogacar a sidéré tout le monde non seulement par son talent mais aussi sa faculté à tenir la distance sur trois semaines. Jusqu’à ce coup d’éclat final. lorsqu’il a pris le maillot jaune à la veille de l’arrivée, lors du chrono, de la Planche des Belles Filles. A 21 ans, il est devenu le plus jeune vainqueur du Tour depuis 1904.Sa saisonProlifique. Visiblement, le jeune Slovène a bien digéré son extravagante victoire sur le Tour. Il a gardé le cap, que ce soit sur les courses par étapes (victoire sur le Tour des Emirats et Tirreno-Adriatico) ou les courses d’un jour, avec en point d’orgue son succès sur Liège-Bastogne-Liège. Le Tour et un Monument dans la musette à 22 ans, ce garçon n’est pas commun.La stat : 8Alors que le mois de juin n’est pas encore terminée, Tadej Pogacar a déjà épinglé huit victoires à son compteur 2021 : Liège-Bastogne-Liège, le Tour des Emirats (+ une étape), Tirreno-Adriatico (+ une étape), le Tour de Slovénie (+ une étape), ainsi qu’un étape du Tour du Pays basque. A titre de comparaison, sur l’ensemble de l’année 2020, le Slovène avait signé neuf succès. Il est donc probable qu’il améliore ce score cette saison. Dès le Tour de France ?La grande question : S’il est à son meilleur niveau, peut-il être battu ?Quand il est dans un grand jour, et cela semble tout de même arriver de plus en plus souvent, Pogacar n’a probablement pas d’équivalent actuellement dans le peloton. Sur trois semaines de Tour, beaucoup d’aléas peuvent entrer en ligne de compte, d’un pépin de santé à une chute en passant par des soucis mécaniques au pire moment.Mais à la régulière. Grimper, rouler, il sait tout faire. Il est plutôt bien entouré et ces derniers mois ont prouvé qu’il avait digéré l’énormité de sa performance du Tour 2020. Reste une interrogation : l’an passé, il avait pu avancer relativement masqué, sans jamais supporter le poids de la course ni celui du maillot jaune. S’il devait cette fois prendre le pouvoir plus tôt, saura-t-il tenir le choc ? Tout incite à répondre oui, mais c’est une des rares inconnues qui subsiste le concernant. Tadej Pogacar.Crédit:

PRIMOZ ROGLIC

Pays : SlovénieEquipe : Jumbo-VismaÂge :: 2eLe Tour et luiIl a une revanche à prendre, un compte à régler. En septembre dernier, au moment de conclure après un tour archi-dominé par ses équipiers de la Jumbo-Visma, Roglic avait craqué dans le chrono de la Planche des Belles Filles, laissant le maillot jaune à Tadej Pogacar la veille de l’arrivée. Deuxième du classement final, il signait tout de même son meilleur résultat et son premier podium sur le Tour. Mais cet épisode restera une cicatrice à vie dans la carrière du Slovène, qui a su néanmoins passer vite à autre chose en remportant Liège-Bastogne-Liège puis la Vuelta, un mois et demi plus tard.Sa saisonCourte mais fructueuse. Il a gardé sa place de n°1 mondial avec seulement 17 jours de course, laps de temps suffisant pour engranger cinq succès. Aux trois étapes de Paris-Nice (dont il a perdu la victoire finale en chutant lors de la dernière étape), il faut ajouter le contre-la-montre du Tour du Pays Basque ainsi que le général de l’épreuve espagnole à l’aide d’un renversement spectaculaire, le dernier jour, qui fit les frais de Brandon McNulty, leader de circonstance de Tadej Pogacar. Il a ensuite disputé les Ardennaises. Et c’est tout. Victime d’un incident mécanique sur l’Amstel Gold Race, il a été coiffé sur le fil par Alaphilippe sur la Flèche Wallonne, une course qu’il découvrait (2e), avant de décevoir sur Liège-Bastogne-Liège (13e).La stat : 62Soit le nombre de jours qui se seront écoulés entre sa dernière course, le 25 avril à Liège, et le départ du Tour, le 26 juin. Roglic a opté pour une approche du Tour inédite en zappant les habituelles courses de préparation que constituent le Dauphiné ou le Tour de Suisse. A la place, il a préféré se préparer à l’abri des regards et en altitude, en Sierra Nevada puis à Tignes.La grande question : Son équipe est-elle aussi forte que l’an dernier. Mais plus qu’un éventuel manque de rythme, la véritable interrogation concernerait plutôt son équipe. Impériale l’an passé, elle dégage une impression de solidité moindre avant le grand départ.Tom Dumoulin n’est plus là. Steven Kruijswijk, absent l’an dernier, est cette fois présent mais sa prestation sur le Dauphiné pose un peu question (15e), tout comme Sepp Kuss, qui a complètement explosé lors de la dernière étape, et Jonas Vingegaard, 2e aux Gets au terme d’une échappée mais loin du compte lors des deux précédentes étapes alpines. Wout van Aert, monstrueux ce printemps, sera-t-il à son niveau de l’an dernier en montagne ? Comme Roglic, on ne l’a plus vu depuis avril hormis le championnat de Belgique, où il s’est imposé dimanche dernier.Pogacar-Roglic : deux préparations différentes en vue du Tour de France

