Au Festival international du film insulaire de Groix, le ciné-débat sur l’éolien suscite la colère


À Groix le sujet est brûlant tant il est d’actualité. Les éoliennes. Au Festival international du film insulaire de Groix (Fifig), pas question de passer à côté. Vendredi 25 août 2023, a eu lieu une projection-débat avec à l’affiche, trois films traitant de cette thématique : « Blown », de Carole Haefliger ; « Eigg transition agenda », de Camille Dressler, et « Océan 3 », de Mathilde Jounot.

Pas un «pour ou contre»

Le festival a programmé cette séance en écho au projet d’un parc offshore d’éolienne au large de Groix. Mais l’idée n’était pas de créer la polémique. « Quand on a imaginé la projection ce n’était pas pour faire un « pour ou contre » mais surtout d’informer sur ce qui se fait ailleurs, afin de s’en nourrir », explique Isèle Vincent, salarié de Radio Balises et qui a programmé les projections débat en partenariat avec le Fifig. Les trois films racontent l’implantation de parc éolien inshore et offshore à différents endroits : Les îles Shetland, en Ecosse, pour « Blown » ; L’île d’Eigg, aussi en Ecosse, pour « Eigg transition agenda » ; et la baie de Saint-Brieuc, pour « Océan 3 ».

« Il faut impliquer les citoyens »

Le débat a eu lieu dans une salle acquise à la cause d’un certain scepticisme, voire d’une opposition au parc éolien. Le sujet principal était les conséquences environnementales de l’installation de telles infrastructures, mais surtout le manque de concertation avec la population.Très vite, les débatteurs affirment ne pas être opposés aux éoliennes en soi, mais plutôt à « l’industrialisation des énergies renouvelables », selon les termes de Mathilde Jounot. Dans son film elle raconte l’engagement des pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc contre le promoteur Iberdrola, chargé de l’installation du parc, et les directives européennes. Dans l’assistance, un homme prend la parole : « Ici, à Groix, il n’y a plus beaucoup de pêcheurs, donc il faut vraiment impliquer les citoyens ». Si une consultation citoyenne existe pour le projet de parc en Bretagne sud, elle est estimée insuffisante par les personnes présentes. « Il faut s’organiser », grommelle une femme.

Alors que faire ?

« Mais alors, y a-t-il des solutions en termes d’énergies contre le réchauffement climatique ? » s’interroge une jeune femme. « Oui », répond Mathilde Jounot, sans hésitation. « La question est pourquoi doit-on toujours décarboner à l’électrique ? Il y a la solution du chauffage grâce aux eaux usées, le solaire thermique ou les maisons passives. La transition énergétique c’est l’occasion de faire différemment et de ne pas reproduire les mêmes erreurs de l’après-guerre ».