Mélenchon appelle Borne à se soumettre à un vote de confiance des députés, Woerth candidat à la présidence de l...


Archive du « Monde » de juin 1988. LE MONDE Il y a 34 ans, la France se trouvait dans une situation alors inédite sous la Ve République. Arithmétiquement, il existait bien une majorité à l’Assemblée nationale, d’« union de la gauche », puisque le Parti communiste et le Parti socialiste avaient respecté au second tour la « discipline républicaine » en se désistant l’un pour l’autre. Politiquement, il n’y en avait pas. « L’union est forclose, pour reprendre le terme dont s’était servi, en 1981, M. Mitterrand, et communistes et socialistes ont affirmé, pendant la campagne, qu’il n’était pas question pour eux de gouverner ensemble. La contradiction de leurs attitudes sur l’Europe suffit d’ailleurs à le leur interdire », pouvait-on lire dans Le Monde daté du mardi 14 juin 1988. La droite non plus n’était pas en état de gouverner. Majoritaire dans la précédente Assemblée, elle y revenait minoritaire. « Le message des Français est donc un double refus  : celui de la cohabitation, même “rénovée”, que souhaitait M. Giscard d’Estaing ; celui de l’Etat-PS, auquel M. Mitterrand promettait pourtant d’échapper. M. Mitterrand devrait logiquement rebondir. A charge pour lui d’être l’architecte des nouveaux équilibres de la vie politique française qui, à l’évidence, ont échappé au mécanisme simplificateur du scrutin majoritaire ». « Le président de la République est donc placé sous la pression des électeurs (…). Il est aujourd’hui, en bonne arithmétique, à la merci de votes de circonstance – réunissant, il est vrai, le Parti communiste français à l’Union du rassemblement et du centre – qui pourraient paralyser l’action du gouvernement, et le renvoyer dans ses foyers du jour au lendemain. En organisant des législatives, il cherchait une ”majorité stable”. Il ne l’a pas. Il avait besoin d’une dynamique, il risque le blocage. Il souhaitait une assurance de durée, l’instabilité menace », lisait-on encore dans Le Monde. Une situation qui résonne avec celle que vit aujourd’hui Emmanuel Macron, avec l’absence de majorité absolue qui se dégage du vote du 19 juin.