RICHARD CARAPAZ

Pays : ÉquateurEquipe : INEOS Grenadiers Âge :: 13eLe Tour et luiIl va disputer son premier Tour dans la peau d’un leader, dix mois après l’avoir découvert en multipliant les coups d’éclat dans les Alpes, sans récompense d’une victoire d’étape (2e à la Loze puis à la Roche-sur-Foron, où il a laissé gagner son coéquipier Michal Kwiatkowski) ni du maillot à pois (2e). Ses références en grand tour, l’Équatorien les a plutôt sur la Vuelta (2e l’an dernier à 24” de Roglic) et le Giro (victoire en 2020). L’objectif du général sur le Tour est donc pour lui une nouvelle contrée à explorer.Sa saisonTimide puis convaincante. Carapaz a repris la compétition en douceur sur le Tour de Catalogne (19e) puis le Tour du Pays Basque (21e) avant de découvrir les Ardennaises, ponctuées par une 28e place sur l’Amstel, une 9e place sur la Flèche et une disqualification sur la Doyenne pour avoir utilisé la position Mohoric. Il n’a ensuite disputé qu’une course, le Tour de Suisse début juin, qu’il a remporté avec la manière et une étape à la clé. Il semble fin prêt pour le Tour.La stat : 0Aucune de ses onze victoires en carrière n’a été remportée sur le sol français. Il en compte en Espagne, en Italie et en Suisse. Mais pas dans l’Hexagone. Parmi nos 10 grands favoris sur ce Tour, Carapaz est le seul dans ce cas avec Enric Mas, qui possède néanmoins un palmarès beaucoup moins fourni (5 victoires).La grande question : Quelle sera sa liberté au sein de l’armada d’INEOS Grenadiers ?La nouvelle manière de courir de l’équipe britannique, bien plus tournée vers l’offensive que par le passé, sied davantage au style de Carapaz, qui avait gagné son Giro sur une longue chevauchée alors qu’il évoluait chez Movistar. Mais qu’en sera-t-il si jamais Geraint Thomas ou Richie Porte, les autres leaders de sa formation, parvenaient à prendre le maillot jaune rapidement grâce au chrono placé en première semaine ? Carapaz sera-t-il alors libre d’attaquer en montagne ou devra-t-il se brider et se mettre au service du Britannique ou de l’Australien ?Carapaz : « Ce qu’on veut, c’est gagner le Tour »

