Législatives 2024  : un débat poli mais pas sans piquant pour les candidats de la circonscription de Morlaix


C’est parti vite, dans ce débat d’entre-deux tours organisé par Tébéo ce mardi 2 juillet 2024, entre les trois candidats qualifiés dans la circonscription de Morlaix. Quasi d’emblée, Sylvaine Vulpiani (arrivée en tête avec 30,92 %) dégaine : « Je suis ravie d’être ici et de vous rencontrer, M. Bihouee.

Je peux enfin mettre un visage sur un nom. » Une attaque à peine voilée sur le fait que le candidat RN, Tony Bihouee (25,86 %), est absent sur le terrain pendant cette campagne.Les candidats du second tour dans la quatrième circonscription du Finistère avant le débat sur Tebeo.

(Le Télégramme/Monique Kéromnès)

LFI et les « deux ans de bordélisation de l’Assemblée »

Pas de quoi déstabiliser l’intéressé, qui se dit « surpris mais enthousiaste » d’être au second tour. Et de décocher une flèche à son tour, en qualifiant le Nouveau Front populaire « d’extrême gauche ». Directement, Sylvaine Vulpiani répond : « Monsieur ne me connaît pas.

Comment peut-on cataloguer le PS et Génération. s, mon parti, d’extrême ? Je rappelle qu’une décision de justice a bien qualifié le RN d’extrême droite. Mais LFI n’a pas cette appellation d’extrême gauche.

 »Sylvaine Vulpiani est la candidate pour le Nouveau Front populaire dans la quatrième circonscription du Finistère. (Le Télégramme/Monique Kéromnès)Sandrine Le Feur, députée sortante (arrivée deuxième avec 30,63 % des voix) saisit l’occasion et dénonce « les deux ans de bordélisation de l’Assemblée nationale, à cause des députés LFI. Et j’ai vu les socialistes et les communistes applaudir ce genre de comportement des deux mains  !  »

« Nous ne sommes pas sans cœur »

Sur le pouvoir d’achat, Tony Bihouee ne prend pas de risque et décline les propositions du RN.

Elles doivent « répondre aux fins de mois difficiles ». À la question du coût, il rétorque « choix politique ». « On mettra fin à l’aide médicale d’État.

C’est l’argent des Français, il doit être redistribué aux Français. » Glissant au passage que le RN n’est pas « sans cœur ». « Il n’y a pas de racistes et de xénophobes chez nous.

 » Même s’il y a des « brebis galeuses ». Sur ses tweets injurieux, révélés par Mediapart, il redit : « Mes propos peuvent heurter la sensibilité de certains. Je répondais sur des faits [la mort de Nahel, NDLR].

Les gens en ont assez des leçons de morale de footballeurs, de gens qui gagnent bien leur vie et qui, parfois, ne vivent pas en France. C’est hallucinant  !  » Sylvaine Vulpiani – qui tout au long du débat insiste sur les sujets qu’elle veut défendre – ne laisse pas passer. « Choquée », elle interroge Tony Bihouee sur ses propos sur les femmes.

Il ne répond pas, pour ne « pas jeter de l’huile sur le feu ».Sandrine Le Feur est la candidate de la majorité présidentielle Ensemble dans la quatrième circonscription du Finistère. (Le Télégramme/Monique Kéromnès)

« Des gens dans ce pays ne mangent pas à leur faim »

La candidate du Nouveau Front populaire rappelle que le programme de la gauche « est le seul à avoir été chiffré ».

Sandrine Le Feur, qui a l’expérience de l’Hémicycle pour elle et une certaine assurance face aux caméras, énumère l’ensemble des mesures votées par son groupe pour le pouvoir d’achat. Tout en étant réaliste : « Nous n’avons pas de baguette magique, on doit composer avec ce déficit » mais « vu ce qu’on a traversé, avec le Covid et la guerre en Ukraine, je considère qu’on a protégé les Français. » De quoi faire bondir Sylvaine Vulpiani : « Des gens, dans ce pays, ne mangent pas à leur faim  !  »« Avec vous, c’est toujours compliqué, vous dites tout et son contraire en même temps, vous mentez systématiquement », lâche le candidat RN à l’adresse de Sandrine Le Feur au sujet de l’énergie et du nucléaire.

« Et moi, je ne comprends pas comment vous vous positionnez », rétorque la députée.Tony Bihouee est le candidat Rassemblement national dans la quatrième circonscription du Finistère. (Le Télégramme/Monique Kéromnès)

Sermeta et Hemarina dans le débat

Le Rebond industriel, financement refusé aux entreprises Sermeta et Hemarina, s’est invité dans le débat.

« Nous demandons des explications  !  », lance Sylvaine Vulpiani. Réponse du tac au tac de l’intéressée : « J’ai vu le ministre. Les dossiers avancent dans le bon sens.

Je n’ai pas attendu les envolées lyriques pour me mettre au travail. »Tous les trois finiront sur l’agriculture. Un sujet de prédilection pour Sandrine Le Feur.

Elle n’a pas manqué de rappeler son rôle dans la loi d’orientation agricole. Mais ça a aussi été l’occasion d’un échange étonnant au cours duquel le candidat RN explique que « l’immigration n’est pas un problème si c’est pour venir travailler ». De quoi surprendre l’engagée associative Sylvaine Vulpiani : « Mais savez-vous que c’est le cas de la plupart des gens qui viennent en France ? Je suis heureuse de vous entendre dire cela  !  »Tous les trois auraient pu continuer longtemps.

Mais les 26 minutes sont passées. C’est désormais aux électeurs de se faire une opinion. Et de choisir, le 7 juillet.

Rendez-vous

Le débat sera diffusé sur Tébéo ce mercredi 3 (00 h 15, 8 h 45, 13 h, 19 h 30 et 23 h), ce jeudi 4 (7 h 15 et 13 h 30) et ce vendredi 5 (8 h, 12 h 30 et 18 h 45). Et sur le site internet, tebeo.bzh