La russie pourra-t-elle participer aux jeux olympiques de paris ?


Cette semaine, le Monde en questions parle des Jeux Olympiques de Paris, à un an de l’échéance. Et plus particulièrement de la polémique sur la participation ou non, et selon quels critères, des athlètes russes et biélorusses, à cette compétition mondiale. Et la question que vous posez est la suivante : ces athlètes pourront-ils finalement participer aux Olympiades de l’an prochain dans la capitale française ?

Pour l’instant, il est impossible de répondre à cette question.

La russie pourra-t-elle participer aux jeux olympiques de paris ?

Le CIO, le Comité international olympique, dirigé par l’Allemand Thomas Bach, a en effet décidé de prendre son temps – preuve de son embarras. Car ces Jeux Olympiques sont rattrapés par les tensions et conflits du monde à la date où ils se déroulent. À vrai dire, ce n’est pas une première.

Pourtant, les Jeux Olympiques – créés à la fin du XIXe siècle par le baron Pierre de Coubertin – doivent en principe célébrer la concorde mondiale et pacifique de nations qui décident de s’affronter – mais seulement par le sport. Seulement voilà : cette belle idée, hélas, a souvent été battue en brèche.

Le XXe siècle marqué de passages sombres 

Les JO ont été soit instrumentalisés comme Hitler le fit en 1936, sans y réussir totalement, soit le reflet des tensions interraciales aux États-Unis en 1968 à Mexico, ou encore le révélateur de la tension extrême entre Israéliens et Palestiniens en 1972 à Munich, avec cette incroyable prise d’otages d’athlètes israéliens et leur fin tragique.

Sans oublier les Jeux de Moscou en 1980, boycottés par les États-Unis et d’autres pays occidentaux pour protester contre l’invasion soviétique en Afghanistan. Et la liste n’est pas exhaustive. Les choses s’étaient plutôt calmées ces 20 dernières années.

Mais la décision de Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine à grande échelle en février de l’an dernier a eu assez vite un impact sur le monde sportif.

Une position ambiguë du CIO ?

Dans un premier temps d’ailleurs, le CIO s’est montré très ferme, en décidant d’exclure les athlètes russes de toute compétition internationale. Puis les choses ont évolué vers une attitude plus souple – ou plus ambiguë, comme on voudra.

Le CIO a donc établi des critères précis pour permettre le retour des athlètes russes et biélorusses dans les compétitions internationales : ils doivent être sous bannière neutre, concourir à titre individuel – pas d’équipes donc, ils ne doivent pas avoir soutenu activement l’invasion en Ukraine et ne pas être en contrat avec l’armée ou une agence de sécurité russe.Est-ce que ces critères s’appliquent aux Jeux Olympiques de l’an prochain ? Eh bien pour l’instant, on ne sait pas. Le CIO veut en effet prendre sa décision en temps voulu et à sa seule discrétion.

Car ces critères, non seulement sont compliqués à mettre en œuvre, mais ne règlent pas tout, comme le montre l’incident cette semaine entre une escrimeuse ukrainienne qui l’avait emporté sur une Russe, mais qui a refusé de lui serrer la main à l’issue de l’échange, et a donc été disqualifiée. Ce qui a amené la délégation ukrainienne à porter plainte contre cette décision.Un incident qui montre que, quelle que soit la décision du CIO pour les JO de Paris, la cohabitation entre athlètes ukrainiens et russes, si elle se produit, sera très tendue.

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