GERAINT THOMAS

Pays : Grande-BretagneEquipe : INEOS GrenadiersAge :: AbsentLe Tour et luiLongtemps, Geraint Thomas venait sur le Tour pour être dans l’ombre. Présent dans les équipes Sky qui ont aidé à faire triompher Chris Froome. 22e cette année-là puis 15e les deux suivantes, le Gallois a véritablement décollé en 2017.Maillot jaune pendant quatre jours après son succès sur le chrono inaugural, il était deuxième du général derrière Froome quand une chute l’a contraint à l’abandon sur la 9e étape. Revenu en 2018, il était cette fois le plus fort pour son premier et unique triomphe sur un grand tour à ce jour. Encore deuxième en 2019 derrière Bernal, Thomas n’était pas là en 2020. Sa saisonParmi les candidats au podium, personne n’a plus couru que Geraint Thomas en 2021. Présent depuis l’Etoile de Bessèges et jusqu’au Dauphiné, le Gallois a accumulé 36 jours de course. De quoi monter en puissance. 24e de Tirreno en mars, il était le troisième INEOS sur le podium en Catalogne avant de remporter le Tour de Romandie et d’encore monter sur le podium du Dauphiné (3e). La stat. En 2018, quand il a gagné, et en 2019 quand il a été le dauphin d’Egan Bernal.La grande question : Est-il capable de lutter avec en montagne avec les meilleurs ?Rouleur-grimpeur par excellence, Geraint Thomas va se régaler sur les deux chronos du Tour de France 2021. Il pourrait bien être, avec Primoz Roglic et Richie Porte. Mais si le Tour pourrait prendre une autre tournure grâce aux deux contre-la-montre, il se gagnera toujours en montagne.Cette saison, et alors qu’il n’a pas croisé la route de Primoz Roglic et une seule fois celle de Tadej Pogacar (sur Tirreno-Adriatico), Thomas n’est jamais apparu aérien quand la route s’élevait. Sur le dernier Dauphiné, des coureurs comme Ben O’Connor et David Gaudu l’ont battu à la régulière. Pas rassurant alors que le niveau sera tout autre sur le Tour de France.Geraint ThomasCrédit:

MIGUEL ANGEL LOPEZ

Pays : ColombieEquipe : MovistarAge :: 6e (+ 1 étape)Le Tour et luiIl a tardé à venir sur la Grande Boucle mais sa découverte l’an dernier a bien failli se transformer en coup de maître. Aérien dans les Alpes, vainqueur au déjà mythique sommet du col de la Loze, Miguel Angel Lopez était parti pour accrocher le podium avant le chrono de la Planche des Belles Filles. Il était même plus près du maillot jaune que de la 4e place. Mais le Colombien s’est complètement écroulé (6 minutes de perdues sur Pogacar). Une journée sans qui ne doit pas effacer un premier Tour prometteur.Sa saisonIl aura fallu attendre la fin avril pour le voir courir. Blessé après sa lourde chute sur le chrono inaugural du Giro l’an passé, Miguel Angel Lopez n’a retrouvé la compétition qu’au Tour de Romandie. En manque de rythme alors, il a enchaîné les courses depuis, avec des victoires au Tour d’Andalousie (+ 1 étape) et au Mont Ventoux Dénivelé Challenge. Surtout, il a montré une constante progression, symbolisé par un excellent Critérium du Dauphiné (6e), où il a notamment pris la 3e place au sommet de La Plagne. La stat : 8Lorsque Miguel Angel Lopez va au bout d’un Grand Tour, il est toujours dans le top 10 du classement général. Mieux, le Colombien a toujours fini dans les huit premiers de l’épreuve, son pire résultat restant sa 8e place sur la Vuelta 2018, à l’occasion de son premier Grand Tour terminé. Et il avait glané deux étapes au passage.La grande question : Combien de temps perdra-t-il dans les chronos ?Formidable grimpeur, peut-être le meilleur du monde lorsqu’il est en forme, Miguel Angel Lopez est capable de battre tout le monde en montagne. On l’avait d’ailleurs vu l’an passé au Col de la Loze, où il avait battu Pogacar et Roglic à la pédale. Mais si le Colombien n’a jamais réussi à confirmer ses podiums du Giro et de la Vuelta en 2018, c’est en grande partie en raison de ses lacunes dans l’exercice solitaire. Ou de son irrégularité, pour être plus exact. Car il est capable de sortir de très bons chronos, comme il l’avait prouvé sur la Vuelta 2019 (14e, devant Benjamin Thomas ou Wilco Keldermann), mais aussi des performances désastreuses.Malheureusement pour lui, c’est ce second aspect qu’il avait démontré l’an passé sur le Tour, à l’occasion d’un contre-la-montre pourtant plus favorable aux grimpeurs qu’habituellement. Sur un parcours comme celui de cette année, avec deux chronos aussi plats et roulants, Miguel Angel Lopez ne pourra pas se permettre des ratés pareils. La montagne ne lui suffira pas pour compenser de tels débours. Il faudra qu’il limite la casse dans des proportions raisonnables, à l’image de ce qu’il a réussi sur le Tour de Romandie (50″ concédées sur Thomas) ou au Dauphiné (30″ sur Keldermann). Même si, cette fois, les chronos seront deux fois plus longs.Miguel Angel Lopez (Movistar)Crédit: Imago

