"Il faut créer des liens structurels entre écoles et entreprises"


En guise de clôture au dossier sur la pénurie de main-d’œuvre et la course aux talents, L’Echo a réuni Fabrice Brion et Pierre-Yves Dermagne. Un patron et un ministre, pour se pencher sur les blocages et esquisser des pistes de solution.

Coup double et double première en ce mardi 13 septembre pour Fabrice Brion. Le fondateur et patron d’I-Care n’avait. jamais rencontré de ministre fédéral. Et voilà que Mathieu Michel (MR), le secrétaire d’État en charge du Numérique, lui rend visite à Mons dans l’après-midi. le matin même, au cabinet du ministre de l’Économie et du Travail.

Rassembler Pierre-Yves Dermagne (PS) et Fabrice Brion, telle était l’idée, afin de conclure notre dossier consacré à la pénurie de main-d’œuvre et la course aux talents. À notre gauche, le chaperon fédéral du marché de l’emploi, au sein d’une coalition qui s’est promis de catapulter le taux d’emploi à 80%. À notre droite, un patron à la tête d’une société spécialisée dans les solutions de maintenance prédictive de machines industrielles. Bombardée « Entreprise de l’année » en 2020 et qui engage une personne par semaine – à vrai dire, ces derniers temps, ce serait même plutôt deux.

Comment les entreprises font face à la pénurie de main-d’œuvre

Comme point de départ, ce qui pourrait passer pour un paradoxe : pas loin de 214.000 emplois vacants en Belgique, où l’on compte près de 470.000 demandeurs d’emploi inoccupés. Qu’est-ce qui ne tourne pas rond? La Belgique ne serait pas la Belgique si le ministre ne commençait pas par déplorer la collaboration insuffisante entre niveaux de pouvoir. « Je ne supporte pas quand des administrations se renvoient la balle. Notre objectif commun n’est-il pas de hausser le taux d’emploi et d’assurer le financement de la Sécu? »

De la transversalité, pardi !

Cela étant dit, parmi les causes de ce hiatus, Pierre-Yves Dermagne pointe la mobilité insuffisante sur le marché du travail. « Bien sûr, la barrière linguistique existe, mais celle-ci n’est pas insurmontable. Heureusement, cela bouge. Autour de l’aéroport, il y a eu cet accord de coopération entre la Flandre et Bruxelles. Il faut transcender cela; la ‘taalgrens’ ne peut être une ‘werklooslheidgrens’. »

« C’est comme pour la transition énergétique ou l’installation de bornes de recharge pour les voitures électriques. Si personne n’est en charge du projet, de manière transversale, cela n’avance pas. »

Fabrice Brion

CEO d’I-Care

Fabrice Brion, lui, ne jure que par ce terme : transversalité. « C’est comme pour la transition énergétique ou l’installation de bornes de recharge pour les voitures électriques. Si personne n’est en charge du projet, de manière transversale, cela n’avance pas. Ce n’est nullement l’apanage des pouvoirs publics: les entreprises connaissent, elles aussi, lenteur et frictions dans leur fonctionnement. Chaque département ayant tendance à défendre son bout de gras. C’est pourquoi, pour une mission clef, il faut ajouter de la transversalité. C’est-à-dire désigner une personne responsable, indépendante du niveau de pouvoir ou du département. Dotée du pouvoir de trancher, d’une sorte d’ordre de préséance. » Pas gagné d’avance dans un pays où chaque entité est très à cheval sur ses prérogatives et où l’on ne badine pas, foi de Cour constitutionnelle, avec la notion de plates-bandes.

