Vincent Lagaf' ("SOS garage") : "J'ai l'impression de faire de la vraie télé-réalité sur RMC Découverte"


Dans « SOS garage », assiste-t-on à un show de Vincent Lagaf’ ?Ce n’est ni le lieu ni l’endroit pour faire « Bip bip » (dans « Le Bigdil », ndlr), « C’est plus », « C’est moins » (comme dans « Le juste prix » au moment de l’estimation du coût de la vitrine, ndlr). Là, les mecs ont vraiment autre chose en tête. On ne va pas voir Vincent Lagaf’, on va voir Vincent. C’est vrai que l’on peut se dire que Vincent Lagaf’ est un déconneur, un clown, un électron libre, une tête brûlée, un casse-cou. Oui, je suis tout ça mais je suis aussi le mec qui prend un café au petit déjeuner, comme tout le monde, qui prend le temps de discuter avec son fils. J’ai une vie tout à fait normale, et dans cette vie normale, je suis aussi très calme, posé, réfléchi. Là, on va avoir un Vincent Lagaf’ plus humain que déconneur. J’ai passé 35 ans de ma vie à faire le pitre et là, j’avais la possibilité de faire autre chose. Les premiers retours que j’ai sont plutôt encourageants dans le sens où les gens me découvrent et me disent : « On ne te savait pas comme ça ».

Les garages ne sont en général pas des lieux télégéniques. Avez-vous cherché à les rendre plus attrayants à l’antenne ?Non, on n’est pas dans le paraître. J’ai vraiment l’impression de faire de la vraie télé-réalité. Ce ne sont pas des beaux gosses musclés avec des filles entièrement refaites qui passent trois semaines dans une villa de rêve, dans une région de rêve. Ce n’est pas la réalité, ça c’est du voyeurisme. Moi ce que je propose avec RMC, c’est de montrer réellement la détresse des gens. Un garagiste (dans l’émission tournée à Chambéry, ndlr) a par exemple tout perdu : sa maison, sa femme, son gamin. Le mec dort dans son garage qui n’est pas chauffé. Il a un filet d’eau froide. Il vit depuis trois ans dans un garage où il n’a pas le temps de faire le ménage. Quand on rentre là-dedans, on se dit : « Putain, mais comment il fait pour ne pas se pendre ? ». Pendant les cinq jours que l’on passe avec eux, on voit vraiment petit à petit le regard changer, la petite étincelle renaître. On sent que les mecs sont heureux de ce que l’on a fait pour eux et qu’ils ont envie de nous renvoyer l’ascenseur et de se donner à fond.

Vincent Lagaf' (

Quatre numéros ont été commandés. D’autres sont-ils en projet ?Vous savez la télévision, ça a changé. Ce n’est plus l’époque où on en commandait 150 d’un coup. Donc là, il y en a quatre et comme je l’ai dit moi-même, attendons de voir un peu ce que donnent les résultats. Il sera toujours temps d’en resigner ou pas.

L’audience n’est donc plus une source de stress pour vous ?Je ne veux pas paraître prétentieux mais j’ai eu la chance d’avoir des employeurs qui m’ont fait confiance avec des budgets dépassant la moyenne. J’ai eu des équipes de pas loin de 300 personnes. Là, on était cinq copains à partir tourner. Il n’y a rien de stressant. Je ne joue pas ma carrière, je joue les prolongations, moi, en ce moment.