RIGOBERTO URAN

Pays : ColombieEquipe : EF Education NippoAge :: 8eLe Tour et luiC’est désormais un vieil habitué de la Grande Boucle. Rigoberto Uran est devenu un coureur majeur du Tour, répondant toujours présent en juillet. Sa 2e place en 2017, où il a longtemps semblé en mesure de battre Chris Froome, a été le tournant de son rapport avec la grande messe de juillet. Même s’il n’a jamais totalement confirmé son podium, étant plus en retrait ces deux dernières années (7e et 8e).Sa saisonElle a complètement changé d’envergure en une grosse trentaine de minutes, le 12 juin dernier. Le temps pour le Colombien d’écraser le chrono montagneux du Tour de Suisse devant plusieurs de ses adversaires de juillet. Cette victoire, sa première depuis trois ans, ainsi que sa 2e place au classement général final ont complètement effacé un début de saison en retrait, que ce soit à Bessèges (37e) et ou en Catalogne (52e). Mais il arrive en forme au meilleur des moments.La stat : 0Rigoberto Uran est monté à l’occasion du Tour de Suisse sur la 10e podium de sa carrière sur une course par étapes. Il avait déjà réussi ça sur Tirreno-Adriatico, le Tour de Catalogne (son premier, décroché en 2008), le Giro (deux fois) ou encore le Tour de France. Pourtant, le Colombien, qui n’est pas un coureur qui gagne souvent, n’a encore jamais remporté la moindre course par étapes de sa carrière.La grande question : Va-t-on retrouver l’Uran de 2017 ?En remportant le chrono du Tour de Suisse avant de prendre la 2e place finale, Rigoberto Uran a frappé un grand coup. Il a rappelé à tous qu’il restait un des meilleurs coureurs sur les épreuves par étapes. Même si une semaine n’en est pas trois, le Colombien a démontré sur celle-ci un niveau proche de celui-ci de 2017, lorsqu’il était monté sur le podium du Tour. Mais, pour retrouver celui-ci, il faudra être impérial tous les jours. Et c’est là que le bât blesse.S’il est réputé pour sa régularité, Rigoberto Uran a pris depuis trois ans la mauvaise habitude de toujours être victime d’un jour sans sur le Tour : tombé sur les pavés de Roubaix en 2018, pris dans les bordures vers Albi en 2019, il explose dans le col de la Loze l’an passé alors qu’il était troisième du général. Face à la concurrence qui lui est exposée dans la course au général, le Colombien ne pourra pas se permettre un trou d’air. S’il parvient à l’éviter, alors attention à lui.Rigoberto UranCrédit:

