L'univers carcéral présenté aux élèves de 1re avec LCP


Le point de départ, c’est un enseignant d’histoire-géographie porto-vecchiais qui tombe par hasard sur une émission de la Chaîne parlementaire. Cette émission, c’est ZED, pour zone d’éducation documentaire, un format d’une heure trente au cours duquel est diffusé un documentaire décrypté ensuite en plateau avec son réalisateur, un autre intervenant et surtout une classe entre la 3e et la 1re.

Ce prof, c’est Grégory Richard qui, il y a six mois, contacte l’émission via un formulaire dédié, « et tout s’est enchaîné car toutes les personnes à qui j’en ai parlé ont soutenu le projet, du chef d’établissement aux responsables de l’émission », explique-t-il. C’est ainsi qu’hier après-midi.: « Dès le premier mail, on a senti quelque chose, avec un enseignant qui avait vraiment envie de défendre ses élèves, qu’on sentait très impliqué, alors j’ai poussé auprès de la chaîne pour défendre le dossier et nous tournons en Corse pour la première fois ».

À 13 h 30, les premières images sont tournées. Les portables coupés, les rires nerveux toujours plus discrets. « C’est vrai que c’est un peu impressionnant au départ, admet Baptiste, mais on prend confiance assez vite et quand on pose une question, cela vient naturellement. » Face à eux. se trouve Guy Beauché, réalisateur du film Le grand jour : de la prison à l’Odéon qui retrace le parcours d’une intervenante théâtre au centre pénitentiaire de Fresnes et de ses élèves, des détenus qui vont répéter une pièce de théâtre avant de la jouer sur la scène mythique de l’Odéon. Près du réalisateur, le rappeur Mouloud Mansouri, ancien dealer passé par la case prison pendant dix ans et désormais producteur de rap et créateur du projet Shtar Academy.

Pendant une heure, ils ont répondu aux questions qui avaient été préparées en amont par les élèves de 1re spécialité HGGSP (histoire-géographie, géopolitique et sciences politiques). « On a regardé le documentaire en classe, et ensuite on a travaillé par groupes de quatre pour élaborer les questions. On a procédé de manière un peu différente pour le rappeur, avec des revues de presse et des lectures et visionnages d’interviews », poursuivent Léane et Émilie. Les jeunes filles, comme nombre de leurs camarades, ont été un peu impressionnées par le dispositif  : « On n’a jamais eu d’expérience comme celle-là. Il fallait faire attention à plein de choses, on pensait au fait que ça allait être diffusé à la télévision. C’est très nouveau pour nous, mais enrichissant. »

Outre l’expérience télé,: « L’école, ce n’est pas simplement acquérir une somme de connaissances, c’est aussi une éducation à la citoyenneté, apprendre à avoir du recul, à ne pas se laisser berner par les images ou les discours. Dans deux ans, ils auront le droit de vote. Autant qu’ils sachent l’utiliser avec discernement. »

Diffusion courant décembre.