Les Enfants des autres est mon premier film qui aborde frontalement le sentiment


L’engagement féministe, la famille, l’expérience du deuil, la maternité… Depuis toujours, la cinéaste intègre sa vie intime à son travail. Avec “Les Enfants des autres”, en salles cette semaine, elle sort son film le plus personnel.

À 42 ans, elle est l’une des cinéastes les plus brillantes de sa génération, changeant de sujet à chacun de ses films, et métamorphosant, en accord, sa mise en scène. En 2010, Rebecca Zlotowski choisissait Léa Seydoux comme double pour son premier long métrage, Belle Épine, situé dans le monde de la moto, avant de la filmer irradiante de sensualité dans Grand Central (2013).

Dès son troisième long métrage, Planetarium (2016), son film maudit, incompris, elle osait une fresque à la fois charnelle et spirituelle sur le cinéma de la fin des années 1930, en rappelant le destin tragique du producteur de cinéma André Korben. La chair, toujours, filmée comme une arme politique, et le questionnement sur la féminité moderne sont au centre d’Une fille facile, son plus grand succès  : en 2019, cette chronique ensoleillée enflammait la Croisette, imposant Zahia Dehar comme un corps fascinant de cinéma.

Après un passage réussi à la série avec Les Sauvages (2019), sur Canal+, la réalisatrice retrouve aujourd’hui Roschdy Zem et le filme comme personne avant elle. Il est l’amant de Virginie Efira dans le lumineux Les Enfants des autres sur le désir de maternité et les complexités de la famille recomposée. La filmographie de Rebecca Zlotowski est passionnante, car elle avance au gré de ses engagements et de sa vie de femme.