Employabilité et attractivité

Selon le patron d’I-Care, le marché du travail est grippé à deux niveaux. « Il faut envisager l’employabilité : les gens disponibles correspondent-ils aux emplois vacants? Il est urgent d’investir dans l’éducation et la formation. » Ce qui ne veut pas dire que les entreprises n’ont pas de rôle à jouer. « Elles doivent veiller à leur attractivité et cesser de chercher le mouton à cinq pattes. »

Cette histoire de mouton, cela a été une petite révolution culturelle chez I-Care. « Nous avions des postes qui restaient vacants des mois durant; peut-être était-ce parce que le profil recherché n’existait pas. À présent, tout poste qui reste à pourvoir plus de trois mois est scindé. On engage une personne qui dispose, entre autres, d’une partie des compétences demandées. »

L’employeur doit désormais faire sens pour séduire le candidat

Quant à cette attractivité, cette désirabilité presque, il convient de ne pas la sous-estimer. La question du sens a percolé dans le marché du travail. « Chaque année, témoigne Fabrice Brion, nous effectuons une enquête de motivation auprès des personnes arrivées dans l’année. En 2021, pour la première fois, le package salarial a quitté le ‘top 3’ des sources de motivation, constitué par l’impact de l’activité et de l’entreprise, des possibilités de formation et des perspectives d’évolution. Quelque part, cette crise des talents ne sera pas sans effet sur la transition environnementale des entreprises. »

« Avec cette quête de sens, ce sont peut-être les travailleurs qui vont faire évoluer les entreprises, davantage que les investisseurs et les consommateurs. »

Pierre-Yves Dermagne

Ministre fédéral de l’Économie et du Travail

Pierre-Yves Dermagne ne saurait être plus aligné. « Avec cette quête de sens, ce sont peut-être les travailleurs qui vont faire évoluer les entreprises, davantage que les investisseurs et les consommateurs. »

Toujours la même rengaine?

Au risque de jouer les rabat-joie, on s’interroge. Le couplet sur l’investissement dans la formation ne date pas d’hier. Et la liste des métiers en pénurie, si elle se modernise un brin au fil des ans, n’a pas fondamentalement changé en vingt ans. Fait-on du sur-place?

« Le fait est que certains métiers techniques souffrent d’une image dévaluée, notamment au regard de leur importance sociétale, regrette Pierre-Yves Dermagne. Nous devons davantage nous inspirer du modèle de formation en alternance en vigueur en Allemagne ou en Suisse et créer des liens structurels entre écoles et entreprises. »

Vue en plein écran

Pas forcément évident. « Il y a quelques mois, j’étais en visite au sein d’une PME, devenue leader de la découpe laser. Qui était à la recherche de personnel et ne demandait qu’à le former. Ils sont allés frapper à la porte d’une école voisine, en proposant de prendre en charge la formation, ou de mettre à disposition des locaux et du matériel. Il leur a été répondu que c’était compliqué. Un changement de culture est nécessaire. Sans pour autant tomber dans une vision purement utilitariste de l’enseignement, qui doit également veiller au développement d’un esprit critique. »

Le recruteur qui utilise mal LinkedIn effraie les candidats

« Back to basics »

Quant à la formation continue, le ministre pointe un des acquis de son gouvernement. « Nous avons réformé ce droit en l’individualisant, parce que ceux qui en avaient le plus besoin y avaient le moins accès. Ce qui constituait une injustice sociale. Pouvoirs publics et entreprises font face à un challenge commun. »

« L’enseignement doit se recentrer sur les compétences de base. »

Fabrice Brion

CEO d’I-Care

« Je vous suis partiellement, intervient Fabrice Brion. Toutefois, pour moi, l’enseignement doit se recentrer sur les compétences de base. On ne peut devenir codeur si l’on n’est pas formé aux langues. Développer un esprit critique si l’on est étranger aux concepts historiques ou mathématiques. Il faut faire ce que l’on sait faire; d’autant que ces matières évoluent moins vite que la technique. Dans le domaine technologique, c’est simple, il faut en permanence avoir une technologie d’avance. On ne peut demander à l’école de suivre ce rythme. Mais bien de fournir les bases et d’apprendre à apprendre. »

Les savoirs technologiques, voilà qui s’inscrit plutôt dans un second temps. Celui de la formation, qui relève de la responsabilité tant des pouvoirs publics que des entreprises.

