En voie de guérison, le médecin Jean-Paul Hamon raconte son coronavirus : Coronavirus : ces patients bretons en voie d...


Comment vous portez-vous aujourd’hui ?Je ne suis pas en super forme, mais ça va. J’ai eu de la chance, je n’ai pas fait une forme sévère du Covid-19. Je réussis à peu près à faire mes consultations normalement, il faut dire que l’on travaille entre le tiers et la moitié de notre activité habituelle.

Je reçois essentiellement au cabinet, je fais quelques téléconsultations. S’ajoute aussi un temps important de secrétariat, puisque nos secrétaires restent chez elles.Quand avez-vous eu les premiers symptômes ?Ils ont débuté le dimanche 15 mars.

En voie de guérison, le médecin Jean-Paul Hamon raconte son coronavirus : Coronavirus : ces patients bretons en voie d...

C’était tout à fait banal, comme une grippette, j’avais un peu de frissons, un petit 38 °C. Ça a duré deux jours et puis je croyais que j’étais tranquille. Mais j’ai senti une grosse fatigue, entre le 4e et 7e jour.

 Puis, entre le 9e et le 11e jour, j’ai eu des poussées de fièvre qui m’ont fait transpirer dans la nuit, jusqu’à tremper mon lit, m’obligeant à dormir sur des serviettes de bain. Je changeais deux fois de t-shirt, ils étaient à tordre…

« J’ai pris de la chloroquine et de l’azithromycine pendant deux jours et demi et puis j’ai arrêté, je ne supportais pas les nausées. »

Un diabétique, dont je ne me suis pas méfié, car je ne pensais pas qu’il était fébrile.

Je me suis assis à côté de lui pour l’examiner et il m’a toussé dessus. Mes masques datant de 2005 étaient restés dans ma sacoche… J’aurais dû en mettre un en arrivant. Ça peut aussi venir d’autres patients que j’ai vu quelques jours avant…Avez-vous songé à appeler le Samu pour être hospitalisé ?Non, je n’ai eu aucun signe respiratoire, donc aucune raison d’être hospitalisé ou de passer un scanner.

Pourquoi avoir décidé de reprendre le travail au bout de 15 jours ?Je me sentais mieux et dans mon cabinet, on est cinq médecins. Il y en a un autre qui a été contaminé et un remplaçant qui vient de l’être. Il fallait quand même assurer la permanence.

Vu le faible niveau de consultations, c’était possible de revenir travailler. Mais de temps en temps, je ferais bien une petite sieste dans l’après-midi  ! N’avez-vous pas peur d’être encore contagieux ?Je prends des précautions et les patients le voient bien. Je travaille avec un masque chirurgical pour ne pas les contaminer.

Avant et après chaque consultation, je me nettoie les mains au gel hydroalcoolique.Dites-vous à vos patients que vous avez été contaminé ?Ils le savent  ! Je ne sais pas qui en France n’est pas au courant que j’ai été contaminé. Je pense qu’il y a eu assez de pub de faite.

Mes patients me demandent plutôt de mes nouvelles.Que pensez-vous du comportement de certaines personnes guéries, mais peut-être encore contagieuses, qui prendraient moins de précautions ?Ce n’est pas raisonnable. J’entends déjà parler de déconfinement alors que le pic épidémique n’est pas encore passé, donc il faut être prudent.

Il est nécessaire d’avoir suffisamment de masques pour équiper les Français afin que le déconfinement ne soit pas l’occasion d’une nouvelle flambée. Il y a des personnes qui n’ont pas été contaminées du tout, il faut donc faire attention.Selon vous, les personnes qui sont tombées malades, notamment de formes graves, garderont-elles des séquelles ?C’est l’inquiétude.

On n’en sait encore rien. C’est une pathologie que l’on découvre et on a vu qu’il ne fallait pas trop jouer à Madame Soleil. On va le découvrir au fur et à mesure de la distance que l’on aura par rapport à la maladie.