Grand Prix de Grande-Bretagne - "Je suis très, très déçu" : Charles Leclerc désavoué deux fois par Ferrari et en colère


La victoire du désastre. Charles Leclerc ne l’a pas formulé ainsi, mais on peut sans le trahir résumer sa pensée au terme d’un Grand Prix de Grande-Bretagne où il a manqué une formidable occasion de l’emporter et refaire une partie de son retard sur son rival pour le titre, Max Verstappen (Red Bull), seulement Septième.Grand Prix de Grande-BretagneLibres 2 : Sainz devant Hamilton et quatre écuries dans le Top 401/07/2022 À 16:15Dimanche à Silverstone, Ferrari a travaillé à la première victoire de Carlos Sainz en Formule 1, quasi exclusivement, et elle est au moins parvenue à ses fins. Mais le reste était le plus important, et elle a sacrifié sciemment, par deux fois, son pilote leader en arbitrant ses choix de stratégie à son détriment.Au 16e des 52 tours de course, le pilote de la Principauté s’est retrouvé à moins d’une demi-seconde de son coéquipier, en tête après la crevaison Max Verstappen (Red Bull), avec la légitime d’un meilleur rythme et l’espoir de bénéficier d’une consigne de son muret.

Leclerc klaxonne derrière Sainz pendant 7 tours

« Qu’est-ce que je dois faire ? Je suis en train de compromettre ma course ! », a vite râlé le pilote de la F1 75 n°16, à la radio, pendant que Sainz zigzaguait devant lui…La Scuderia a mis deux tours à réagir, et passer un ultimatum à Sainz : rouler en 1’32 »8 ou laisser Leclerc passer en tête. En montrant son parti pris : « Tu dois accélérer ! », a lancé l’ingénieur de Sainz, au 19e tour. Et Leclerc de patienter, et de pester en lâchant à la radio : « Je perds du temps ! » Mais les dés étaient pipés, et il n’était pas question d’une inversion de positions, puisque l’Espagnol a été appelé à son stand au 20e passage. Quatre tours avant « Charlot », qui s’est retrouvé à nouveau derrière, avec la « liberté de se battre », comme l’en a informé son ingénieur. »Quoiqu’il arrive, on perd du temps sur Lewis Hamilton », a lâché une dernière fois Charles Leclerc, avant que le stand rouge ne se décide à passer la consigne à Carlos Sainz, trop lent même avec son nouveau jeu de gommes. Dans l’esprit de Charles Leclerc, le mal était déjà fait, car il n’aurait jamais dû mener sous la menace de Lewis Hamilton (Mercedes).Et puis, le Monégasque a connu un autre désaveu de la part de son pit wall, lorsque l’Alpine d’Esteban Ocon a déclenché une intervention de la voiture de sécurité, au 39e passage. C’est la Scuderia que Mattia Binotto s’est refusée à faire rentrer ses deux pilotes, et favoriser Carlos Sainz. Muni de pneus « tendre » pour les derniers tours, l’Espagnol n’a pas eu de mal à déborder son coéquipier en « dur » usés.

L’étrange justification de Binotto

Sur Canal +, Charles Leclerc n’a pas caché sa perplexité, dans une colère toute rentrée. D’habitude volubile, l’ancien n°1 mondial a été lapidaire : « On pouvait », a-t-il répondu à la question de savoir si Ferrari aurait dû mettre des pneus neufs sur ses deux machines pour le sprint final. « Après on m’a demandé de rester en piste, c’est ce que j’ai fait ». Après avoir confirmé que c’est ce dont il a discuté avec Mattia Binotto dès l’arrivée – « Oui, entre autres » -, a-t-il dit, il a livré le fond de sa pensée.12 points contre 6 à Max Verstappen, le compte n’y était pas, dans son esprit et celui de beaucoup d’observateurs. « Je suis très très déçu, très déçu, j’ai l’impression d’avoir perdu beaucoup de temps. Mais bon, on va regarder ça avec le team. Mais très déçu…. », a-t-il lâché, pressé de s’en aller.Cependant, on attend la nouvelle justifications de ces choix surprenant du côté de chez Ferrari, et contrairement au Grand Prix de Monaco, Mattia Binotto n’a pas reconnu ses choix comme une erreur. « On pensait qu’il n’y avait pas de marge pour s’arrêter avec les deux, donc il fallait faire un choix, a exposé le directeur d’équipe à Canal+. Si on avait arrêté les deux, Carlos aurait perdu des positions sur les autres (ndlr : il aurait attendu au stand derrière Leclerc). Il n’aurait pu être là pour se battre ou protéger Charles. Il fallait choisir l’un des deux, on a choisi Carlos. On a laissé dehors Charles, parce qu’il était en tête, et il aurait maintenu la position. On savait que les ‘tendre’ (de Sainz) étaient rapides mais on espérait qu’ils allaient se dégrader, ce qui n’a pas été le cas. »Ce dernier choix de Ferrari va sans nul doute faire couler beaucoup d’encre car il est difficile d’adhérer à la thèse selon laquelle Charles Leclerc pouvait tenir devant en gommes « dur » usées. Un doublé Leclerc-Sainz était possible mais Maranello a peut-être reculé devant la double menace constituée par Sergio Pérez (Red Bull) et Lewis Hamilton (Mercedes), finalement deuxième et troisième.Au soir de cette dixième manche du championnat du monde, la situation de Charles Leclerc n’a pas beaucoup évolué par rapport au leader, Max Verstappen. Le natif de Monte-Carlo s’est rapproché à 43 longueurs du Néerlandais et il a perdu du terrain sur Sergio Pérez, situé neuf longueurs devant lui.Charles LeclercCrédit: Getty ImagesGrand Prix du CanadaBonus-malus : Verstappen trop fort, Sainz trop tendre, Alonso capricieux20/06/2022 À 01:09Grand Prix du CanadaVerstappen, tout ce qui sépare le loup de la meute19/06/2022 À 21:21


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