RICHIE PORTE

Pays : AustralieEquipe : INEOS GrenadiersAge :: 3eLe Tour et luiAlors qu’il n’a manqué aucune des dix dernières éditions, son histoire avec la Grande Boucle a longtemps été un running-gag. Impressionnant comme équipier, il n’a cessé de décevoir en tant que leader, la faute à un festival de chutes et de malchance. Mais Richie Porte a enfin réussi à dompter tous les éléments l’an passé, pour accrocher son premier podium sur le Tour alors qu’on ne l’attendait plus.Sa saisonElle frôle la perfection. Alors qu’elle avait commencé de la pire des façons après son abandon – sur chute évidemment – sur Paris-Nice. Surtout, Richie Porte vient de remporter un Critérium du Dauphiné qu’il aura dominé de la tête des épaules en montagne. De quoi aborder le Tour de la meilleure des manières.La stat : 3Si l’on excepte son succès sur le Tour Down Under, sans doute la course par étapes la moins réputée de la catégorie et la plus singulière par son placement dans le calendrier, la victoire de Richie Porte au Critérium du Dauphiné aura mis fin à trois ans sans succès au classement général d’une épreuve WT. Il fallait remonter à juin 2018 et sa victoire sur le Tour de Suisse pour voir l’Australien remporter une course par étapes du plus haut niveau.La grande question : Le chrono de Laval est-elle l’étape la plus importante de son Tour ?Avec Geraint Thomas, Tao Geoghegan Hart et surtout Richard Carapaz alignés aux côtés de Richie Porte, la formation INEOS Grenadiers a misé sur la quantité aussi bien que sur la qualité au niveau des leaders. Mais qui dit profusion de leaders dit forcément hiérarchie à établir en course, au fil des évènements. Premier gros rendez-vous pour les candidats au podium, le chrono a tout du rendez-vous à ne pas manquer pour l’Australien.Si l’Equatorien a tout de la carte majeure de la formation britannique, il est aussi le moins bon rouleur des quatre. Il est probable qu’il perde du temps sur le chrono mayennais. Mais s’il venait à être repoussé à plus d’une minute trente d’un Richie Porte, INEOS Grenadiers pourra-t-elle continuer à maintenir 100% de sa confiance dans le vainqueur du Giro 2019 ? Vu la forme de Porte dernièrement, il est peu probable. Et l’Australien a tout intérêt à ne pas manquer l’occasion.Richie Porte – DauphinéCrédit: Imago

ENRIC MAS

Pays : EspagneEquipe : MovistarAge :: 5eLe Tour et luiIl avait découvert la Grande Boucle en lieutenant de luxe de Julian Alaphilippe lors de l’épopée en jaune du Français en 2019 (22e) mais c’est véritablement l’an passé qu’Enric Mas a fait ses débuts sur le Tour de France. Alors unique leader de la Movistar, l’Espagnol était peu à peu monté en régime, sans faire de bruit, pour se retrouver parmi les meilleurs grimpeurs en dernière semaine. Auteur d’un énorme chrono (9e) à la Planche des Belles Filles, il avait accroché un top 5 qui semblait impossible après les Pyrénées. Loin du compte en début de saison, il a retrouvé un peu de confiance sur le Tour de la Communauté de Valence (3e du général + 1 étape), malgré un chrono final calamiteux. Transparent sur les classiques ardennaises, il a avant tout travaillé pour Lopez sur le Critérium du Dauphiné et le Mont Ventoux Dénivelé Challenge, restant en second rideau (11e et 3e).La stat : 5Il s’agit de son meilleur résultat en World Tour cette saison, acquis à Sapey-en-Chartreuse à l’occasion de la 6e étape du Critérium du Dauphiné. Une 5e place réalisée sur une étape de moyenne montagne donc, dans un sprint à vingt coureurs. Symbole d’un début de saison décevant pour le Majorquin.La grande question : Quel rôle pour Mas dans la hiérarchie Movistar ?En plaçant tous ses leaders sur le Tour de France, de Valverde à Mas en passant par Lopez ou Soler, la Movistar s’est offert une armada capable de rivaliser avec la Jumbo-Visma ou les INEOS Grenadiers. Mais aussi un joli casse-tête car il va falloir parfaitement définir les rôles de chacun. Si Valverde et Soler viennent sans ambition pour le général, ce n’est pas le cas d’Enric Mas. Très vite leader unique l’an passé. Comme depuis le début de la saison.En 2021, Mas a travaillé pour Valverde et pour Lopez mais il n’a jamais eu sa chance. La faute évidemment à un manque de jambes en début de saison mais l’Espagnol n’aborde pas ce Tour dans les meilleures conditions. Reste que lorsqu’il brille en Grand Tour, il finit souvent devant Lopez (Tour 2020, Vuelta 2018) et, sur le papier, c’est le meilleur rouleur des deux. Mais il ne serait pas surprenant de voir la Movistar ne pas trancher avant le départ et jouer les deux cartes. Un choix risqué mais qui, bien joué, pourrait se révéler payant.Enric Mas (Movistar).Crédit:

