Retraites, chômage : "Plus on a de Français qui travaillent, plus on peut financer des progrès sociaux", pour Gabriel...


Le paquet de cigarettes va passer à 11 euros, ce qui est bon pour le budget de la Sécurité sociale, mais peut-être moins pour les buralistes…Je suis aussi le ministre des buralistes, qui sont soumis à une réglementation très stricte et n’en jouent pas moins un rôle essentiel dans l’économie locale et le dynamisme des territoires. C’est un réseau qui s’est considérablement transformé en se diversifiant. Le ministère de la santé a effectivement annoncé une augmentation du tabac, qui est en fait une mesure de rattrapage de l’inflation, afin que le prix relatif du paquet de cigarettes ne baisse pas par rapport aux autres produits de consommation courante. Ce n’est pas une mesure budgétaire. On a eu ces dernières années 2 millions de Français qui ont arrêté de fumer, en grande partie du fait de l’augmentation du prix du tabac.

Clairement, le tabac coûte deux fois plus à la Sécurité sociale qu’il ne rapporte en taxes.

La prise en charge des cancers liés au tabac, c’est 26 milliards d’euros par an pour 14 millions d’euros de recettes en taxes.

Vous souhaitez équilibrer les comptes de la Sécurité sociale en retardant l’âge de la retraite. Vous avez déclaré que plus le taux d’emploi des Français augmente, plus les recettes sociales augmentent. Mais des études montrent que garder les plus de 60 ans parmi les actifs a un coût très élevé. Un grand nombre de Français se retrouvent au chômage en fin de carrière ou en longue maladie…

Le cœur de la stratégie, c’est effectivement d’augmenter le volume global de l’emploi dans notre pays. Si l’on avait le même taux d’emploi que les Allemands, on n’aurait quasiment pas de problèmes de finances publiques !

Plus on a de Français qui travaillent, plus on a de recettes, à la fois en termes de cotisations sociales et de recettes fiscales, et plus on peut financer des progrès pour les Français. Pour la transition écologique, l’éducation, l’accompagnement de nos aînés…

On agit d’un côté sur l’emploi des jeunes, à travers l’apprentissage, la formation, et de l’autre sur l’emploi des seniors, qui est l’enjeu clef. Le taux de chômage des seniors a baissé et il est aujourd’hui deux fois inférieur à celui des jeunes.

Les dernières réformes qui ont conduit à retarder l’âge légal de la retraite dans notre pays ont eu pour conséquence une amélioration du taux d’emploi des seniors. Si cette échéance est repoussée, les statistiques montrent qu’il y a plus de seniors qui sont maintenus dans l’emploi.

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Les oppositions ne sont pas prêtes à vous suivre sur cette question de l’âge de la retraite. L’enjeu ne mériterait-il pas d’en passer par un référendum ?

Je ne crois pas. C’est un débat qui a lieu depuis près de quatre ans. Notre premier projet de réforme date de 2019 et il avait été mis en débat l’année précédente. En outre, ce débat a eu lieu pendant la campagne présidentielle. Je ne dis pas que tous les Français qui ont voté pour Emmanuel Macron ont voté pour la retraite à 65 ans, mais je dis qu’il n’y a pas de surprise. L’enjeu pour la mise en œuvre de cette réforme, c’est la discussion avec les partenaires sociaux et les formations politiques plutôt qu’un référendum.

Redoutez-vous de devoir passer en force sur le dossier de la retraite à 65 ans en usant de l’article 49.3 ?

Je constate que dans la campagne présidentielle, plusieurs candidats étaient favorables à un recul de l’âge de départ à la retraite. Notamment Emmanuel Macron et Valérie Pécresse. Si les Républicains sont cohérents avec leurs engagements devant leurs électeurs, il y a une majorité pour cette réforme. Ce que je constate, c’est que les engagements pris et les convictions peuvent passer au second plan quand il s’agit de mettre le gouvernement en difficulté.

Le 49.3 « nécessaire pour éviter un shutdown à l’américaine du budget », selon Aurore Bergé

Le projet de loi de programmation budgétaire a été rejeté en commission hier. Conservez-vous l’espoir d’obtenir une majorité ? Et donc d’obtenir, là encore, le soutien des Républicains ?

C’est un projet de loi qui fixe une trajectoire pour les finances publiques pour cinq ans.

Je déplore que les oppositions, par réflexe pavlovien pour mettre en échec le gouvernement, aient fait le choix en commission de rejeter ce texte.

Je précise que si ce texte venait à être rejeté totalement par le Parlement, cela compromettrait le versement de certains fonds européens destinés au plan de relance et attendus par nos entreprises et nos collectivités locales. Ces fonds européens sont conditionnés à l’adoption d’une loi de programmation des finances publiques. Je formule le souhait que les oppositions se ressaisissent en séance publique.

