Flambée des prix de l'énergie : quelles solutions ?


Quelles solutions pour les États et les consommateurs ? 

Comment sortir de l’ornière  explique Patrice Geoffron, professeur d’économie à Paris-Dauphine, où il dirige l’équipe énergie-climat. L’évolution du prix dans les prochains mois dépendra en partie de la rudesse de l’hiver dans l’hémisphère nord. L’impact sur l’économie d’Omicron pourrait aussi avoir des conséquences. Si l’activité ralentit, la demande en énergie baissera et cela tirera les prix vers le bas

Flambée des prix de l'énergie : quelles solutions ?

Gel des prix

h2>Stocks stratégiques : effet modéré

par exemple Certains risquent d’ailleurs de faire faillite. »Et d’ajouter : « De toute façon la hausse interviendra plus tard. Si elle n’a pas lieu en 2022, elle aura lieu en 2023. Et entre-temps, le gouvernement devra trouver les crédits nécessaires pour permettre aux fournisseurs de résister. On espérait que cela ne coûterait pas plus de 4 à 5 milliards d’euros aux finances publiques françaises. Aujourd’hui, les estimations sont plus proches de 8 à 10 milliards d’euros. »

Efficacité énergétique

Comme solution pour les consommateurs, Jacques Percebois suggère « un retour à des contrats à long terme ». Cela permettrait de stabiliser les prix, car il faut rappeler que cette flambée intervient alors qu’il y a un an, sous l’effet de la crise, les cours étaient descendus très bas.Autre solution, à long terme, pour éviter ces chocs  : transformer les habitudes en matière d’énergie. Et en premier lieu, la consommation.« La meilleure réponse, estime Patrice Geoffron, c’est l’efficacité énergétique. C’est le fait en particulier d’avoir des logements mieux isolés. Cela peut conduire à consommer globalement moins d’énergie et donc mécaniquement à être moins sensibles aux chocs. »Mais faute d’efficacité, les restrictions d’usage pour le moment seront aussi le fait, pour certains ménages, de « la précarité énergétique », déplore Patrice Geoffron. Les entreprises très consommatrices d’énergie peuvent aussi accuser le coup. L’usine Nyrstar d’Auby au nord de la France, dernière à fabriquer du zinc dans le pays avec 300 salariés, sera ainsi mise à l’arrêt le 2 janvier pour au moins deux mois. La plus vaste fonderie d’aluminium, Aluminium Dunkerque, a, quant à elle, réduit sa production.

« Sortir des énergies fossiles »

À plus longue échéance, pour les pays importateurs du moins, c’est une transformation de la nature de l’énergie consommée qu’il faut envisager, explique Thomas Pellerin-Carlin : « La seule manière de sortir d’une crise des énergies fossiles, c’est de sortir des énergies fossiles. Là, on a un cas très concret où l’intérêt de l’économie et de l’écologie se rejoignent. »L’idée est de « déployer très rapidement des solutions de sobriété énergétique et de production d’énergie non fossile, toutes les énergies renouvelables et l’atome pour les pays qui choisissent de maintenir ou de renforcer le nucléaire. »Avec des délais différents en fonction des solutions choisies. De l’ordre d’un à deux ans pour un parc solaire, cinq ans environ pour un parc éolien et dix ans pour une nouvelle centrale nucléaire « quand tout se passe bien, voire 20 ans en cas de retard.»À plus brève échéance, Thomas Pellerin-Carlin évoque aussi la possibilité de déployer « des chauffe-eau solaires. Cela a déjà été très développé dans certains pays comme l’Autriche ou Israël. Vu que le chauffage de l’eau représente 15 % de la consommation d’énergie dans les bâtiments, ce n’est pas négligeable. »«Les gaz issus de déchets verts ou l’hydrogène pourraient constituer une partie de la solution », ajoute Patrice Geoffron