Grand Prix du Japon | Max Verstappen sacré champion du monde dans la confusion


La question n’était plus de savoir qui remporterait le championnat, mais plutôt quand Max Verstappen serait couronné. C’est finalement sous la pluie, au Japon, avec encore quatre courses à disputer à la saison.

Katherine Harvey-Pinard

La Presse

Voilà plusieurs semaines qu’on savait que la saison appartenait au pilote Red Bull ; avant de se présenter à Suzuka, ce week-end, il avait remporté 11 des 17 courses. Pour être sacré champion du monde, dimanche, il devait l’emporter avec huit points d’avance sur son plus proche poursuivant, Charles Leclerc chez Ferrari.

C’est exactement ce qui s’est produit, mais dans des circonstances pour le moins étranges. D’abord, parce que la course n’a finalement duré que 28 tours en raison de conditions météorologiques exécrables. Puis, parce que le championnat de Verstappen ne s’est confirmé que plusieurs minutes après la fin de la course.

Le Néerlandais a fait son entrevue d’après-victoire au micro de la F1, comme d’habitude, avant de laisser la place à son coéquipier Sergio Pérez, qui avait pris le troisième rang.

Sergio Pérez

Alors qu’il s’apprêtait à interroger le Mexicain, l’animateur a invité Verstappen à revenir devant la caméra. Il lui a alors annoncé qu’une pénalité avait été décernée à Leclerc en raison d’une manœuvre exécutée dans le dernier virage du dernier tour, alors qu’il tentait de défendre sa deuxième place.

« Tu es champion du monde », a doucement conclu l’animateur.

« Eh bien  ! Qu’est-ce que je peux dire ? », a répondu, sourire aux lèvres, un Verstappen incrédule.

C’est incroyable. devant tous les partisans japonais. Incroyable.

Max Verstappen

L’animateur n’avait pas terminé de formuler sa question suivante que le pilote avait déjà rejoint son équipe, survoltée.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Max Verstappen

« C’est fou. J’ai des émotions très mitigées. Quelle année nous avons eue jusqu’à présent  ! Je n’aurais jamais pu imaginer, après l’année dernière, déjà me battre jusqu’au bout et avoir encore une si bonne voiture », a ajouté le pilote Red Bull un peu plus tard, en conférence de presse. Il a ensuite rendu hommage à son équipe, qui est d’ailleurs toujours en excellente posture pour remporter le championnat des constructeurs.

Avec cette victoire, Verstappen fait son entrée dans la liste des pilotes, désormais au nombre de 11, avec au moins deux titres. Lewis Hamilton (7), Fernando Alonso (2) et Sebastian Vettel (4) sont les seuls toujours actifs.

En vertu de la pénalité à Leclerc, c’est Pérez qui a pris le deuxième rang, suivi du Monégasque.

Sergio Pérez, Max Verstappen et Charles Leclerc sur le podium

Longue course

On s’attendait à un départ compliqué en raison de la météo. Devancé de peu par Leclerc avant le premier virage, Verstappen a appuyé sur sa pédale de gaz pour le contourner par l’extérieur et prendre les rênes de la course.

Le premier tour a donné lieu à beaucoup d’action, alors que la visibilité était presque nulle. Alex Albon a dû abandonner. Carlos Sainz fils a fait de l’aquaplanage et est violemment sorti de piste.

Pour toutes ces raisons, on a annoncé un drapeau rouge dès le troisième tour, forçant les pilotes à rentrer aux puits. La course n’a repris que deux heures plus tard, dans des conditions encore lamentables. Comme un Grand Prix doit se terminer dans les trois heures suivant le premier départ, il ne restait que 50 minutes au moment de la relance, qu’on devinait très attendue par le public japonais vêtu de ponchos.

Toutes les monoplaces sont revenues en piste avec des pneus de pluie, que Verstappen n’a pas tardé à changer en intermédiaires. Il s’est ensuite octroyé une avance de plusieurs secondes sur Leclerc, qui n’a jamais menacé le champion. Celui-ci s’est plutôt retrouvé dans une chaude lutte avec l’autre Red Bull, celle de Pérez, qui a tout fait pour le dépasser jusque dans les derniers instants. C’est en tentant de se défendre sous la pression du Mexicain que Leclerc a ultimement été pénalisé.

Derrière le trio de tête, on a eu droit à une belle lutte pour la quatrième place entre Esteban Ocon (Alpine) et Lewis Hamilton (Mercedes). Le septuple champion du monde a essayé par tous les moyens de doubler Ocon, qui n’a jamais flanché afin de réussir son meilleur résultat de la saison.

Le Torontois Nicholas Latifi a aussi connu sa meilleure performance, et de loin. Le pilote Williams, habitué de terminer dans la cale, a conclu dans les points pour la première fois de la campagne grâce à une 9e place.

Sebastian Vettel (Aston Martin), Fernando Alonso (Alpine) et George Russell (Mercedes) ont respectivement terminé 6e, 7e et 8e. Lando Norris, chez McLaren, s’est emparé du dernier point. Quant au Québécois Lance Stroll, il a pris le 12e rang.

Des pilotes mécontents

Un incident au tout début de la course a beaucoup fait jaser sur les réseaux sociaux. Alors que le drapeau rouge venait d’être annoncé, le pilote AlphaTauri Pierre Gasly est passé tout près d’entrer en collision avec un tracteur sur la piste.

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Le Français de 26 ans semblait hors de lui dans les minutes qui ont suivi son retour aux puits. Certains pilotes ont fait connaître leur mécontentement sur les réseaux sociaux.

« Comment pouvons-nous faire comprendre que nous ne voulons jamais voir une grue sur la piste ? a écrit Pérez sur Twitter. Nous avons perdu Jules à cause de cette erreur. Ce qui s’est passé aujourd’hui est totalement inacceptable  !   !   !   !   ! J’espère que c’est la dernière fois que je vois une grue sur la piste  !  »

À la surprise de plusieurs, la Fédération internationale de l’automobile (FIA) a finalement décerné une pénalité de 20 secondes et de deux points à Gasly pour avoir roulé trop vite lors d’un drapeau rouge.

Bianchi est mort à la suite d’un accident à Suzuka, le 5 octobre 2014. Lors d’un drapeau jaune, le pilote est entré en collision avec une grue qui était en train de retirer une autre voiture de la piste. Bianchi avait passé plusieurs mois dans le coma avant de succomber à ses blessures.