«Notre système de santé est bon», mais «il faut le reconstruire», déclare le ministre François Braun


Invité du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI, le ministre a énuméré toutes les difficultés auxquelles fait face la France en matière sanitaire.Les chantiers sont nombreux. Invité sur le plateau du Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI ce dimanche, le ministre de la Santé, François Braun, a énuméré les difficultés auxquelles la France fait face en matière sanitaire. Le membre du gouvernement l’a toutefois assuré  : «Le système est bon, la base est bonne, maintenant il faut reconstruire.»Manque de bras, pénurie de médicaments, épidémies. depuis des années, le système de santé français montre de plus en plus ses limites. «Le diagnostic, malheureusement, nous le connaissons», a d’ailleurs affirmé François Braun, devant le témoignage d’une soignante évoquant le manque grandissant de personnel. «Il est temps d’être sur des solutions», a-t-il poursuivi. Le ministre, arrivé à ce poste au mois de juillet, veut donc «donner aux soignants une date, une estimation». «Je veux leur dire dans six mois, ça va aller mieux, parce qu’on va vous redonner du temps, on va vous redonner du sens à votre métier. François Braun n’est «pas contre» une augmentation du tarif conventionnéPour ce faire, François Braun ne souhaite pas tout remettre en question. Au contraire, «c’est un bon système de santé sur sa structuration, sur la façon dont il est construit avec la sécurité sociale qui est un bien extrêmement précieux». Mais les problèmes sont conséquents, et celui des soignants ne sera pas «réglé demain en cinq minutes». «Il va falloir du temps.»Le ministre a donc pris les problématiques une par une. Pour les déserts médicaux, François Braun continue de plaider pour une année supplémentaire ajoutée au cursus des étudiants en médecine, les obligeant à exercer dans les territoires concernés. Et ce malgré la réticente des étudiants. Dès 2023, le membre du gouvernement veut également «mettre fin à ce système délirant de l’intérim en médecine avec des intérimaires qui font la loi».

«Responsabilité collective»

Concernant l’épidémie de bronchiolite qui touche les très jeunes enfants, les données «montrent un infléchissement depuis une semaine». Il ne faut pas pour autant «se réjouir trop vite», car cela peut être «un effet des dernières vacances scolaires». Mais le plan blanc déclenché doit continuer de permettre de «faire travailler tout le monde ensemble» pour répondre à cette crise. Le ministre s’est également défendu de tout «tri» des enfants, assurant que cette notion «a une connotation extrêmement négative». «Ça veut dire qu’on choisit qui va être soigné ou pas. Ce n’est pas du tout le cas dans le langage médical. François Braun a reconnu «des tensions» sur les stocks. «Nous avons remobilisé l’ensemble du secteur», a-t-il fait savoir, sans pouvoir pour autant prédire un retour à la normale précis. Ce sera «dans les semaines et mois qui viennent, s’est-il contenté de préciser. Les chaînes de production tournent à plein régime, on ne peut pas aller plus vite. s’agissant de la grippe, dont les indicateurs montrent que l’épidémie s’installe dans le pays notamment par la Bretagne, celle-ci promet d’être «virulente». «Il faut donc se protéger. Que ce soit la grippe ou que ce soit le Covid, on est dans la même situation  : les gestes barrières et la vaccination.»Mais le système de santé déjà affaibli pourra-t-il faire face une nouvelle épidémie hivernale ? «Si tout le monde y met du sien», a répondu François Braun, appelant plus que jamais «les personnes les plus fragiles» à se faire vacciner, alors que le Covid continue lui aussi de tuer, «toujours, tous les jours en France». Le ministre a donc appelé à la «responsabilité collective». Car selon lui, «nous devons tous nous retrousser les manches  : les soignants, l’État, les élus et les soignés», pour pallier ce système «en difficultés». un retour à la normale «dans les semaines et mois qui viennent», selon François Braun