« What time is it ? « , la question préférée de la photographe genevoise Karine Bauzin : rts.ch


Lauréate du prix Swiss Press Photo 2023, la Genevoise Karine Bauzin a photographié à travers le monde plus de 80 inconnus en train de lui donner l’heure. Des portraits à découvrir dans son exposition « What time is it? », présentée actuellement à Genève.Après sa série de photos de Genève-Plage, qui lui a valu le prix Swiss Press Photo en 2023 dans la catégorie « Vie quotidienne », Karine Bauzin dévoile sa nouvelle exposition intitulée « What time is it? ».

Il y a plus de dix ans, la photographe genevoise, qui se déplace énormément pour son travail tout en effectuant des mandats dans le domaine horloger, s’est demandé comment faire le lien entre ses voyages et les montres qu’elle photographie. Puis surgit cette idée: demander l’heure, une question simple et universelle. Et tandis qu’on lui répond, Karine Bauzin déclenche son appareil photo.

« What time is it ? « , la question préférée de la photographe genevoise Karine Bauzin : rts.ch

A son grand étonnement, personne ne refuse sa requête.Le résultat de ce travail est à découvrir actuellement à l’Espace du Pont de la Machine à Genève. On peut y admirer plus de 80 portraits d’inconnues et d’inconnus en train de lui donner l’heure, réalisés dans une vingtaine de pays et affichés au sein d’une scénographie circulaire qui n’est pas sans rappeler le cadran d’une montre.

Au-dessus de chaque photo figure l’heure et le lieu de la prise de vue.Une image de l’exposition « What time is it? » à l’Espace du Pont de la Machine à Genève. [© Harold Cunningham – DR]

Montres connectées, portables et soleil

Parfois, la journaliste n’a même pas eu besoin de poser la question, comme au Japon par exemple.

« Ce chef de gare m’a donné l’heure tout seul. Il y a un protocole de sécurité de pointage et de nommage, c’est-à-dire qu’il est obligé de regarder sa montre et de pointer le train avant son départ », raconte Karine Bauzin, interrogée dans l’émission Vertigo.En dix ans, la photographe a observé un changement de la gestuelle.

« Ce geste répétitif m’intéressait, car il est universel. C’est comme une chorégraphie. Je trouvais assez chouette le fait que nous faisons tous ce même geste.

Mais avec l’évolution technologique, il est intéressant de se demander si ce geste sera toujours là dans vingt ou trente ans. » »Au début du projet, je pensais que tout le monde allait avoir une montre à son poignet, se souvient Karine Bauzin. Mais je me suis vite rendu compte que, selon les pays où j’étais, il n’y avait pas cette culture de la montre.

Beaucoup de personnes dégainaient un portable ou une montre connectée. Et en Mongolie, dans les steppes, on me donnait l’heure avec le soleil. »Propos recueillis par Layla ShlonskyAdaptation web: Myriam Semaani« What time is it? », à voir à l’Espace du Pont de la Machine à Genève jusqu’au 10 septembre 2023.