Vingt ans après, comment est enseigné le 11-Septembre à l'école ?


Le 11 septembre 2001, plusieurs attentats frappaient les États-Unis, faisant près de 3000 morts et bouleversant le monde entier. En réponse, le président américain George W. Bush adoptait la doctrine de « guerre préventive contre le terrorisme ». Le mois suivant, il envahissait l’Afghanistan et, deux ans plus tard, l’Irak de Saddam Hussein, pays considéré comme membre de « l’axe du mal ».Aujourd’hui, le 11-Septembre est devenu un événement historique – d’ailleurs parfois désigné comme la date de début du XXIe siècle – présent dans les programmes scolaires, les manuels et enseigné à l’école dès le collège.

• Dans quelles classes est-il enseigné?

Il est le plus souvent abordé en fin d’année professeur d’histoire-géographie en collège et co-responsable du groupe histoire-géographie au Snes le 11-Septembre est ainsi présenté comme un « point de passage et d’ouverture » professeur d’histoire-géographie dans un lycée à Strasbourg et secrétaire fédéral chargé des politiques éducatives au Sgen-CFDT.Le 11-Septembre peut également être abordé dans le cadre de la spécialité histoire, géographie, géopolitique et science politique (HGGSP) en terminale, notamment dans le deuxième thème intitulé « Faire la guerre, faire la paix : formes de conflits et modes de résolution ». Et plus particulièrement lorsqu’il s’agit d’étudier les « guerres asymétriques ».À d’autres niveauxL’événement peut aussi être évoqué à d’autres niveaux ou d’autres moments de la scolarité, sans être pour autant formellement inscrit dans les programmes. « On peut par exemple en parler lorsqu’on travaille sur l’éducation aux médias et à l’information, paticulièrement quand on évoque les théories du complot », poursuit Amélie Hart.

Vingt ans après, comment est enseigné le 11-Septembre à l'école ?

• Depuis quand est-ce le cas?

Les enseignants sont unanimes: le 11-Septembre est abordé quasiment depuis le 11 septembre 2001. »Le lendemain, c’était mon tout premier jour de cours en tant qu’enseignante », témoigne Amélie Hart. J’avais acheté tous les journaux possibles pour avoir de la matière et répondre aux questions des élèves. »L’événement a très vite été intégré aux cours d’histoire-géographie, quels que soient leurs intitulés, dans le cadre des relations internationales ou de l’histoire des États-Unis.

• Quelles sont les réactions des élèves?

Si la génération actuelle de collégiens et de lycéens est née après le 11-Septembre, cet événement leur demeure plus ou moins familier. Certes, le 11-Septembre fait l’objet de nombreuses allusions dans la culture populaire, avec des évocations dans les médias fréquentes, sans compter les commémorations. Mais pour certains, « cet événement qui s’est produit avant leur naissance serait même à leurs yeux aussi lointain que la Seconde Guerre mondiale ou la Guerre froide », estime Amélie Hart. »Ils me disent: ‘Ah oui, l’histoire avec les tours’, ou ‘ah oui, les avions’, rapporte Amélie Hart. Ils l’associent avec des terroristes, mais plutôt avec l’État islamique. Ils mélangent un peu tout. » »Ils débarquent beaucoup », abonde Pascal Kittel. « Ça fait écho mais quand on les interroge, ils ont beaucoup de mal à l’intégrer dans une chronologie, un ensemble plus vaste comme la modification de la politique étrangère américaine ou même dans un système d’idées. »Avec cet éloignement, le 11-Septembre suscite aussi beaucoup moins de réactions émotives que par le passé. Ce serait même devenu un sujet « froid » alors que les premières années, ça pouvait être « un peu chaud », se rappelle Amélie Hart. »Ils pouvaient rapporter de temps en temps des théories du complot, il fallait se préparer à des provocations d’ados et être prêt à répondre. Ce n’est plus le cas, du moins sur ce sujet. Pour eux, c’est de la préhistoire. »Pascal Kittel remarque d’ailleurs que de son côté, il n’aborde plus le sujet de la même façon « ni avec le même affect » qu’il y a vingt ans. « Je me souviens de la minute de silence en classe, c’était lourd. » Aujourd’hui, il dit avoir « plus de distance » avec l’événement.Article original publié sur BFMTV.com