DAVID GAUDU

Pays : FranceEquipe : Groupama-FDJAge :: Abandon (16e étape)Le Tour et luiCe n’est pas encore l’amour fou et pourtant le Breton et la Grande Boucle ont tout pour s’entendre. Arrivé sur la pointe des pieds en 2018, David Gaudu avait logiquement souffert, à 22 ans seulement, non sans prendre une belle 9e place dans le groupe des favoris au Grand-Bornand quand Alaphilippe s’était imposé en échappée.Il a été brillant en 2019 dans un rôle d’équipier de Thibaut Pinot, on l’avait notamment vu faire mal aux leaders dans le Tourmalet avant que son coéquipier ne conclut le travail par une superbe victoire. L’abandon de Pinot lors de la 19e étape avait été un crève-cœur pour lui et le duo, à terre dès le premier jour en 2020 à Nice, n’avait pas pu prendre sa revanche.Sa saisonQue dire à part qu’elle est excellente ? Vainqueur dès son quatrième jour de course de la Faun-Ardèche Classic, Gaudu a fait le plein de confiance. Malchanceux sur Paris-Nice, il s’est repris sur le Tour du Pays Basque où il s’est permis d’attaquer Roglic et Pogacar en montagne. Vainqueur le dernier jour, il a pris la 5e place du général final avant de faire 7e de la Flèche Wallonne et surtout 3e de Liège-Bastogne-Liège. Plus en retrait sur le Dauphiné, il s’est quand même montré à l’aise en montagne lors du dernier week-end.La grande question : Doit-il vraiment viser le classement général ?L’envie est grande de faire de David Gaudu le « nouveau Thibaut Pinot ». C’est injuste pour ce dernier qui est loin d’avoir pris sa retraite et probablement pas le meilleur service à rendre à David Gaudu qui, à 24 ans, grandit encore. Propulsé leader de la Groupama-FDJ sur la dernière Vuelta, le grimpeur s’en était tiré avec deux victoires d’étapes et une huitième place au général.De quoi lui donner des idées pour ce Tour de France ? Sans doute mais un, il était moins attendu sur la Vuelta et deux surtout, sa huitième place tient plus à ses succès en échappée qu’à une véritable bagarre à la pédale. Aussi, attendre de lui qu’il termine dans le top 10 du Tour 2021 est peut-être un peu présomptueux. Il découvre le rôle de leader sur le Tour et les deux chronos vont l’embêter. On l’imagine plutôt en électron libre en montagne.Valentin Madouas : « David (Gaudu) va encore nous surprendre ! »

WILCO KELDERMAN

Pays : Pays-BasEquipe : Bora-HansgroheÂge :: AbsentLe Tour et luiIl ne lui a jamais souri. le Néerlandais s’est classé 79e en 2015, 32e en 2016 puis a jeté l’éponge en 2019, non-partant de la 16e étape pour un mal de dos alors qu’il occupait la 59e place du général. Pas le moindre top 5 d’étape, non plus, à se mettre sous la dent. Des trois grands tours, la Grande Boucle est donc clairement sa « bête noire » puisqu’il compte par ailleurs un podium sur le Giro (3e en 2020, 7e en 2014) et 3 top 10 sur la Vuelta (4e en 2017, 10e en 2018, 7e en 2019).Sa saisonTrès solide. Passé de Sunweb à Bora-Hansgrohe cet hiver, Kelderman est resté sur la dynamique de son premier podium en grand tour (3e), signé en octobre dernier sur un Giro où il aura porté le maillot rose jusqu’à la veille de l’arrivée. Hormis son abandon sur chute sur le Tour du Pays Basque, il a répondu présent sur les trois courses par étapes qu’il a disputées, 5e en Catalogne, 10e en Romandie, et 4e du Dauphiné (son meilleur résultat dans l’épreuve, comme en 2014). Sur le Critérium, il a fait forte impression sur le chrono (4e, devant Porte et Thomas) et a échoué au pied du podium au général pour seulement 4 secondes.La stat : 6Soit le nombre d’années écoulées depuis sa dernière victoire. C’était sur les championnats des Pays-Bas de contre-la-montre, le 24 juin 2015. Kelderman n’a jamais gagné au niveau World Tour et ne compte que quatre succès chez les pros, trois chronos et le général du Tour du Danemark. Il n’a jamais remporté d’épreuve en ligne ni d’étape. Son vrai truc, ce sont les classements généraux. Où il joue donc très souvent placé, mais (quasi) jamais gagnant.La grande question : A-t-il les épaules pour confirmer son podium du dernier Giro ?Cette Grande Boucle est pour lui l’occasion de démontrer que sa 3e place sur le grand tour italien était moins due à une prétendue faible concurrence qu’à une vraie progression personnelle. Les signaux envoyés depuis le début de saison, et surtout sur le Dauphiné, tendent à pencher vers la 2e hypothèse. Mais rien ne remplace la vérité du Tour.Wilco Kelderman lors du Giro 2020.Crédit:

