La crise du Covid-19 a eu raison de nos gestes écologiques


Une livraison Amazon à Manchester (Angleterre), le 19 octobre 2020, en pleine épidémie de Covid-19

La crise du Covid-19 a eu raison de nos gestes écologiques

elle qui luttait ardemment contre l’incitation à la consommation Comme elle, beaucoup de Français à la conscience verte ou engagés pour l’écologie ont été contraints de changer leurs habitudes de consommation, renonçant à certaines de leurs valeurs, consciemment ou pas. En témoignent les ventes d’Amazon, qui ont augmenté de l’ordre de 40 à 50% pendant le 2e confinement selon le directeur général de la marketplace, ainsi que les ventes de produits sur Internet qui ont, elles, augmenté de 32% en 2020 d’après les chiffres de la Fédération d’e-commerce et de vente à distance (Fevad), publiés en février dernier.

Une livraison Amazon à Manchester (Angleterre), le 19 octobre 2020, en pleine épidémie de Covid-19

Le Covid-19 empêche de se projeter 

.”, fustige-t-elle. 

Les livraisons alimentaires, en vogue 

génèrent un taux de déchets “alarmant pour la planète”, dénonce Juliette Franquet. En 2019, plus de 200 millions de repas ont été livrés, générant plus de 600 millions d’emballages à usage unique qui ont terminé dans nos poubelles, selon les chiffres du ministère de la Transition écologique. Un marché en progression constante de 20% par an. “Et la crise sanitaire ne fait que renforcer cette tendance”, poursuit le ministère.  “J’ai commencé à me faire livrer mes courses, tout sous emballages pendant le deuxième confinement alors que j’évitais de le faire à tout prix auparavant”, reprend Marie. Avant la crise du Covid-19, elle privilégiait les circuits courts en “se rendant chez le primeur et en achetant des légumes de saison”. De son côté, Julie, 28 ans, réalise plusieurs fois par semaine des commandes sur la plateforme Uber Eats, pour un montant hebdomadaire de l’ordre de 100 euros, à savoir trois fois plus qu’avant le Covid-19. Pourtant, cette éducatrice canin est végan, c’est-à-dire qu’elle ne consomme aucun produit issu de l’exploitation animale et connaît l’importance de l’écologie. En réalité, cette jeune Parisienne doute que “boycotter” individuellement un service de livraison “ait une vraie influence sur l’environnement.” 

Mieux vaut un scooter qui livre trois familles que trois familles qui prennent la voiture pour aller au restaurantFrédéric Ghersi, chercheur du CNRS

Pas sûr, en effet, que se faire livrer ses plats modifie significativement l’impact environnemental de l’alimentation, décrypte au HuffPost Frédéric Ghersi, chercheur du CNRS au Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired). “Tout dépend de ce à quoi cela vient se substituer”, nuance-t-il. Est-ce que se faire livrer génère plus de déchets qu’aller dans un restaurant? “Cela varie selon la livraison et le restaurant en question”, répond le chercheur.  Quant aux trajets liés aux livraisons Ubereats et Deliveroo –  réalisés en vélo ou à scooter- , qui peuvent générer des émissions de CO2, ils doivent, eux aussi, être mis en balance avec ce qu’ils remplacent, poursuit Frédéric Ghersi. “Mieux vaut un scooter qui livre trois familles que trois familles qui prennent la voiture pour aller au restaurant.” Et d’ajouter : “Si ça ne remplace rien mais qu’il s’agit de consommation de plus, réalisée par oisiveté et facilité, alors oui, il y a un problème écologique.”  

Nouveaux déchets et retour du plastique 

les associations écologiques s’inquiètent de l’apparition de nouveaux déchets avec le Covid-19, et du retour du plastique. “C’est le retour du tout jetable”, pointe notamment Juliette Franquet, de Zéro Waste France. Entre décembre 2019 et décembre 2020, le Syctom (syndicat mixte central de traitement des ordures ménagères)  a constaté en région parisienne une hausse de 29% des déchets issus du tri sélectif, qu’il attribue à cette modification des pratiques de consommation.  Sami, Parisien de 27 ans qui fait “très attention à la planète”, l’a constaté dans son quotidien : “Le nombre de masques jetables que j’utilise tous les jours, ainsi que les paquets de mouchoirs, les emballages, les gants, les gels hydroalcooliques, les lingettes, etc. Produire tous ces déchets pour me protéger du Covid-19 me pose un véritable problème éthique mais je n’ai pas vraiment le choix”. Une chose est sûre pour lui : ces gestes “pas très écolos” illustrent le fossé entre ses “actions” et son “inquiétude pour l’état du monde” à l’heure du Covid-19. 

“Partir loin et vite”

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