Ingénieur construire ponts

À ce propos, chez I-Care, on mouille le maillot. « Nous accueillons beaucoup de stagiaires, même issus du secondaire. Avocat, professeur ou politique : quand on veut savoir à quoi ressemble le métier, il y a une série télé qui illustre cela. Pas pour les ingénieurs. Et quand on demande à un professeur du secondaire ce que fait un ingénieur, il répond : ‘construire des ponts’. Moi, je ne connais personne qui construit des ponts. D’où l’importance de sensibiliser et informer. »

« Quand on demande à un professeur du secondaire ce que fait un ingénieur, il répond : ‘construire des ponts’. Moi, je ne connais personne qui construit des ponts. »

Fabrice Brion

CEO d’I-Care

Et d’investir dans la formation. En interne et au métier, via la « I-Care Academy ». Et pour les collaboratrices et collaborateurs désirant passer du côté du management, la « I-Care University » démarre fin du mois, en collaboration avec la Solvay Business School. « J’espère ne pas avoir été trop ‘corporate' », nous glissera, modeste, Fabrice Brion à la sortie de l’entretien.

Sus à la spirale !

Reste cette question : comment aborder la problématique des personnes qui ne disposent pas du niveau et de la formation nécessaires afin de reprendre pied sur le marché du travail? « Je sais qu’il y a encore du chemin à parcourir, mais il ne faut pas non plus s’autoflageller. Le taux d’emploi est en hausse et celui du chômage, en baisse, partout, même s’il subsiste des disparités régionales. Et ce, malgré les crises. Le taux d’emploi reste insuffisant mais a atteint un taux inédit depuis des décennies. » Voilà, petite séance « cocorico ».

« Faire croire que l’on va faire rentrer tous les demandeurs d’emploi dans les postes vacants est illusoire. »

Pierre-Yves Dermagne

Ministre fédéral de l’Économie et du Travail

En attendant, le ministre le reconnaît volontiers. « Mettre du jour au lendemain tous les demandeurs d’emploi au travail est impossible. Parce qu’il existe une forme d’inadéquation et que certaines personnes sont trop éloignées du marché du travail. Cela nécessitera un accompagnement particulier. En ce sens, les expériences de territoire ‘zéro chômeur’ constituent une piste. Par contre, faire croire que l’on va faire rentrer tous les demandeurs d’emploi dans les postes vacants est illusoire. »

Exactement, embraie Fabrice Brion. « J’ajouterais qu’il est important d’arrêter d’approvisionner cette catégorie, si je puis dire. Autrement dit, que les enfants de personnes en décrochage n’y tombent pas également. Moi, je vis à Mons. Mes voisins n’avaient ni plus ni moins de capacités que nous. La différence, c’est que mes parents me conduisaient à l’école, alors que ce n’était pas toujours le cas chez les voisins, installés dans un chômage de longue durée. Le problème est celui de l’accès à l’école; pourquoi ne pas mettre en place un ramassage scolaire? »

« Il faut réussir à briser la spirale négative du chômage de longue durée, reprend Pierre-Yves Dermagne. Et ça se passe dès les premières années. »

De l’autre côté du miroir de l’accompagnement des demandeurs d’emploi, il y a celui des entreprises. Les aides existantes s’avèrent-elles efficaces? Sont-elles nécessaires? Pas d’hésitation dans le chef de Fabrice Brion. « Ce qui nous a beaucoup aidés à gérer la croissance, il y a cinq ou six ans, c’est le dispositif PFI. » Soit le petit nom du « plan formation-insertion » poussé par le Forem et permettant à une entreprise de former un demandeur d’emploi puis de l’engager durant une durée équivalente à la formation.