JULIAN ALAPHILIPPE

Pays : FranceEquipe : Deceuninck-Quick StepÂge :: 36e (1 victoire d’étape, 3 jours en jaune)Le Tour et luiUne romance qui dure et qui ne déçoit jamais. le tout jeune Alaphilippe avait été battu lors de la 2e étape du Tour 2016 par Sagan qui allait se parer du paletot de leader à Cherbourg. La suite ? Une absence sur blessure en 2017 puis trois vraies réussites de 2018 à 2020.D’abord, deux étapes, au Grand-Bornand puis à Bagnères-de-Luchon, et le maillot à pois en 2018. Son Tour 2019, Alaphilippe le démarre parfaitement en glanant la 3e étape à Montigny. Maillot jaune sur le dos, le Français l’emporte contre-la-montre à Pau puis tient jusqu’à l’avant-veille de l’arrivée et termine 5e. En 2020, il a coché la deuxième étape ? Il l’emporte et se mue en leader de la course, une nouvelle fois. Elle n’est pas ratée, pour sûr. Vainqueur, une nouvelle fois, de la Flèche Wallonne mais aussi d’une étape de Tirreno-Adriatico, le coureur de Deceuninck-Quick Step a pour autant manqué ses gros objectifs.Deuxième des Strade Bianche, 16e de Milan-Sanremo et 42e du Tour des Flandres, Alaphilippe aurait pu donner une autre couleur à son printemps si Tadej Pogacar ne l’avait pas devancé sur la ligne à Liège-Bastogne-Liège.La grande question : Alaphilippe peut-il battre Van Aert et van der Poel ?On le sait, le premier weekend du Tour de France 2021 est promis aux puncheurs. Certains y ont vu un cadeau des organisateurs au champion du monde français. Ce serait oublier bien vite, et Christian Prudhomme, le patron du Tour, l’a rappelé que d’autres ont le profil pour s’imposer à Landerneau puis à Mûr-de-Bretagne. On pense évidemment à Wout Van Aert et Mathieu van der Poel.Le Français a indéniablement les qualités pour régler ses adversaires dès samedi mais aussi dimanche sur un profil qui l’avantagera sans doute par rapport à MVDP notamment. Reste que le Belge et le Néerlandais ressemblent à des bêtes noires pour le Français qui n’a gagné qu’une fois quand le trio était au départ d’une course, sur Tirreno cette année. A Landerneau, il lui faudra faire la différence tôt dans la Côte de la Fosse-aux-Loups, sans quoi la pointe de vitesse de ses adversaires pourrait faire la différence alors que la pente s’adoucit à mesure que s’approche la ligne d’arrivée.Alaphilippe : « L’objectif numéro un ? Lever les bras avec ce maillot »

ET AUSSI.

Cote * : Nairo Quintana, Tao Geoghegan Hart, Michael Woods, Vincenzo Nibali, Bauke Mollema, Alejandro Valverde, Emanuel Buchmann, Esteban Chaves, Simon Yates, Guillaume Martin, Jakob Fuglsang.Tour de FranceTweeTour : Froome,/07/2013 À 18 :40Tour de FranceContador : « Les sensations n’étaient pas bonnes »06/07/2013 À 19 :16