Pourquoi les véhicules partagés et la multimodalité rencontrent un succès grandissant


Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics pointent du doigt les émissions de gaz à effet de serre et l’encombrement des villes générés par l’utilisation des véhicules personnels. L’Europe a ainsi introduit des normes d’émissions de plus en plus strictes qui fixent les limites maximales de rejets polluants pour les véhicules roulants neufs. Selon la norme Euro, les véhicules peuvent subir une restriction voire une interdiction de circuler dans certaines zones.

Plusieurs villes européennes ont déjà appliqué ces restrictions de circulation. À Bruxelles, par exemple, les scooters thermiques seront interdits dans toute la zone à faibles émissions dès le 1er janvier 2025, à l’exception de ceux à essence de la norme Euro 5, qui pourront circuler jusqu’en 2028.Pourtant, malgré cette quête d’une neutralité carbone, les Européens ont toujours besoin de se déplacer.

Pourquoi les véhicules partagés et la multimodalité rencontrent un succès grandissant

Les acteurs de la mobilité doivent proposer aux citoyens des alternatives fiables et efficaces.

De nouveaux usages de la mobilité

Le durcissement des exigences environnementales, corrélé à la révolution numérique, conduit à une profonde mutation des modes de déplacements. La mobilité des personnes change de modèle économique, désormais fondé sur une consommation collaborative des véhicules.

Un modèle favorisé par les jeunes générations, adeptes des applications qui facilitent les déplacements partagés. Aujourd’hui, posséder une voiture est vite perçu comme contraignant : assurance, coûts de réparation, coûts du stationnement, question de la revente du véhicule… Par ailleurs, le prix des véhicules bondit avec leur électrification, obligeant les plus jeunes à multiplier les astuces pour se passer d’un véhicule personnel.Ces contraintes conduisent les personnes en quête de mobilité à réfléchir à deux fois avant de passer à l’acte d’achat.

Pourtant, les Européens se déplacent toujours plus et ont de plus en plus besoin de flexibilité. Pour satisfaire ces nouveaux besoins, des services innovants viennent s’ajouter aux modes de transports existants. La mobilité devient multimodale.

Il ne faut cependant pas faire fi de la sécurité, et, face à l’augmentation du nombre de deux-roues, motorisés ou non, il est urgent de réguler et légiférer pour renforcer la sécurité de chacun sur la route. Les scooters électriques sont une des meilleures alternatives envisageables puisqu’ils sont assurés, immatriculés et nécessitent un permis et le port d’un casque pour pouvoir être conduits.Parmi les alternatives envisagées, la mobilité partagée gagne en popularité.

À Bruxelles, par exemple, la location quotidienne de vélos électriques partagés en free floating a bondi de 538 % entre mai 2021 et mai 2022. La location de trottinettes électriques a, quant à elle, augmenté de plus de 704 % sur la même période (*). En réduisant le nombre de véhicules particuliers, ce système permet de répondre aux problématiques environnementales.

L’apanage des grandes villes

Au-delà de la question environnementale, un véhicule en autopartage permet un coût à l’usage nettement inférieur pour ceux qui utilisent leur véhicule occasionnellement, tout en apportant une très grande flexibilité d’usage.La mobilité partagée répond également aux problèmes d’infrastructures de bornes de recharges électriques. Bien que la fin des véhicules thermiques soit programmée, les bornes de recharge sont encore en nombre insuffisant, et la répartition territoriale très déséquilibrée.

La mobilité partagée est cependant une alternative qui reste l’apanage des grandes villes, dans lesquelles il est plus aisé de se passer de sa voiture grâce aux solutions alternatives, souvent nombreuses (transports en commun, pistes cyclables, mobilités douces…). Or, les besoins de mobilité sont plus importants dans les zones les moins denses. Pour réduire de manière efficace l’empreinte carbone liée à la mobilité, le déploiement des infrastructures doit être à la hauteur des efforts demandés aux usagers, et pas seulement dans les centres urbains.

Pour répondre à l’urgence climatique tout en satisfaisant les besoins en mobilité des Européens, les collectivités doivent adapter les écosystèmes urbains, et les opérateurs préparer, dès à présent, les offres de service de demain.Quoi qu’il en soit, la mobilité partagée et durable est définitivement la voie vers un avenir plus serein et plus responsable sur les routes. Le nombre d’utilisateurs augmente de jour en jour : un phénomène fascinant à observer et très encourageant pour la suite ! (*) Observatoire GoodMove.