Après la mise en examen d’Alexis Kohler, cette archive d’Emmanuel Macron est exhumée


France 2/Capture d’écran En 2017, le candidat Macron estimait que « dans le principe, un ministre mis en examen doit démissionner ».POLITIQUE – « Dans le principe, un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen ». Prononcée le 2 mars 2017, cette phrase d’Emmanuel Macron lui revient tel un boomerang après la mise en examen d’Alexis Kohler, secrétaire général de l’Élysée, mis en cause pour prise illégale d’intérêts dans l’enquête sur ses liens avec l’armateur MSC.En pleine affaire François Fillon, Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République, se voulait exemplaire. « Oui », il renoncerait à toute candidature en cas de mise en examen, « de la même façon que dans le principe, un ministre doit quitter le gouvernement lorsqu’il est mis en examen ». assurait-il face à David Pujadas au 20H de France 2. Un extrait qui tourne en boucle depuis l’annonce lundi 3 octobre de la mise en examen d’Alexis Kohler. La vidéo a été exhumée par Ellen Salvi. site d’investigation à l’origine de nombreuses enquêtes sur le bras droit du président.Alexis Kohler n’est pas membre du gouvernement, mais il occupe une place privilégiée auprès d’Emmanuel Macron depuis 2017. En revanche, la question se pose de façon très précise pour le Garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, renvoyé lundi devant la Cour de Justice de la République. Ce mardi, il a affirmé que sa démission « n’était pas à l’ordre du jour ».La mise en cause de ce ministre régalien et du bras droit du président de la République donne du grain à moudre aux opposants. « Il privilégie désormais la République banalisée à la République exemplaire », tacle Rémi Cardon, sénateur socialiste, en repartageant l’extrait vidéo. « Les promesses n’engagent que ceux qui les croient », grince aussi Éric Pauget, député LR des Alpes-Maritimes.Sans oublier nombre d’internautes, pas toujours engagés politiquement mais opposés à la ligne d’Emmanuel Macron. En moins de 20 heures, le tweet d’Ellen Salvi a ainsi été partagé près de 9 000 fois et « aimé » plus de 25 000 fois.

« Nous avons une doctrine », assure Attal

Au cours du premier quinquennat d’Emmanuel Macron, plusieurs membres du gouvernement dans le viseur de la justice ont préféré se mettre en retrait. François Bayrou n’est ainsi resté qu’un mois au ministère de la Justice, avant de démissionner car il était mis en cause dans l’enquête sur les assistants parlementaires du Modem. Tout comme Sylvie Goulard, un temps à la tête des Armées. la ligne du gouvernement diffère de celle énoncée par Emmanuel Macron en 2017. « Nous avons une doctrine : quand un ministre est condamné, il quitte le gouvernement », a défendu ce mardi sur LCI Gabriel Attal, ministre du Budget, en citant l’exemple d’Alain Griset. Sous le coup d’une enquête ouverte en novembre 2020, le ministre délégué aux PME n’a démissionné qu’en décembre 2021, après sa condamnation pour dissimulation de patrimoine à la HATVP.L’évolution par rapport à la jurisprudence Béregovoy-Balladur des années 90, qui voulait que les membres d’un gouvernement mis en cause par la justice soient écartés, est donc assumée. « Ça fait un moment que ça a été clarifié », estime Gabriel Attal ce mardi. « Depuis cette jurisprudence Bérégovoy-Balladur, il y a eu des évolutions institutionnelles. La députée LFI Raquel Garrido précise ainsi qu’elle demande « son éviction » de l’Élysée par Emmanuel Macron. L’élu écologiste Aurélien Taché estime lui sur franceinfo qu’Alexis Kohler « doit partir vite ».À droite, le secrétaire général des Républicains Aurélien Pradié reste défavorable à toute mise en retrait automatique. En revanche, il dénonce « le maintien » d’Éric Dupond-Moretti et d’Alexis Kohler dans leurs fonctions par le président de la République. « Alexis Kohler et le garde des Sceaux n’ont pas de légitimité populaire, pas de légitimité d’être élu par le peuple et par nos concitoyens. Ils ont la seule légitimité d’avoir été nommés par le président de la République. Cela les place dans une situation de grande fragilité et pour laquelle le doute n’est jamais possible », juge l’élu du Lot.Sur la même ligne, Marine Le Pen a préféré pointer « la lourde responsabilité d’Emmanuel Macron, qui « garde auprès de lui un tel personnage dont le rôle est si puissant sur les affaires de la France. » Elle n’a cependant pas réclamé ouvertement sa démission, préférant passer par une proposition de loi pour s’attaquer au « pantouflage » des hauts fonctionnaires, qui est selon elle « l’hormone de croissance des conflits d’intérêts ». À voir également sur Le HuffPost : Vous ne pouvez visionner ce contenu car vous avez refusé les cookies associés aux contenus issus de tiers. Si vous souhaitez visionner ce contenu, vous pouvez modifier vos choix. un numéro vert est lancéundefined