À vrai dire, prolonge Fabrice Brion, au-delà des aides, ce dont les entreprises ont réellement besoin, c’est de simplification. À tous les étages fiscaux. « Qu’il s’agisse de charges sociales, d’impôt sur les personnes physiques ou les sociétés, il existe une quantité faramineuse de niches. Et à qui profitent-elles? À ceux qui disposent des moyens de faire appel à des consultants. Or l’immense majorité du tissu économique wallon est constitué de PME qui n’ont pas accès à cette optimisation; il y a donc urgence à simplifier. Tenez, prenez le tax shelter : nous n’y avons jamais eu recours. Je dis toujours que je préfère que mon argent serve à payer de mauvaises écoles que de mauvais films. »

« Il existe une quantité faramineuse de niches fiscales. Et à qui profitent-elles? À ceux qui disposent des moyens de faire appel à des consultants et de se livrer à de l’optimisation. »

Fabrice Brion

CEO d’I-Care

C’est là que l’avocat du diable s’est réveillé. Où la flexibilité, tant des horaires que du mode de rémunération, est devenue le maître-mot? Où l’on tente de séduire les candidats à coups de plans cafétéria? Et que dire des partenaires sociaux, qui adorent sortir de leur chapeau des chèques en tout genre?

tranche Pierre-Yves Dermagne. L’esquisse de réforme fiscale déposée par le ministre des Finances va d’ailleurs en ce sens, avec en sus un allègement des charges sur le travail. »

« Un taux de pauvreté flirtant avec les 20% en Wallonie, c’est inacceptable ! »

Fabrice Brion

CEO d’I-Care

Pour Fabrice Brion, ce qu’il convient d’optimiser, c’est la différence entre le coût pour l’entreprise et le salaire poche. « Et là, on aura tout résolu. Vous savez, je suis fan des théories de l’économiste Michael Porter. Que dit-il? Qu’une entreprise doit être concurrentielle dans son environnement macro, tout en assurant le bien-être de ses collaborateurs à l’échelle micro. Il existe un lien fort entre développement économique et personnel. Mais là, avec les coûts salariaux, le système ne permet plus d’être compétitif. Tout comme le salaire poche ne permet plus de vivre décemment. Un taux de pauvreté flirtant avec les 20% en Wallonie, c’est inacceptable ! »

La voie de la R&D

Sur cette question de niches fiscales, voilà que l’avocat du diable pointe à nouveau le bout de son nez. Que penser alors du régime de faveur accordé à la recherche et au développement? Touché. « C’est important de conserver le principe du soutien à la R&D », insiste Fabrice Brion. Qui cite Porter une nouvelle fois. « L’économie de l’héritage, basée sur le charbon et le pétrole, a été remplacée par l’économie du capital, elle-même en train de céder la place à celle de la technologie. Nous allons donc vers une économie de la R&D et il est nécessaire de placer les entreprises belges sur ce chemin. »

« Sans incitants, I-Care ne se serait pas lancée dans la R&D. Nous aurions poursuivi nos activités alimentaires et, durant un certain temps, aligné de beaux chiffres. Seulement, aujourd’hui, nous serions finis, ou rachetés par un concurrent. »

Fabrice Brion

CEO d’I-Care

Car cela ne coule pas de source. « C’est important de disposer d’un mécanisme de diminution des risques. Sans les incitants wallons et fédéraux, I-Care ne se serait pas lancée dans cette voie. Nous aurions poursuivi nos activités alimentaires et, durant un certain temps, aligné de beaux chiffres. Seulement, aujourd’hui, nous serions finis, ou rachetés par un concurrent. »

La R&D, à en croire Fabrice Brion, c’est la voie royale. « L’Union européenne constitue le deuxième plus grand bloc en matière de PIB, mais ne pèse que 14% de la valeur technologique. Autrement dit, nous finançons les entreprises technologiques américaines et asiatiques. C’est ce qui s’appelle un transfert. Nous devons créer des leaders technologiques européens. »

