Dans l’Eure  : « Il va falloir combien de cancers pour que ça bouge  ?  »


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Igoville et Pont-de-l’Arche (Eure).– « Oh là là… » Porté par le vent, le soupir inquiet de l’agent fluvial redescend aux oreilles des passagères de l’élégant bateau à moteur qui vient d’entrer dans l’écluse.

Une femme en collants résille et robe portefeuille multicolore se penche au ras de l’eau pour l’amarrer à une échelle. Une copine éloigne les murs en poussant sur une pique. L’eau descend vite.

Personne ne porte de gilet de sauvetage. Tout le monde rit aux éclats.En ce milieu d’après-midi de juin, la petite troupe part explorer les berges de la Seine, au sud de Rouen, à la recherche de traces de pollution et de rejets par l’une des nombreuses usines qui bordent ou côtoient le fleuve  : production de polymères, fabrication de papier, carrière alluvionnaire et métallurgie.

À bord, Coralie Jarguel, habitante d’Igoville (Eure) et cheville ouvrière de l’association Cancers, la vérité pour nos enfants. Son fils Marcus souffre d’un cancer du sang rare, aujourd’hui en rémission. Dans la rue d’à côté de chez eux, une fillette a été touchée par un neuroblastome.

Entre 2017 et 2019, onze enfants ont déclaré un cancer dans huit communes voisines. Des parents soupçonnent les sites industriels de rendre leur famille malade. 

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