"la situation en mer Méditerranée est, aujourd’hui, vraiment dangereuse"


ensuite les provinces et les régions, enfin les Etats. A un moment donné, une autorité Euro-Méditerranée doit fixer des règles très dures et doit les faire respecter. Quand il y a une guerre terrible qui entraine un tel changement, il faut avoir du courage  !   – Vous dites aussi qu’il faut se tourner vers le Sud.

Pourquoi ? – Il faut avoir de l’attention même pour le Sud pour des raisons qui tiennent tout à la fois de l’immigration, de la sécurité et surtout de la Mer Méditerranée. C’est là que se décidera quelle sera l’Europe du futur, et pas seulement au Nord, mais même au Sud. J’ai fait des propositions concrètes à la Commission européenne pour un partenariat Euro-Méditerranée, et la Commission m’a répondu favorablement.

Elle m’a dit que nous avions raison et qu’il fallait commencer à travailler sur ce sujet avec du courage.   – Quelle proposition avez-vous fait ? – Par exemple, la proposition d’avoir une sorte de déclaration des droits humains pour la Méditerranée, comme il en existe dans l’Union européenne. On pourrait de même avoir une déclaration signée par tous les pays du voisinage méridional disant, par exemple, quels sont les droits humains pour les populations, pour les îles, pour l’environnement, pour le respect des libertés, pour les droits des femmes et les droits civils.

Sur de nombreuses questions importantes, de l’environnement à la sécurité, des politiques de la jeunesse à la protection des droits, de la migration à la mobilité, la relation entre l’Union européenne et la Méditerranée est au cœur de l’équilibre économique, social, humanitaire et de sécurité de nos pays. Si on veut coopérer avec l’Europe et même obtenir des fonds, de l’argent, il faut respecter des règles.   – Aujourd’hui tout le monde regarde vers l’Est et vers l’Ukraine, n’avez-vous pas le sentiment que la Méditerranée est oubliée ? –  Je comprends qu’il est nécessaire de regarder vers l’Ukraine où la situation est terrible.

Mais il faut aussi augmenter l’attention vers la Méditerranée et le Sud parce qu’il va y avoir des problèmes et qu’il faut les prévenir. Nous demandons à l’Union européenne de faire preuve de davantage de détermination et de courage pour assurer un rôle plus important aux collectivités locales et régionales, afin de permettre la mise en place d’une véritable gouvernance à plusieurs niveaux. Notre avenir, pour une bonne part, et sur de nombreuses questions, est réellement commun et dépend de ces décisions.

  Propos recueillis par Nicole MARI.

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