À ce propos, il serait temps de resserrer les liens entre entreprises et universités. « Elles poursuivent des objectifs opposés. Le but des chercheurs est d’être publiés, ce qui permet aux universités de soigner leur ‘ranking’. Du côté des entreprises, il s’agit plutôt de ne surtout rien publier et de privilégier les brevets. Soit deux systèmes optimisés mais antagonistes. On a des milliards d’euros de PIB qui dorment dans les bibliothèques de nos universités. »

« Business friendly »

Voilà peut-être de quoi prendre à rebrousse-poil le discours habituel. « On n’a pas trop à se plaindre de la Belgique, estime le CEO. De tous les pays où nous avons investi, la Belgique se situe dans le ‘top 3’ des plus ‘business friendly’. Si je pouvais encore pointer une défaillance : il y a un gouffre entre le statut de PME et celui de grande entreprise. Il suffit d’un employé de plus pour basculer dans une autre dimension où les droits sont beaucoup plus bas et les devoirs, nettement plus hauts. C’est un piège à la croissance. Sans doute manque-t-il un statut intermédiaire, comme en France, où ils ont celui d’ETI, pour entreprise de taille intermédiaire. » Il est vrai que le système est assez binaire, confesse Pierre-Yves Dermagne. « Il devrait y avoir une phase de transition. La réflexion est en cours. »

« Je suis en faveur d’un mécanisme permettant aux salaires de suivre le coût de la vie. »

Fabrice Brion

CEO d’I-Care

Ainsi le veut la loi des agendas chargés. On le sent, la rencontre touche à sa fin. Juste le temps de sortir notre dernier joker. En ces temps d’inflation dopée par la crise énergétique, que penser de l’indexation automatique des salaires? « Un non-débat, tranche Fabrice Brion, devant un Pierre-Yves Dermagne qui boit du petit lait. De manière générale, je suis en faveur d’un mécanisme permettant aux salaires de suivre le coût de la vie. »

Du gaz dans l’index

Seulement, cette fois, c’est particulier. L’inflation est liée à la flambée des coûts de l’énergie, due à la guerre en Ukraine. « Or ce problème de coût peut être résolu. En août, en Belgique, 18% de l’énergie était produite à partir de gaz, situe Fabrice Brion. Or 100% était vendue au prix du gaz. Ce mécanisme de formation des prix a été instauré afin de stimuler les investissements dans les énergies renouvelables. C’était une bonne mesure, sauf que maintenant, c’est le prix du gaz qui donne le tempo. Il faut revoir le tout et prendre comme étalon le coût moyen ou celui des renouvelables. Bref, au lieu de taxer les superprofits, autant éviter qu’il y en ait. »

« Au lieu de taxer les superprofits, autant éviter qu’il y en ait. »

Fabrice Brion

CEO d’I-Care

« N’oublions pas non plus, ajoute Pierre-Yves Dermagne, que par point de PIB, la Belgique affiche une consommation énergétique supérieure à celle de ses voisins. Parce que son industrie est énergivore, que son bâti n’est pas suffisamment isolé et que le secteur du transport y est hypertrophié. À moyen terme, il faudra bien réduire cette consommation. »

Les phrases clés

  • « Avec cette quête de sens, ce sont peut-être les travailleurs qui vont faire évoluer les entreprises, davantage que les investisseurs et les consommateurs. »
  • « Dans le domaine technologique, il faut en permanence avoir une technologie d’avance. On ne peut demander à l’école de suivre ce rythme. Mais bien de fournir les bases et d’apprendre à apprendre. »
  • « Avocat, professeur ou politique : quand on veut savoir à quoi ressemble le métier, il y a une série télé qui illustre cela. Pas pour les ingénieurs. »
  • « Nous n’avons jamais eu recours au tax shelter. Je préfère que mon argent serve à payer de mauvaises écoles que de mauvais films. »
  • « Il y a un gouffre entre le statut de PME et celui de grande entreprise. Il suffit d’un employé de plus pour basculer dans une autre dimension où les droits sont beaucoup plus bas et les devoirs, nettement plus hauts. »