Les Républicains réclament des gages de rigueur budgétaire pour vous soutenir. Quelles mesures vous semblent pouvoir emporter leur vote ?

on voit bien qu’il s’agit d’une trajectoire sérieuse et responsable. J’entends les Républicains dire qu’il faudrait accélérer et rétablir plus vite nos comptes. Et quand on leur demande ce qu’ils feraient concrètement, dans quoi ils couperaient, ils sont incapables de répondre ! Ils disent qu’il faut réduire la bureaucratie, sans faire de propositions concrètes. On a vu après la crise de 2008 que de vouloir aller trop vite et de donner dans l’austérité faisait des dégâts sur l’économie et donc les finances publiques.

alors que le coût de la dette augmente ? L’argent n’est plus gratuit avec la hausse des taux d’intérêt. Les perspectives de reprise économique sont moins bonnes…

Qui nous permettront, encore une fois, d’améliorer l’activité économique, le taux d’emploi et donc nos recettes : c’est la réforme de l’assurance chômage, c’est la réforme des retraites ; c’est l’investissement dans la formation et l’apprentissage.

Il nous faut aussi maîtriser la progression de nos dépenses. Ce qui passe par des dispositifs plus ciblés pour soutenir les Français face à l’inflation et ne pas revenir à un quoiqu’il en coûte. Par ailleurs, nous ferons 8 milliards d’économies l’an prochain sur des mesures mises en place dans le cadre du plan de relance.

La dette de la France est proche de 3.000 milliards d’euros. Comment conserver la confiance des marchés financiers avec une dette aussi colossale ? On a vu la crédibilité du Royaume-Uni être chahutée par les marchés après les annonces de réductions d’impôts de la Première ministre Liz Truss. Cette déconvenue peut-elle nous arriver ?

On conserve la confiance des investisseurs en montrant qu’on a une trajectoire responsable de maîtrise de nos dépenses. Aujourd’hui, quand la France fait des levées de dette, elle n’a pas de difficultés à trouver des investisseurs. Plus on collera à notre trajectoire des 3 %, plus on conservera cette confiance et notre capacité à rembourser notre dette sans voir nos taux exploser.

Avec la flambée des coûts de l’énergie. En quoi les taxer davantage pose-t-il problème ?

mais il faut que ce soit un mécanisme européen.

Retraites: quand le Président de la République menace de dissoudre l’Assemblée nationale

Justement, l’Union européenne s’est engagée dans cette voie, donc nous allons pouvoir le traduire notre projet de loi de finances et capter effectivement ces profits qui proviennent de l’inflation.

Notre différence avec d’autres formations politiques et notamment la Nupes, c’est qu’eux voudraient créer une surtaxe pour toutes les grandes entreprises qui font des profits dans notre pays, même si ces profits ne découlent pas de l’inflation et donc de la spéculation sur les prix de l’énergie

On a une vraie différence d’approche. On n’est pas favorables à taxer pour taxer, pour une question de symbole. 

Le service du Made in France de la Douane implanté en Auvergne

Pour quelle raison allez-vous ce jeudi 6 octobre à la rencontre des douaniers dans le Puy-de-Dôme ?

Le Président de la République a souhaité que l’on implante des services de l’État partout en France. Le 2 septembre dernier j’ai annoncé la création de 26 nouveaux services des Finances publiques dans les régions, après les 21 créés en 2021, ce qui représente 600 emplois déconcentrés. C’est un mouvement qui va se poursuivre. La Douane s’inscrit dans ce mouvement. Nous avons implanté le service de l’origine et du made in France de la Douane dans le Puy-de-Dôme. Il est habilité à délivrer un label voué à soutenir les produits français. 2.

Le Conseil constitutionnel vient de juger inconstitutionnel l’article 60 du code des Douanes, qui porte sur le droit de fouille. Cela ne va-t-il pas restreindre considérablement les pouvoirs de police des douaniers ?

Je ne la mésestime pas, mais je ne veux pas dramatiser la décision du Conseil constitutionnel. On a une imprécision de l’article 60 du code des Douanes, mais en aucun cas cela présente un risque pour les libertés publiques. Nous avons un an pour présenter un nouvel article au Parlement. Un article qui, évidemment, préservera le droit de visite et de fouille des douaniers. On a plus que jamais besoin de douaniers en action. J’étais en Guyane le week-end dernier et j’ai pu saluer leurs succès dans la lutte contre les stupéfiants. Les douanes réalisent plus de 80 % des saisies de stupéfiants dans notre pays. Leur rôle est également essentiel pour combattre la contrefaçon ou l’explosion du marché parallèle du tabac.

Propos recueillis par Julien Rapegno