« Je suis le meilleur joueur des deux) » dit Tsitsipas...


Jusqu’à 6-3, 3-3 en sa faveur lors du match de poule en forme de quart virtuel des ATP Finals contre Andrey Rublev, Stefanos Tsitsipas ne réalisait pas le match de l’année, vendredi soir. Mais il était encore en situation de se voir en demi-finale d’une compétition qu’il avait remportée en 2019 et pourquoi pas, de finir l’année n°2 mondial.

Mais rien ne s’est ensuite passé comme prévu. Onze jeux plus tard, dont neuf pour Rublev, Tsitsipas avait encore du mal à comprendre comment il avait pu perdre le fil, au point de proposer une lecture assez personnelle du match à une question sur son service (seulement 16 points remportés sur 29 lors de ce set).

« J’ai bien servi » a entamé Tsitsipas dans les sous-sols du Pala Alpitour de Turin. « J’ai touché les bonnes zones. (Rublev) est un bon relanceur, il ne faut pas lui enlever. Il a mis beaucoup de retours dedans. »

Mais cette réponse en forme de compliment a dégénéré dans une rare expression de sentiment de supériorité. « J’ai essayé de varier à la fin du set. Je ne me sentais pas menacé mais je voulais tester de nouvelles choses pour le perturber, car les jeux étaient longs. Mais je dois reconnaître que la balle sortait bien de sa raquette. »

Il s’est imposé avec les quelques outils à sa disposition. Il a su en tirer le meilleur profit aujourd’hui.

Stefanos Tsitsipas

« C’est dommage » a enchaîné Tsitsipas. « Je me considère (I feel like, ndlr) comme un meilleur joueur. J’aurais pu faire plus de choses avec la balle aujourd’hui. J’aurais pu être plus créatif – inutile de le préciser, c’était assez évident. Mais voilà, il s’est imposé avec les quelques outils à sa disposition. Il a su en tirer le meilleur profit aujourd’hui ». 

« Meilleur joueur », « quelques outils à sa disposition… » Comme il sait parfois le faire quand il a un micro sous le nez, Tsitsipas a pris ses distances avec le politiquement correct habituellement en vigueur dans les conférences de presse d’après ou d’avant-match, et ses moult mentions aux « tough opponents » et autres « great players ».

Rublev se fait répéter et traduire la question

Andrey Rublev, c’est peu de le dire, ne s’attendait pas à cela. Quand nous lui avons demandé ce qu’il pensait de cette lecture du match et de leur rivalité, il a fait répéter plusieurs fois la question, traduite en russe par nos confrères. avant de comprendre avec son plus beau sourire qu’il ne pouvait ne pas répondre.

Son revers n’est pas meilleur que le mien. Son coup droit n’est pas meilleur que le mien.

Andrey Rublev

S’il reconnaît que « ce qui fait que (Tsitsipas) est à l’évidence un meilleur joueur, c’est qu’il est mieux classé (3e contre 7e avant le tournoi, 3e contre 5e sur leur meilleur classement.

Mais Rublev est calé en tennis et il a apporté quelques contre-arguments. « Si on liste chaque coup, je pense que son revers n’est pas meilleur que le mien. Son coup droit n’est pas meilleur que le mien. Son service ne va pas plus vite. Il se déplace plus rapidement oui. Mais coup par coup… »

// Panoramic

« Je ne sais pas si j’ai ‘quelques outils’ ou pas. Je ne pense pas l’avoir battu avec ‘quelques outils’. Chacun de nos matches sont de grosses bagarres. Le précédent match (Astana, 4-6, 6-4, 6-3), il l’a gagné en trois sets. Aujourd’hui, je gagne en trois sets. Il m’a démoli en finale de Monte-Carlo (2021, ndlr), mais c’est l’exception. »

Tsitsipas mène 6-5 dans son face à face avec Rublev, 6-6 en incluant leur seul match en Challenger, 5-5 en excluant le Masters Next Gen joué avec des sets de quatre jeux gagnants.

Dans le détail, il y a 2-1 cette année, 1-1 en Grand Chelem, 2-0 Tsitsipas en Masters 1000, 1-1 aux ATP Finals, 1-1 en finale. Vivement le prochain Tsitsipas – Rublev.

Vous pourriez aussi aimer