« Pourquoi je soutiens Emmanuel Macron »


, le 26 février 2022

Il a finalement tranché. Le président de la Région Sud-Paca, Renaud Muselier, qui avait quitté Les Républicains (LR) en novembre dernier quelques jours avant le congrès

« Pourquoi je soutiens Emmanuel Macron »

prend désormais position pour le chef de l’État sortant. « Personne, parmi les candidats déclarés, n’est au niveau de cette élection. C’est pourquoi je soutiendrai et voterai pour Emmanuel Macron

Tarde-t-il trop ?Il n’y a pas de période de réserve pour la guerre en Ukraine ou l’explosion du prix de l’énergie  ! Emmanuel Macron assume ses devoirs. S’il ne le faisait pas, on le lui aurait reproché  ! Personne n’aurait pu empêcher l’attaque russe, mais la France a retrouvé de la voix dans le concert des nations. C’était essentiel.

« Valérie Pécresse est comme Anne Hidalgo  : dans le déni de sa situation politique »

Que reprochez-vous à la candidate de votre ex-famille politique, Valérie Pécresse

 ?J’ai bonne mémoire. Valérie Pécresse dit  : « Macron a cramé la caisse. » Quand j’étais président de Régions de France, je me souviens que, pendant la crise sanitaire, elle réclamait à l’État 1,3 milliard d’euros pour éponger les pertes d’Île-de-France Mobilités. Elle a obtenu plus de 1 milliard et n’a jamais dit merci. Je me souviens aussi que tous les présidents de Région ont contribué au fonds de solidarité mis en place par l’État, qui a sauvé des milliers d’emplois. Parallèlement, nous étions tous réunis à Matignon le 28 septembre 2020 pour signer un contrat de relance État-Régions historique. Aujourd’hui, Valérie Pécresse critique tout. Ce n’est ni juste, ni responsable. Mais ce que je reproche d’abord aux Républicains, ce sont les ambiguïtés de leur stratégie. J’ai demandé à Valérie Pécresse de dire clairement qu’elle appellerait à voter Emmanuel Macron contre l’extrême droite si elle était absente du second tour de la présidentielle. Elle préfère appeler Zemmour à voter pour elle. Valérie Pécresse est comme Anne Hidalgo  : dans le déni de sa situation politique. Sa candidature va entériner la mort des Républicains.Jugez-vous Valérie Pécresse ambiguë vis-à-vis de l’extrême droite ?Elle est dans le grand écart permanent. La droitisation à outrance est une faute politique  : ça ne marche pas, parce que ça rétrécit le corps électoral. D’élection en élection, notamment aux européennes, nous avons pu le constater. C’est aussi une faute morale. Parler de « grand remplacement » ou de « Français de papier » ne correspond en rien aux valeurs de la droite française à laquelle je veux rester fidèle  : celle de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy. c’est le zigzag. On y perd des deux côtés » : la semaine où Valérie Pécresse a vacilléEn soutenant Emmanuel Macron vous vous retrouvez aux côtés des socialistes Élisabeth Guigou ou Marisol Touraine. En tant qu’homme de droite, ça ne vous gêne pas ?J’ai été réélu président de Région avec le meilleur score de la droite en France, 57,5 %, et avec le soutien de 11 formations politiques différentes  ! Oui, je suis un homme de droite, c’est ma colonne vertébrale, et je sais additionner les forces. Je suis libre et je garderai mon indépendance politique. Si je m’engage, c’est au service de mon pays et de ce que je crois juste, comme je l’ai toujours fait.

« Pour ma part, je ne demande ni titre ni place dans la campagne »

Vos amis vous accuseront d’avoir négocié un poste…Mes amis à l’intérieur de la maison LR ont été contaminés par des nuisibles qui préfèrent oublier mon parcours. Quand je l’ai quittée, j’étais membre de ma famille politique depuis trente-cinq ans. Ce n’est pas moi qui ai changé. C’est eux. Pour ma part, je ne demande ni titre ni place dans la campagne. Je suis président de Région et je le resterai jusqu’à la fin de mon mandat.Qu’attendez-vous d’un éventuel nouveau mandat d’Emmanuel Macron ?De l’optimisme. Tout n’est pas noir  ! J’entends les candidats du « grand remplacement » et du « grand déclassement » débiter leur pessimisme, leur haine et leur nostalgie à longueur de journée. Moi, je préfère le grand rassemblement et le grand dépassement. Les Français ont soif de méritocratie et de bonheur. Il faudra tout remettre à plat avec trois objectifs  : la réconciliation, la décentralisation et la redistribution des richesses. C’est aussi pour cela que je fais le choix d’un président expérimenté qui ne se représentera pas en 2027, plutôt qu’un débutant qui pensera à sa réélection sitôt arrivé à l’Élysée.Qui avez-vous prévenu de votre décision ?Je garderai certains noms pour moi, mais j’ai évidemment prévenu mes amis Gérard Larcher, François Baroin, Christian Jacob, Philippe Briand, et Carole Delga, la présidente de Régions de France.Faut-il aider les candidats en mal de parrainages ?J’ai écrit à tous les maires de ma Région pour leur demander de parrainer un candidat, quel qu’il soit, s’il est crédité de plus de 10 % d’intentions de vote. Que ce soit Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen ou Éric Zemmour, je ne partage en rien leurs idées, mais leur absence constituerait un déni de démocratie. On ne peut pas demander aux citoyens d’aller voter et exclure leurs potentiels représentants du scrutin. Ce serait un fiasco démocratique qui remettrait profondément en cause la crédibilité de nos institutions.